Des Haredim anti-enrôlement, bloquant la Route 4, insultent policiers et une conductrice
"932 soldats sont tombés au combat au cours des deux dernières années pour protéger ces réfractaires à la conscription qui bloquent les routes et crient : 'L'armée est pire que la mort.'," a fustigé le chef de l'opposition
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Des centaines de manifestants ultra-orthodoxes ont bloqué la circulation sur une voie rapide pendant plusieurs heures lundi. L’un d’entre eux a été arrêté lors de cette nouvelle manifestation contre les efforts visant à mettre fin à l’exemption massive de facto des Haredim du service militaire obligatoire.
Organisée par la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses protestations virulentes contre la conscription, cette manifestation a été convoquée après l’arrestation récente de plusieurs réfractaires à la conscription ultra-orthodoxes. Selon le site d’information Ynet, dix-neuf d’entre eux étaient toujours en prison dimanche.
Ce groupe marginal a également dénoncé Shas et Yahadout HaTorah, les deux partis ultra-orthodoxes représentés à la Knesset, pour avoir accepté de discuter du projet de loi proposé par le député Boaz Bismuth (Likud) visant à réglementer cette question. Cette proposition codifierait des exemptions générales pour les Haredim qui étudient à temps plein dans une yeshiva, tout en fixant des objectifs de conscription pour l’ensemble de la communauté ultra-orthodoxe dans les années à venir.
Parmi les slogans scandés lors de cette manifestation, on pouvait entendre : « Nous préférons mourir plutôt que d’être appelés sous les drapeaux », « L’armée est pire que la mort » et « Guerre ! », a rapporté Ynet. Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Mieux vaut mourir haredi que vivre laïc » et ont scandé : « Nous n’avons aucune confiance dans le pouvoir des non-croyants. »
Les participants ont qualifié les réfractaires à la conscription retenus en détention « d’otages » et ont brandi des pancartes similaires à celles réclamant le retour des personnes enlevées par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Au lieu du slogan « Ramenez-le à la maison maintenant ! », les pancartes indiquaient : « Ramenez-le à la yeshiva maintenant ! ».
À la suite de cette manifestation, la circulation a été bloquée dans les deux sens sur la Route 4, dans le centre d’Israël, entre les échangeurs d’Aluf Sade et d’Em HaMoshavot, sur une distance d’environ 6,7 kilomètres. Le service de la Ligne rouge du tramway a également été perturbé, interrompant la circulation à Petah Tikva.
À un moment donné, une automobiliste est sortie de son véhicule et s’est confrontée aux manifestants, dans un incident qui a été filmé et partagé sur les réseaux sociaux.
Au milieu de cette altercation – la vidéo montre apparemment la conductrice donner un coup de poing à un manifestant, même s’il n’est pas certain qu’elle l’ait touché -, les manifestants, dont certains étaient de jeunes garçons et adolescents, ont crié « Shiksa ! », un terme péjoratif en yiddish désignant une femme non juive.
חסימות הפלג הירושלמי: נהגת יצאה מהרכב והתעמתה עם המפגינים שכינו אותה "שיקסע" pic.twitter.com/wSUArrrDD0
— שילה פריד???????? (@shilofreid) December 22, 2025
Vers 17 heures, la police a déclaré la manifestation illégale et a publié plusieurs communiqués dans lesquels elle accusait les participants de troubler l’ordre public et d’avoir traité les policiers présents sur place de « nazis ».
Vers 19 h 30, les organisateurs ont déclaré la manifestation terminée. Selon les médias, une personne a été arrêtée.
Yaakov Hershkowitz, journaliste au quotidien Israel Hayom, a déclaré sur le réseau social X qu’alors qu’il tentait de filmer la manifestation avec son téléphone, « un policier m’a poussé le téléphone au visage et m’a blessé à la lèvre supérieure ». Il a joint à son message des vidéos de l’incident présumé, qui montrent également des policiers traînant un jeune manifestant et bousculant d’autres manifestants qui tentaient d’intervenir.
בואו נדבר רגע על אלימות שוטרים. שתי הפגנות באותו מיקום, שבוע אחרי שבוע.
בהפגנה הקודמת הותקפתי על ידי שוטר בזמן שניסיתי לגשת לשורד השבי יוסף חיים אוחנה. למרות שהצגתי בפניו תעודת עיתונאי, הוא התעלם ממנה ותקף אותי באלימות. התלוננתי במח"ש, ועד עכשיו לא קיבלתי תגובה.
היום, שוטר דחף לי… pic.twitter.com/oztvtG7NL2— יעקב הרשקוביץ | Yaakov hershkowitz (@yaakov_hershko) December 22, 2025
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a réagi à cette manifestation sur X en écrivant : « 932 soldats sont tombés au combat au cours des deux dernières années pour protéger ces réfractaires à la conscription qui bloquent les routes et crient : ‘L’armée est pire que la mort.’ Il n’y a qu’une seule réponse possible : cessez de leur verser de l’argent et enrôlez-les tous immédiatement. »
Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, a dénoncé les « gangs organisés de Haredim » dans un message publié sur les réseaux sociaux : « Le fait que les services de l’État n’appliquent pas la loi contre ces voyous prouve simplement que le gouvernement se soucie davantage de sa survie que de ses citoyens. »
« Le fait est que nous n’avons vu aucune décision de justice contre ces criminels et qu’aucun réfractaire à la conscription n’a été jugé. Selon la loi, la peine encourue pour incitation au refus du service militaire en temps de guerre est de dix ans d’emprisonnement », a-t-il poursuivi.
On estime actuellement à environ 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui sont aptes au service militaire mais ne se sont pas enrôlés. Tsahal a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues, en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve dans le contexte de la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et d’autres défis militaires.
Au cours de l’année écoulée, les dirigeants haredim ont fait pression pour faire adopter une loi excluant leurs électeurs du service militaire, après que la Cour suprême a jugé illégales les exemptions générales accordées depuis des décennies aux ultra-orthodoxes étudiant à plein temps dans une yeshiva.
Selon les médias israéliens, la manifestation de lundi a rassemblé des centaines de personnes. Certaines manifestations de masse, soutenues par les courants les plus modérés du monde haredi, et non seulement par la Faction de Jérusalem, ont rassemblé jusqu’à 200 000 citoyens ultra-orthodoxes dans les rues.
Jeudi, à Jérusalem, des centaines de jeunes hommes ultra-orthodoxes ont affronté la police, blessant 13 agents, notamment en leur lançant des pierres, et renversant une voiture de police. Cette émeute serait vraisemblablement survenue à la suite d’une tentative de verbalisation pour stationnement interdit. Selon les médias israéliens, les agents avaient réalisé que les agresseurs étaient des réfractaires à la conscription et cherchaient à les remettre à la police militaire.
la Communauté du Times of Israël !







