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« Cela ne se fera pas » : Trump dit qu’il ne laissera pas Israël annexer la Cisjordanie

Cette déclaration risque de réduire à néant les espoirs des alliés d’extrême droite de Netanyahu et fragiliser sa coalition, tandis que Trump évoque un accord proche sur Gaza

Le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes tandis que le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth assistent à une réunion avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 25 septembre 2025. (Crédit : Evan Vucci/AP)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes tandis que le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth assistent à une réunion avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 25 septembre 2025. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi pour la première fois en public qu’il ne permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie.

« Je n’autoriserai pas Israël à annexer la Cisjordanie. Cela ne se passera pas », a affirmé Trump aux journalistes dans le Bureau ovale lorsqu’on lui a demandé de confirmer les informations selon lesquelles il aurait assuré les dirigeants arabes et musulmans de cette position lors d’une réunion multilatérale tenue mardi en marge de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU).

Trump a également souligné qu’il s’était entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à ce sujet.

« Je ne laisserai pas Israël annexer la Cisjordanie », a répété Trump. « Ça suffit. Il est temps d’arrêter maintenant. »

Ces propos interviennent alors que Netanyahu arrivait à New York pour prononcer un discours devant l’ONU vendredi.

La France, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et le Portugal comptent parmi les pays qui ont reconnu un État palestinien ces derniers jours, en partie pour préserver la possibilité d’une solution à deux États. Israël a condamné ces démarches.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’exprime par vidéo lors du débat général de l’Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 25 septembre 2025. (Crédit : Timothy A. Clary/AFP)

Un haut responsable israélien a confié au Times of Israel en début de semaine que l’administration Trump avait mis en garde Israël en privé contre l’annexion de la Cisjordanie, en réaction aux récentes décisions de pays occidentaux de reconnaître l’État palestinien.

Jérusalem aurait toutefois estimé que cet avertissement ne signifiait pas « la fin de la discussion », et Netanyahu aurait prévu d’aborder le sujet avec Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche la semaine prochaine, a déclaré le responsable israélien.

Si l’avertissement avait déjà été donné en coulisses, la décision de Trump de se prononcer publiquement contre l’annexion va sans doute refroidir les ambitions des dirigeants des habitants des implantations, qui s’étaient montrés plus confiants que jamais après sa réélection, espérant voir Israël réaliser enfin leur rêve d’annexion.

Sans l’appui américain, la probabilité qu’Israël franchisse ce pas diminue nettement, car sans le soutien de la principale puissance mondiale, une telle initiative manquerait de poids et déclencherait une forte réaction internationale. Début septembre, un haut responsable émirati avait d’ailleurs prévenu dans une interview exclusive au Times of Israel qu’une annexion constituerait une « ligne rouge » et marquerait la « fin » de l’intégration régionale.

Cette annonce de Trump pourrait aussi fragiliser le gouvernement de Netanyahu, dont les partenaires d’extrême droite ont fait de l’annexion une priorité et pourraient menacer la coalition si elle venait à être abandonnée.

Un accord sur Gaza « proche »

Trump a déclaré, jeudi matin, que les États-Unis étaient « proches de conclure un accord » concernant la bande de Gaza, à l’issue d’une « formidable » réunion multilatérale à New York avec les dirigeants de huit pays arabes et musulmans.

S’adressant aux journalistes dans le Bureau ovale, lors d’une rencontre avec Erdogan, Trump a affirmé que « beaucoup de choses avaient été décidées lors de cette réunion » mardi, au cours de laquelle Trump a présenté un plan en 21 points visant à mettre fin à la guerre à Gaza et à établir une autorité non affiliée au groupe terroriste palestinien du Hamas pour administrer la bande.

« Je dois rencontrer Israël. Ils savent ce que je veux. Je pense que nous pouvons y arriver. J’espère que nous y parviendrons. Beaucoup de gens meurent », a déclaré Trump.

Le président américain Donald Trump, à droite, serre la main du président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 25 septembre 2025, à Washington, DC. (Crédit : Evan Vucci/AP)

« Je vais devoir dire à Israël : Allons-y », a ajouté Trump, laissant entendre qu’il pourrait accentuer la pression sur Netanyahu lors de leur rencontre lundi à Washington.

Entre-temps, Netanyahu et le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer ont discuté des efforts américains pour mettre fin à la guerre et obtenir la libération des otages à Gaza avec l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, à l’hôtel new-yorkais où séjourne le Premier ministre. Netanyahu s’adressera à l’Assemblée générale vendredi à 16 heures (heure israélienne).

« Nous voulons récupérer les otages », a poursuivi Trump. « Nous voulons qu’ils reviennent tous en même temps. »

Il a indiqué que des mesures pourraient être prises « aujourd’hui », sans donner plus de détails.

« Tout le monde veut voir cette guerre se terminer. Nous verrons ce qui se passera », a-t-il ajouté.

Trump a déjà prédit à plusieurs reprises qu’un cessez-le-feu à Gaza était imminent, mais les négociations ont régulièrement achoppé.

Ces difficultés n’ont pas empêché Witkoff d’afficher son optimisme mercredi, affirmant qu’il s’attendait à une « percée » dans les jours suivant la réunion multilatérale de Trump mardi avec les dirigeants arabes et musulmans.

Sans entrer dans les détails, il a expliqué qu’un document de synthèse présenté aux pays décrivait les étapes prévues pour mettre fin à la guerre et établir une autorité non affiliée au Hamas pour gouverner la bande de Gaza.

Selon la chaîne N12, l’équipe de Trump fait pression sur Netanyahu pour qu’il accepte le plan en 21 points. Le Premier ministre aurait été informé du cadre « il y a quelques jours » et, tout comme Dermer, n’aurait pas jugé « satisfaisants tous ses éléments. »

« Poursuivre la guerre isolera encore davantage Israël, mais accepter le plan et mettre fin à la guerre permettra à Israël de sortir de son isolement et de progresser dans une direction plus positive dans la région, avec l’appui des États-Unis », a déclaré jeudi une source américaine à la chaîne.

Le reportage indique cependant que Netanyahu verrait d’un mauvais œil le fait que le plan de Trump n’exige pas le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza comme conditions préalables à la fin de la guerre, mais seulement après celle-ci.

De la fumée s’élève de Gaza-City après une frappe aérienne israélienne, le 24 septembre 2025. (Crédit : Fathi Ibrahim/Flash90)

Il n’apprécierait pas non plus la disposition prévoyant que le nouveau mécanisme de gouvernance de Gaza fonctionnerait sous l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU, selon le reportage.

Le gendre du président, Jared Kushner, qui avait joué un rôle clé dans le plan de paix « Deal of the Century » en 2020 et dans les accords d’Abraham, a été fortement impliqué dans l’élaboration du cadre avec l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Kushner a été aperçu jeudi aux côtés de Steve Witkoff lors de la réunion avec Netanyahu et Ron Dermer.

La proposition de la Maison Blanche reprend largement celle conçue par Blair et révélé par le Times of Israel la semaine dernière. L’ancien Premier ministre britannique a mené des réunions marathons avec des dirigeants régionaux afin de rallier des soutiens à son initiative, qui prévoit la création d’un organe de transition pour administrer Gaza jusqu’à ce qu’une Autorité palestinienne (AP) réformée soit en mesure de reprendre la main.

D’après des sources citées par le Financial Times jeudi, Blair souhaiterait jouer un rôle central dans la gestion de Gaza après la guerre et aurait été proposé pour présider un conseil de surveillance appelé « Autorité internationale de transition pour Gaza » (GITA). Le quotidien Haaretz a indiqué plus tôt dans la journée que Washington souhaitait que Blair dirige le conseil consultatif international de cette GITA.

Mercredi soir, la chaîne N12 a rapporté que de hauts responsables israéliens ne pensaient pas que Trump « imposerait à Israël une proposition à laquelle il ne croit pas ».

Selon des responsables anonymes cités par la chaîne, Jérusalem considère le plan en 21 points de Trump comme un cadre pour bâtir un « jour d’après » à Gaza, en coopération avec les États arabes modérés.

Toujours d’après N12, l’administration Trump espère que ce cadre incitera certains États arabes – non nommés – à investir massivement dans la bande de Gaza dévastée et à reconstruire ses infrastructures civiles.

Les membres de la délégation palestinienne regardent le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies par vidéo lors de la 80e session de l’événement annuel, le 25 septembre 2025, à New York. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

L’AP appelle au boycott du discours de Netanyahu à l’ONU

N12 a également rapporté jeudi que la mission palestinienne auprès de l’ONU préparait une sortie de salle pendant le discours de Netanyahu vendredi, à laquelle elle espérait rallier des pays arabes, africains et même certains pays européens.

Une source proche du contenu du discours de Netanyahu a confié au Times of Israel qu’il serait centré sur une critique virulente des pays européens qui ont récemment reconnu l’État palestinien, affirmant que cette décision profitait au Hamas.

D’après cette source, les attaques de Netanyahu viseront surtout la France.

Il devrait également évoquer les perspectives d’un nouveau Moyen-Orient après la défaite du Hamas, notamment avec les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Sans surprise, Netanyahu exprimera aussi la gratitude d’Israël envers Trump, a ajouté la source.

Des activistes israéliens anti-gouvernement manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à New York, le 25 septembre 2025. (Crédit : Autorisation)

Jeudi, une douzaine de militants israéliens opposés au gouvernement ont manifesté devant l’hôtel de Netanyahu à New York, brandissant des pancartes où l’on pouvait lire « Sauvez Israël de Netanyahu », « Arrêtez la guerre » et « Libérez-les tous ».

Scandant « Ramenez-les chez eux » et « Il n’y a pas de solution militaire », les manifestants ont affirmé vouloir mettre fin à la guerre et obtenir la libération des otages retenus à Gaza.

Les organisateurs ont précisé que les familles de plusieurs otages mèneront également une manifestation vendredi devant le siège de l’ONU, alors que Netanyahu s’adressera à l’Assemblée générale.

Des groupes militants non juifs anti-Israël se sont eux aussi mobilisés à l’ONU et ont annoncé une grande manifestation vendredi matin, à peu près à la même heure.

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