Bismuth met en garde contre une « ingérence interne » dans les élections et pointe du doigt la Haute Cour
Selon le président de la commission de la Défense, la décision des juges de geler la nomination du contrôleur de l'État en raison d’un vote "douteux" pourrait être "dangereuse"
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Le député Boaz Bismuth (Likud), président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, a convoqué mercredi le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, David Zini, pour ce qu’il a qualifié de discussion sur les « tentatives d’ingérence dans le système électoral israélien », tant étrangères que nationales, dans le cadre des prochaines élections législatives prévues plus tard cette année.
Dans une lettre adressée à Zini, Bismuth a écrit qu’il était nécessaire de se prémunir contre les tentatives étrangères visant à influencer les élections, mais aussi d’examiner le danger d’ingérence provenant de l’intérieur.
Il a spécifiquement fait référence à l’ordonnance provisoire rendue mercredi par la Haute Cour de justice, qui a gelé la nomination de Michael Rabello au poste de contrôleur de l’État, après son élection lors d’un vote controversé à la Knesset le 3 juin. Selon certaines informations, plusieurs députés du Likud se sont photographiés ou filmés en train de voter pour Rabello, avocat et négociateur de longue date du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur instruction de hauts responsables du parti.
Les requérants ont fait valoir devant la Haute Cour que le processus avait été vicié, en violation de l’exigence prévue par la Loi fondamentale : « Contrôleur de l’État », selon laquelle les membres de la Knesset doivent voter à bulletin secret. Ils ont également fait valoir que cette disposition de la loi visait à renforcer l’indépendance politique de la fonction.
La Cour avait exhorté la Knesset à organiser un nouveau vote, mais le président Amir Ohana a refusé. La Cour a donc tenu une deuxième audience, le 28 juin, avec un collège élargi de cinq juges, débouchant sur la décision provisoire rendue mercredi.
« Nous assistons aujourd’hui à un nouvel incident grave, puisqu’une injonction provisoire a été prononcée pour geler la nomination du contrôleur de l’État, alors qu’il avait été légalement élu par la Knesset », a écrit Bismuth à Zini.
« Cette évolution suscite de graves inquiétudes quant à une pente glissante : aujourd’hui, cela concerne l’élection du contrôleur de l’État, et demain, cela pourrait concerner les élections législatives israéliennes », a-t-il ajouté.
La lettre de Bismuth s’inscrit dans le prolongement d’une campagne plus large menée par les députés de la coalition, qui ont maintes fois présenté la Haute Cour de justice – l’un des rares contre-pouvoirs institutionnels face au pouvoir gouvernemental en Israël – comme un organe antidémocratique visant à entraver les politiques gouvernementales.
Les détracteurs, notamment des députés de l’opposition et des spécialistes du droit constitutionnel, soutiennent le contraire et avertissent que la manière dont la coalition gère l’élection du contrôleur de l’État offre un avant-goût inquiétant de la manière dont elle mènera les prochaines élections législatives.
Israël doit organiser des élections législatives au plus tard le 27 octobre 2026, mais selon certaines informations, les alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu auraient fait pression pour une date plus précoce.
Noam Sohlberg, vice-président de la Cour suprême et président de la commission centrale électorale (CCE), a déclaré la semaine dernière que seule une situation d’urgence pourrait, en « dernier recours », justifier un report des élections, craignant qu’un tel report n’aggrave la « crise » déjà existante au sein de la société israélienne.
Les allégations formulées l’an dernier selon lesquelles le gouvernement cherchait à repousser les élections avaient conduit l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, l’un des principaux adversaires de Netanyahu, à appeler les responsables de la sécurité à résister aux pressions visant à « contourner la loi » et à s’ingérer dans le processus électoral israélien.
Les ministres de la coalition avaient alors affirmé que les élections se tiendraient comme prévu et accusé Bennett d’inventer de faux problèmes à ce sujet.
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