Des Israéliens radicaux exhortent Netanyahu à annexer la Cisjordanie
Les dirigeants d'implantations soulignent que la décision n'appartient qu'au Premier ministre ; Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich soulignent que le plan US envisage un État palestinien
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Les dirigeants du mouvement pro-implantations et les ministres d’extrême droite du gouvernement ont renouvelé leurs pressions publiques sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qu’il annexe certaines parties de la Cisjordanie et pour qu’il ne mette pas fin à la guerre à Gaza sans avoir totalement vaincu militairement le groupe terroriste palestinien du Hamas, dans le but de contrer les pressions américaines sur ces deux questions.
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi aux journalistes qui étaient rassemblés à la Maison Blanche : « Je ne permettrai pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Je ne le permettrai pas. Cela n’arrivera pas », des déclarations qui ont été rejetées par les députés israéliens d’extrême droite.
De plus, l’administration Trump a rédigé un plan en 21 points, obtenu par le Times of Israel, visant à mettre fin à la guerre et à libérer tous les otages, tout en encourageant les Palestiniens à rester dans la bande de Gaza, en destituant le Hamas du pouvoir et en ouvrant la voie à un futur État palestinien.
L’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré mercredi qu’il s’attendait à une avancée décisive concernant Gaza dans les prochains jours. Witkoff a souligné que Trump avait présenté ses idées lors d’une réunion avec les pays arabes et musulmans en marge de l’Assemblée générale des Nations unies plus tôt dans la semaine.
Cependant, la création d’une voie potentielle vers un futur État palestinien par ce plan pourrait bien constituer une ligne rouge pour Netanyahu, qui a longtemps fait campagne pour empêcher une solution à deux États. Vendredi, devant l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre a déclaré : « Donner aux Palestiniens un État à un kilomètre de Jérusalem après le 7 octobre, c’est comme donner à Al-Qaïda un État à un kilomètre de New York après le 11 septembre. C’est de la pure folie. C’est insensé, et nous ne le ferons pas… Israël ne vous permettra pas de nous imposer un État terroriste. »
En amont de la rencontre entre Netanyahu et Trump lundi, le Premier ministre et son équipe ont estimé qu’Israël devra faire des concessions « douloureuses et importantes » dans le cadre du plan américain, a rapporté samedi la chaîne N12, sans citer ses sources.
Ces concessions contrediraient notamment la politique déclarée d’Israël et les décisions prises par le cabinet ces dernières semaines, en particulier en ce qui concerne l’appel lancé par le plan à un élargissement progressif de l’implication de l’Autorité palestinienne (AP) dans la bande de Gaza d’après-guerre, a rapporté la chaîne.
Selon le reportage, les États-Unis exerceraient actuellement une « forte pression » sur le Qatar pour pousser le Hamas à accepter les détails du plan de Trump dans les prochains jours, dans le but de transférer l’ensemble des exigences diplomatiques à Netanyahu et à Israël.
La chaîne publique Kan a rapporté que Netanyahu avait fait part aux conseillers de Trump de son mécontentement concernant certaines dispositions du plan, notamment celle qui envisagerait un rôle pour l’AP dans la gouvernance de Gaza.
Le média a toutefois ajouté que des sources proches du Premier ministre avaient déclaré que la majeure partie du plan était acceptable pour Israël et qu’un accord final pouvait être conclu.
Dans une tentative manifeste de contrer la pression extérieure, le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré samedi sur le réseau social X que Netanyahu « n’avait pas le mandat de mettre fin à la guerre sans la défaite totale du Hamas ».
Selon la chaîne N12, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, aurait formulé trois exigences clés concernant le plan de paix de Donald Trump : l’exclusion de l’Autorité palestinienne de la gouvernance de Gaza et de la Cisjordanie, le démantèlement et le désarmement complets du Hamas, ainsi que l’annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie sans reconnaissance d’un État palestinien.
Smotrich, qui dirige le parti HaTzionout HaDatit, s’oppose depuis longtemps à la création d’un État palestinien et milite en faveur de l’extension de la souveraineté israélienne à certaines parties de la Cisjordanie et de Gaza, où il appelle à la reprise de la présence juive.
D’autres politiciens alliés au Premier ministre ont toutefois souligné la nécessité de mettre fin à cette guerre qui dure depuis près de deux ans.
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a écrit sur X que, bien qu’il fasse confiance à Netanyahu pour « représenter les intérêts d’Israël dans les négociations avec le président Trump », il estime également que « l’intérêt particulier d’Israël est de mettre fin à la guerre et d’atteindre ses objectifs ».
Le chef de la faction Degel Hatorah, le député Moshe Gafni, du parti Yahadout HaTorah, qui a quitté le gouvernement et la coalition sans pour autant chercher à le renverser, a déclaré que sa faction soutenait « la fin de la guerre et le retour des otages ».
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a réitéré sa position de longue date selon laquelle il est prêt à offrir un filet de sécurité au gouvernement Netanyahu afin de parvenir à un accord pour la libération des otages et de mettre fin à la guerre, même si Ben Gvir et Smotrich menacent de faire tomber le gouvernement sur cette question.
Parallèlement, le Conseil de Yesha, qui chapeaute les municipalités juives de Cisjordanie, a envoyé une « délégation d’urgence » aux États-Unis pour rencontrer Netanyahu avant que ce dernier ne rencontre Trump.
Les maires, les présidents de conseil et les autres responsables de Cisjordanie se sont préparés à dire au Premier ministre que le territoire devait être sous la souveraineté totale d’Israël, et que la décision lui appartenait seul, malgré la déclaration de Trump selon laquelle il n’autoriserait pas l’annexion.
« Seule la souveraineté sur la Judée-Samarie est une victoire », a déclaré Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie, dans un communiqué du Conseil de Yesha, utilisant le nom biblique de la Cisjordanie.
« Des désaccords peuvent également survenir entre amis, et Netanyahu est précisément celui qui peut se lever et dire aux États-Unis que c’est ce qui est bon pour la nation israélienne. »
« Nous soutenons le Premier ministre face à la forte pression », a déclaré le maire d’Ariel, Yaïr Chetboun.
« La décision d’étendre ou non la souveraineté lui appartient à lui seul, et à personne d’autre. »
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