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La proposition de Tony Blair, soutenue par Washington, pour mettre fin à la guerre à Gaza

L'ex-Premier ministre britannique rallie les acteurs internationaux afin de former une autorité de transition qui remplacera le Hamas avant que Gaza ne soit transférée à l'AP

Jacob Magid

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Une photo diffusée par l'agence de presse officielle de Bahreïn (BNA) montre le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair lors de la séance de clôture de la conférence économique sur le Moyen-Orient parrainée par les États-Unis, "Peace to Prosperity", à Manama, le 26 juin 2019. (Crédit : Agence de presse de Bahreïn)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle de Bahreïn (BNA) montre le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair lors de la séance de clôture de la conférence économique sur le Moyen-Orient parrainée par les États-Unis, "Peace to Prosperity", à Manama, le 26 juin 2019. (Crédit : Agence de presse de Bahreïn)

Le président américain Donald Trump a autorisé Tony Blair à rallier les acteurs régionaux et internationaux autour de la proposition qui a été soumise par l’ancien Premier ministre britannique avec pour objectif de créer une instance de transition, dans l’après-guerre, à la tête de la bande de Gaza, confient quatre sources proches du dossier au Times of Israel. Elles précisent que la gouvernance de l’enclave sera ensuite transférée à l’Autorité palestinienne.

Blair avait commencé à travailler sur cette proposition dès les premiers mois de la guerre opposant Israël au groupe terroriste du Hamas – un plan envisagé pour « le lendemain du conflit », avait-il dit. Mais ces derniers mois, la proposition a également évolué, expliquent un responsable américain et une deuxième source proche du dossier. Ainsi, elle veut dorénavant servir de moyen de mettre un terme « efficacement » à la guerre – l’administration Trump étant parvenue à la conclusion qu’un accord entre les parties concernées portant sur l’instance qui viendra remplacer le Hamas à la barre de la bande est désormais essentiel pour garantir un cessez-le-feu permanent et la libération des otages.

Si la participation de Tony Blair à la planification de l’après-guerre à Gaza avait déjà été rendue publique, tout comme sa participation à des réunions qui avaient eu lieu sur le sujet à la Maison Blanche, le 27 août, les détails de sa proposition n’avaient pas été révélés jusqu’à ce jour.

Il ne s’agit pas d’un plan de déplacement

La proposition – dont le projet a été obtenu et authentifié par le Times of Israel – envisage la création d’une Autorité internationale de transition à Gaza (GITA) ainsi que l’établissement d’une série de structures subordonnées.

Des articles antérieurs avaient laissé entendre que Blair s’impliquait dans des initiatives qui visaient à déplacer les Palestiniens de Gaza ou à construire la « Côte d’Azur » vantée par Trump dans l’enclave. Toutefois, la proposition réelle qui est faite par l’ancien Premier ministre britannique ne fait aucune mention de ces deux idées et elle envisage même la création d’une « unité de préservation des droits de propriété », dont le travail sera de garantir que tout départ volontaire des Gazaouis ne compromettra pas leur droit au retour au sein de l’enclave, avec l’assurance qu’ils conserveront la propriété de leurs biens.

« Nous n’avons pas l’intention de déplacer la population gazaouie hors de Gaza. Gaza appartient aux Gazaouis », note une source qui a été impliquée dans les discussions sur le plan Blair.

Des Palestiniens qui ont fui les zones de combat dans la bande de Gaza arrivent au camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 14 septembre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

D’autres plans présentés à l’administration Trump par des parties en lien avec le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ou par des personnes impliquées dans la création de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) et du Boston Consulting Group (BCG), avaient, en effet, promu l’idée de faciliter ou d’encourager la « migration volontaire » des Palestiniens de Gaza.

Mais Trump – qui avait été le premier à apporter une légitimité au concept de « migration volontaire » au mois de février dernier, quand il avait annoncé le projet des États-Unis de prendre le contrôle de Gaza et de déplacer définitivement toute la population de l’enclave – a depuis semblé se distancier de cette éventualité et, lors de la session politique à la Maison Blanche qui a été organisée le 27 août, il a établi clairement qu’il privilégiait plutôt le plan de Blair, dit le responsable américain.

Il fait remarquer que le ministre des Finances Bezalel Smotrich n’est apparemment pas au courant de cette préférence exprimée par Trump, dans la mesure où le leader israélien d’extrême-droite a expliqué, mercredi que la bande de Gaza était une potentielle « mine d’or » immobilière et qu’il était en pourparlers avec Washington sur la manière de se partager l’enclave côtière après la guerre.

Le lien avec Kushner

La réunion du 27 août avait été organisée par le gendre du président américain, Jared Kushner, qui avait occupé le poste de conseiller du président pendant le premier mandat de Trump et qui, depuis le début du deuxième mandat de son beau-père, est resté impliqué dans les questions relatives au Moyen-Orient, conseillant régulièrement l’envoyé spécial américain Steve Witkoff.

Comme Kushner à son époque, Witkoff est en charge de divers portefeuilles. L’actuel envoyé spécial a toutefois peu de personnel pour l’aider dans ses missions et Kushner a contribué à la planification de l’après-guerre à Gaza – une planification qui est considérée de manière croissante comme déterminante s’agissant d’obtenir la remise en liberté des otages, une libération qui mettra un point final au conflit.

L’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Steve Witkoff (à gauche), et Jared Kushner attendent l’arrivée du président Donald Trump à l’aéroport de Teterboro, d’où ils se rendront en cortège pour assister à la finale de la Coupe du monde des clubs de la FIFA 2025, le 13 juillet 2025. (Crédit : Brendan SMIALOWSKI / AFP)

Au printemps dernier, Kushner avait chargé le Tony Blair Institute for Global Change (TBI) — qui était déjà engagé dans ce dossier grâce aux relations qu’entretient l’ancien Premier ministre britannique avec les dirigeants israéliens, palestiniens et arabes — d’élaborer un plan pour l’après-guerre, dit le responsable américain.

Blair avait alors entamé des discussions régulières avec les responsables de l’administration Trump, les tenant informés de ses progrès alors qu’il rencontrait successivement les officiels de la région et qu’il commençait à affiner les détails de son plan, indique la source proche des discussions.

Une implication insuffisante de l’Autorité palestinienne pour Ramallah, mais excessive pour Jérusalem

L’ancien Premier ministre britannique s’est ainsi entretenu avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au mois de juillet, grâce aux pressions exercées par les pays du Golfe sur Ramallah en faveur d’un engagement de l’AP dans le cadre de cette initiative, a expliqué un diplomate arabe.

Si l’Autorité palestinienne a exprimé son souhait de superviser directement l’instance de gouvernance qui gèrera Gaza, après la guerre – ce que le plan de Blair n’intègre pas – la source proche des discussions affirme que Ramallah s’est « engagée de manière constructive » dans les pourparlers.

La proposition de Blair prévoit que l’Autorité palestinienne procèdera à des réformes importantes. Elle limitera la participation de Ramallah à la GITA, une participation qui n’interviendra que dans des sujets relatifs à la coordination. Néanmoins, l’Autorité palestinienne est explicitement mentionnée tout au long du plan, qui envisage « l’unification finale de tous les territoires palestiniens sous la barre de l’Autorité palestinienne ».

Cette photo publiée par le service de presse de l’Autorité palestinienne montre le président Mahmoud Abbas (à droite) en compagnie de l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, à Amman, en Jordanie, le 13 juillet 2025. (Photo de Thaer GHANAIM/PPO/AFP)

La source fait remarquer que si Netanyahu s’est farouchement battu pour empêcher une telle perspective, Israël s’est engagé de manière constructive dans les efforts livrés par Blair.

Le diplomate arabe affiche, de son côté, un plus grand scepticisme, affirmant que Netanyahu a pris l’habitude de charger Dermer des questions sensibles, déjouant ensuite les décisions prises avant même qu’elles n’aient l’occasion de se concrétiser sur le terrain pour pouvoir préserver sa coalition, notamment son aile d’extrême droite.

La frappe à Doha fait dérailler les efforts pour convaincre « Johnny »

Trump, impressionné par l’initiative de Blair, lui a demandé de convaincre « Johnny », raconte l’officiel américain, faisant référence au surnom qui avait été utilisé par Trump pour désigner le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de la réunion du 27 août à la Maison Blanche.

Les États-Unis considèrent l’Arabie saoudite comme l’un des acteurs les plus importants dans la reconstruction de l’après-guerre, un État qui a une influence suffisante pour rallier le reste de la région.

Quand Trump a donné sa bénédiction au projet de Blair, il a également accordé à ce dernier un délai de deux semaines pour obtenir le soutien à la proposition des pays de la région, note le responsable américain.

Un délai qui a depuis expiré – même si que le président a annoncé de manière assez régulière une telle échéance sans toutefois la respecter.

Le président américain Donald Trump arrivant avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane pour la photo de groupe avec les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe lors du sommet du CCG, à Ryad, en Arabie saoudite, le 14 mai 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Au cours de cette période, Blair a également été gêné, dans son travail, par l’interdiction de visa qui avait été imposée par les États-Unis à l’encontre de hauts responsables de l’Autorité palestinienne. Une décision qui avait entraîné des retards dans certaines des réunions du Premier ministre britannique avec des responsables du Golfe – ces derniers étant réticents à l’idée qu’ils puissent être considérés comme approuvant l’initiative prise par l’administration, en rencontrant un homme qui était, dans les faits, un envoyé de Trump, selon le diplomate arabe.

L’attaque israélienne du 9 septembre qui a pris pour cible les chefs du Hamas à Doha a porté une atteinte plus grave aux efforts livrés par Blair, affirme la source proche des discussions.

L’ancien Premier ministre britannique avait engagé des discussions avec l’Égypte et le Qatar dans le but de parvenir à persuader le groupe terroriste de ne pas faire obstacle au plan, confie la source, qui ajoute que si les efforts de Blair ont été temporairement compromis par la frappe de Tsahal, les négociations ont repris depuis.

« Nous n’avons pas des semaines devant nous, mais des jours »

L’attaque de Doha a également mis en évidence ce qui pourrait être l’un des principaux obstacles que Blair devra franchir pour enfin faire accepter son plan à l’État juif.

Alors que Netanyahu affirme que la frappe a eu pour objectif de transmettre un message aux chefs du Hamas, y-compris aux dirigeants actuellement impliqués dans les négociations sur les otages, pour leur faire comprendre qu’Israël saura régler ses comptes avec chacun d’entre eux, le but apparent du plan proposé par Blair est de neutraliser le groupe terroriste par des moyens non militaires.

Outre la mise en place d’une alternative au Hamas par le biais du GITA, le plan fait également explicitement référence au concept de « désarmement, démobilisation et réintégration », ou DDR.

Cette image tirée d’une vidéo diffusée par Qatar TV montre des hommes portant les corps recouverts d’un drapeau de six personnes tuées lors d’une frappe israélienne contre des membres du Hamas deux jours plus tôt, à l’intérieur de la mosquée Sheikh Mohammed bin Abdul Wahhab à Doha, le 11 septembre 2025. (Crédit : QATAR TV / AFP)

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio faisait peut-être référence à cette idée lorsqu’il avait déclaré, lors d’une conférence de presse donnée en compagnie de Netanyahu à Jérusalem, que « le Hamas ne peut plus continuer à exister en tant qu’élément armé » – il avait ainsi évité d’affirmer que le groupe terroriste devait disparaître, une exigence pourtant répétée à maintes reprises par le Premier ministre israélien.

Dans le même temps, le diplomate arabe explique que Blair a également eu du mal à convaincre Ryad et les autres acteurs régionaux, ces derniers conditionnant leur soutien à la mise en place d’une voie irréversible vers un futur État palestinien, une idée que Netanyahu et ses partenaires de coalition d’extrême droite rejettent depuis longtemps.

Cette condition fait partie d’une liste de principes dont les acteurs arabes exigent l’intégration dans tout plan qu’ils seront invités à financer, fait remarquer le diplomate arabe.

La source impliquée dans les pourparlers note toutefois que Blair a fait des progrès auprès des acteurs régionaux et qu’il s’efforce de faire avancer son plan dans un délai très court.

« Nous n’avons pas des mois ou des semaines, mais seulement quelques jours », confie-t-elle.

Quel est ce plan ?

La proposition de Blair prévoit la création de la GITA par le biais d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

La GITA servira « d’autorité politique et juridique suprême pour Gaza pendant la période de transition », selon le projet, dont le contenu a été obtenu par le Times of Israel.

La GITA sera dotée d’un conseil d’administration composé de sept à dix membres, dont « au moins un représentant palestinien qualifié (potentiellement issu du secteur des affaires ou de la sécurité) », un responsable des Nations unies, des personnalités internationales de premier plan ayant une expérience dans le domaine exécutif ou financier, et une « forte représentation de membres musulmans » afin de renforcer sa légitimité régionale et sa crédibilité culturelle.

Organigramme figurant dans le plan de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair visant à établir une Autorité internationale de transition pour Gaza, obtenu par le Times of Israel en septembre 2025.

Le Conseil d’administration sera chargé de « prendre des décisions contraignantes, d’approuver les lois et les nominations et de fournir une orientation stratégique » à l’enclave côtière, tout en rendant des comptes de son travail au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le président du Conseil d’administration sera nommé par consensus international et il recevra l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies. Il dirigera les relations extérieures et la diplomatie de la GITA et il définira l’orientation politique de l’instance, tout en coordonnant étroitement ses actions avec l’Autorité palestinienne, selon le document.

Le président du Conseil d’administration de la GITA sera assisté par une équipe de 25 personnes qui travailleront au sein du « secrétariat stratégique ».

Le plan prévoit également la création d’une unité de protection exécutive « qui sera composée de personnel d’élite provenant de contributeurs arabes et internationaux » et qui aura pour mission d’assurer la protection de la GITA.

Un « secrétariat exécutif » sera placé sous l’autorité de la GITA. Il servira de centre administratif et de bras exécutif de cette dernière, tout en contrôlant directement l’Autorité exécutive palestinienne (PEA).

Cette dernière a souvent été décrite comme une commission qui sera composée de technocrates palestiniens indépendants et dont la tâche sera d’administrer Gaza après la guerre.

Un char de l’armée israélienne se dirigeant vers Gaza-City lors du lancement de l’opération militaire visant à prendre le contrôle de la ville, sur une photo publiée le 16 septembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Coordination de l’Autorité palestinienne

Un groupe de cinq commissaires, qui supervisera les domaines déterminants de la gouvernance de la bande – affaires humanitaires, reconstruction, législation et affaires juridiques, sécurité et coordination de l’Autorité palestinienne – sera placé sous la houlette du secrétariat exécutif.

Le plan stipule que le commissaire chargé des affaires humanitaires sera responsable de la coordination avec les agences humanitaires, y-compris avec la Fondation humanitaire de Gaza, dont certains acteurs arabes ont demandé le démantèlement.

Concernant le commissaire en charge de la coordination avec l’Autorité palestinienne, le plan prévoit que son bureau aura pour objectif de « veiller à ce que les décisions prises par la GITA et celles qui seront prises par l’Autorité palestinienne seront, dans la mesure du possible, alignées et cohérentes avec l’unification finale de tout le territoire palestinien sous l’Autorité palestinienne ».

Le commissaire sera également chargé de « suivre les efforts de réforme qui seront livrés par l’Autorité palestinienne en coordination avec les donateurs internationaux, avec les institutions financières et avec les partenaires arabes engagés dans le développement institutionnel palestinien ».

La source impliquée dans les discussions souligne que les réformes de l’Autorité palestinienne qui sont mentionnées dans le plan Blair « ne sont pas cosmétiques » et que l’une des raisons justifiant l’absence de calendrier fixe pour le transfert à l’AP de la gouvernance de Gaza est que le processus « se base sur les performances ».

Des manifestants protestant contre l’opération menée à Gaza-City et réclamant la libération des otages détenus dans la bande de Gaza, devant le siège du Jerusalem Post, à Jérusalem, le 16 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La source précise toutefois que le calendrier s’étalera sur plusieurs années – « pas sur une décennie ».

Le plan prévoit la création d’une Autorité pour la promotion des investissements et pour le développement économique à Gaza afin de garantir les investissements pour la GITA et la reconstruction de la bande. Il s’agira d’une « autorité à vocation commerciale qui sera dirigée par des professionnels du monde des affaires et qui sera chargée de générer des projets dignes d’investissements qui offriront un réel rendement financier ».

Un organisme distinct sera créé pour obtenir et distribuer les subventions gouvernementales.

La GITA et son secrétariat exécutif seront également placés sous l’autorité de l’Autorité exécutive palestinienne, qui sera en contact plus direct avec les Palestiniens en leur fournissant des services « par le biais d’une administration professionnelle et non-partisane ».

La PEA sera dirigée par un PDG qui sera nommé officiellement par le Conseil d’administration de la GITA et elle sera chargée de superviser une série de ministères technocratiques, notamment ceux de la Santé, de l’Éducation, des Finances, des Infrastructures, des Affaires judiciaires et des Affaires sociales.

Relèveront également de l’Autorité exécutive palestinienne les municipalités de Gaza, qui auront pour mission de fournir des services au niveau local ; une force de police civile composée d’agents qui seront « recrutés au niveau national, sélectionnés sur la base de leurs compétences professionnelles et non-partisanes » et dont le travail sera de maintenir l’ordre public et de protéger les civils ; un conseil judiciaire qui sera présidé par un juriste arabe qui supervisera les tribunaux et le parquet ; et « l’Unité de préservation des droits de propriété » qui a été mentionnée ci-dessus.

Empêcher la résurgence du Hamas

Les membres de la police civile seront soutenus par la « Force internationale de stabilisation (ISF) », une force de sécurité multinationale qui sera mandatée au niveau international et qui sera créée pour garantir la stabilité stratégique et la protection opérationnelle à Gaza pendant la période de transition.

« Elle garantira l’intégrité des frontières, elle dissuadera la résurgence des groupes armés, elle protègera les opérations humanitaires et de reconstruction et elle soutiendra les forces de l’ordre locales par la coordination, et non par la substitution », précise le plan.

Le président américain Donald Trump reçoit les familles des otages détenus par le Hamas à Gaza, à la Maison Blanche, le 10 septembre 2025. (Crédit : Forum des familles d’otages)

Faisant apparemment référence à la lutte contre les vestiges du Hamas, le plan indique que l’ISF « conduira des opérations ciblées pour empêcher la résurgence des groupes armés, pour perturber le trafic d’armes et pour neutraliser les menaces asymétriques à l’ordre public et aux fonctions institutionnelles ».

Dans une annexe sur les coûts de la GITA, le plan explique que le budget augmentera chaque année, au fur et à mesure que la nouvelle instance directrice mettra en place ses opérations dans toute la bande de Gaza.

Le budget de la première année est fixé à 90 millions de dollars, celui de la deuxième année à 135 millions de dollars et celui de la troisième année à 164 millions de dollars. Des chiffres qui ne comprennent pas toutefois les coûts des ISF et de l’aide humanitaire. La source proche des discussions fait remarquer que ces estimations sont prudentes.

Comment mettre un terme à la guerre ?

Si le plan de Blair n’a pas été le seul projet à avoir été soumis sur la question épineuse de la prise en charge de Gaza dans l’après-guerre, il semble qu’il ait été la seule proposition à avoir obtenu l’aval des États-Unis. La source impliquée dans les discussions reconnaît néanmoins qu’il ne pourra pas être considéré comme un plan américain tant que Trump ne l’aura pas publiquement revendiqué.

Le document a également fait l’objet de plusieurs révisions depuis qu’il a été obtenu par le Times of Israel, Blair continuant de recevoir des commentaires de la part des parties prenantes, dit la source.

La tour Mhanna s’effondre dans un épais nuage de fumée, après une frappe israélienne faisant suite à un ordre d’évacuation dans le quartier de Tal el-Hawa à Gaza, le 14 septembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

« La manière de mettre un terme à la guerre est d’amener les parties prenantes, dans la région, à s’accorder sur les principes de gouvernance de Gaza au lendemain du conflit de manière à ce que le Hamas ne soit pas impliqué, qu’il ne soit pas armé et qu’il ne puisse pas reprendre le pouvoir », déclare la source.

« Ce qui ne pourra se produire que s’il existe une nouvelle structure de gouvernance à Gaza, avec des forces qui seront mises en place par la communauté internationale. Au début, cela ne pourra pas être l’Autorité palestinienne. L’Autorité palestinienne sera une partenaire. Elle sera consultée et elle coordonnera les actions, mais elle ne sera pas chargée de gérer Gaza dès le premier jour. Cela arrivera plus tard, après ses réformes », ajoute la source.

Le bureau de Tony Blair a refusé tout commentaire dans le cadre de cet article.

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