Mahmoud Abbas exhorte le Hamas à libérer les otages
Le président de l'AP a rencontré l'ancien Premier ministre britannique à Amman ; il a affirmé que le groupe terroriste ne sera pas amené à gouverner l'enclave après la guerre

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a exhorté le Hamas à remettre en liberté les otages encore en captivité et l’a sommé de céder ses armes à l’Autorité palestinienne. Il a assuré que le groupe terroriste « ne gouvernera pas la bande de Gaza » après la fin de la guerre.
Lors d’une rencontre avec l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair qui a eu lieu à Amman dans la journée de dimanche, Abbas a également demandé la libération des détenus palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale au sein de l’État juif. Il a aussi appelé à un cessez-le-feu immédiat à Gaza et à l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire au sein de l’enclave côtière, selon l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne, WAFA.
Abbas a également fait savoir qu’il souhaitait que le contrôle de Gaza soit confié à l’Autorité palestinienne – une idée rejetée depuis longtemps par Israël. Il a également insisté sur la nécessité de mettre en œuvre une solution à deux États au conflit israélo-palestinien sur la base de l’initiative de paix arabe et il a réclamé la tenue d’une conférence de paix internationale à New York.
Si Abbas a demandé par le passé la libération des otages, la fin de la guerre et la prise en charge de Gaza par l’Autorité palestinienne, ce n’est que le mois dernier qu’il a condamné pour la toute première fois la prise d’assaut du sud d’Israël menée par le Hamas le 7 octobre 2023, quand près de 6 000 hommes armés avaient commis un pogrom sur le sol israélien, tuant plus de 1200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 251 personnes, qui avaient été emmenées en captivité à Gaza.
À l’époque, Abbas avait également déclaré que le Hamas ne devait pas être autorisé à gouverner la bande de Gaza, ajoutant qu’il devait remettre ses armes aux services de sécurité palestiniens.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages – dont 49 des 251 personnes qui avaient été enlevés par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023. Parmi eux, se trouvent les corps sans vie d’au moins 28 personnes dont la mort a été confirmée par l’armée. Vingt d’entre eux seraient encore en vie et l’état de santé de deux autres suscite de vives inquiétudes, ont déclaré des responsables israéliens. Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat de Tsahal tué à Gaza, en 2014.
Le Hamas avait pris le contrôle de la bande de Gaza qui se trouvait alors entre les mains de l’Autorité palestinienne lors d’un coup d’état sanglant, en 2007. Le groupe terroriste et le parti laïc du Fatah d’Abbas, qui domine l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, sont restés en désaccord depuis lors.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a juré de vaincre le Hamas, a jusqu’à présent exclu tout rôle pour l’Autorité palestinienne au sein de l’enclave côtière, mais il n’est pas parvenu à proposer d’alternative sous les pressions exercées par ses partenaires d’extrême droite, qui veulent rétablir la présence juive dans la bande de Gaza.
L’Autorité Palestinienne est largement considérée comme inefficace et corrompue. Elle n’a pas organisé d’élections générales depuis 2006. Il n’y a pas eu non plus de scrutin présidentiel depuis 2005.
Blair a quitté ses fonctions au 10, Downing Street en 2007. Il est ensuite devenu l’envoyé du Quartet (Nations unies, États-Unis, Union européenne et Russie) sur la question du pour le Moyen-Orient. Le Quartet a été créé en 2002 pour assurer la médiation dans la quête de la paix entre Israël et les Palestiniens.
En 2016, il a créé l’Institut Tony Blair pour le changement mondial, une organisation à but non lucratif.
Au mois de janvier 2024, l’institut a qualifié de « mensonge » un article paru dans les médias israéliens qui le liaient à des pourparlers sur la réinstallation des Palestiniens de Gaza dans d’autres pays.
Le président américain Donald Trump a vanté les mérites d’une initiative très contestée visant à réinstaller les Palestiniens de l’enclave côtière dans d’autres pays. Netanyahu a ouvertement soutenu ce plan, qui a été catégoriquement rejeté par les Palestiniens.







