Cinéma : « Yellow Letters », un manifeste pour la liberté des artistes en Turquie
"L'Occident n'est en aucun cas meilleur que n'importe quel autre endroit dans le monde", a noté le producteur du film Ingo Fliess
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Ours d’or à Berlin en février, « Yellow Letters » du réalisateur allemand Ilker Catak, en salles mercredi, relate les déboires d’un couple d’artistes turcs victimes de la persécution et de la censure dans son pays.
Ce film est « un pressentiment terrifiant, un regard sur un futur proche qui pourrait bien se produire aussi dans nos pays », avait déclaré le réalisateur allemand Wim Wenders, président du jury de la Berlinale, lors de la remise de l’Ours d’or à Ilker Catak.
Cela faisait 22 ans que le festival n’avait pas distingué un réalisateur allemand, depuis Fatih Akin pour « Head-On » en 2004.
Dans « Yellow Letters », Catak raconte l’histoire de Derya (Ozgu Namal), une actrice en vogue du théâtre contemporain et son mari Aziz (Tansu Bicer), dramaturge acclamé, épanouis dans leur vie à Ankara entourés de leurs amis artistes et intellectuels, aux côtés de leur fille adolescente.
Leur quotidien bascule lorsqu’ils se retrouvent interdits de travailler en raison de discours jugés trop critiques à l’égard du gouvernement. Contraint de déménager à Istanbul, le couple va devoir choisir entre assumer ses convictions ou faire des compromis au nom du bien-être de la famille.
Tourné en langue turque, le film a entièrement été réalisé en Allemagne. Berlin incarne Ankara et Hambourg supplante Istanbul. Un choix dicté par des considérations artistiques et non politiques, selon le réalisateur et ses producteurs, pour donner à l’histoire une dimension universelle.
« Nous adorons pointer les autres du doigt et par ‘nous’, j’entends les Allemands, afin de ne pas être confrontés à la poussière devant notre porte », a déclaré pendant le Berlinale Ilker Catak, né en Allemagne de parents turcs.
« Nous pensons que tout va très bien (en Allemagne) et que nous sommes en sécurité, mais rien n’est sûr », avait-il expliqué. « Ce film traite aussi d’une problématique mondiale et pas seulement d’un enjeu local ».
La liberté d’expression « peut nous être retirée à tout moment, ici en Allemagne, mais aussi en Occident », avait abondé le producteur du film Ingo Fliess. « L’Occident n’est en aucun cas meilleur que n’importe quel autre endroit dans le monde », avait-il ajouté.
la Communauté du Times of Israël !







