Emprisonné à tort pendant plus de 15 ans, Roman Zadorov sera indemnisé de 17 M de shekels
La découverte de nouvelles preuves ADN en 2021 dans le meurtre de Tair Rada, 13 ans, en 2006, a donné lieu à son acquittement en 2023
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L’État va verser 17 millions de shekels à Roman Zadorov, qui a été acquitté du meurtre d’une écolière de 13 ans commis en 2006, et qui a passé quinze ans en prison.
Selon les médias israéliens, ce montant a été convenu entre les procureurs et Zadorov et sera versé une fois qu’il aura été approuvé par le tribunal de Tel Aviv, dans les jours à venir.
Dans l’une des affaires criminelles les plus tristement célèbres de l’histoire récente d’Israël, Zadorov a été acquitté en mars 2023 du meurtre de Tair Rada, commis dans les toilettes d’une école, annulant ainsi sa condamnation à perpétuité prononcée en 2010.
Cette interminable affaire a donné lieu à de multiples appels et à un nouveau procès qui ont captivé la nation et suscité un vif débat en ligne et dans les médias quant à l’identité réelle du meurtrier de Tair.
L’adolescente avait été retrouvée morte le 6 décembre 2006, baignant dans son sang, dans les toilettes de son école à Katzrin. Elle présentait des entailles au cou, des coups de couteau sur tout le corps et des coups violents à la tête.
Zadorov, un ressortissant ukrainien arrivé en Israël plusieurs années avant le meurtre travaillait à la pose de revêtements de sol dans cette école de Katzrin.
Arrêté peu après le meurtre, la police avait déclaré qu’il avait avoué le crime. Cependant, le lendemain, son avocat a affirmé que ces aveux avaient été obtenus sous la contrainte et qu’ils contenaient des informations erronées.
En 2010, soit près de quatre ans après son arrestation, le tribunal de Nazareth a condamné Zadorov à la prison à perpétuité. Cette sentence a été confirmée à deux reprises par la Cour suprême à la suite d’appels distincts, alors que la famille de la victime a publiquement exprimé ses doutes quant à la culpabilité de Zadorov.
Ses avocats ainsi que des milliers de citoyens ont insisté sur le fait que Zadorov avait été accusé à tort d’un crime qu’il n’avait pas commis et que la véritable meurtrière était une femme nommée Ola Kravchenko. Son petit ami de l’époque, Adir Habani, a déclaré des années plus tard qu’elle lui avait avoué le meurtre.
À la suite d’une analyse ADN, l’Institut médico-légal d’Abu Kabir a annoncé en 2018 qu’un cheveu trouvé sur le corps de Tair ne correspondait pas à celui de Zadorov, mais pouvait correspondre à celui de Habani (parmi des milliers de correspondances possibles), relançant ainsi les spéculations sur ce meurtre.
La famille de Tair, qui affirmait depuis longtemps que la mauvaise personne avait été condamnée, a mené une campagne publique pendant des années, aboutissant à la découverte de nouvelles preuves et à l’annonce d’un nouveau procès en 2021. Deux ans plus tard, Zadorov a été acquitté et assigné à résidence, une décision prise à deux voix contre une.
À l’époque, le juge Asher Kula avait écrit qu’il y avait « une crainte substantielle que les aveux de Zadorov soient faux ».
Il avait également critiqué les procureurs de l’État, affirmant qu’ils n’avaient pas réussi à prouver, au-delà de tout doute raisonnable, que ses aveux correspondaient aux constatations faites sur les lieux. Il n’est ni sadique, ni pédophile, ni sujet à des accès de violence incontrôlés. »
Les juges Kula et Danny Sarfati l’avaient acquitté. Cependant, la troisième juge, Tammar Nissim Shaï, avait déclaré : « Zadorov est coupable au-delà de tout doute raisonnable » et « ses aveux sont détaillés et riches, et n’ont pas été faits par peur ».
Lors de l’énoncé du verdict, en 2023, l’intéressé a fondu en larmes.
« La vérité a triomphé », avait-il déclaré en quittant le tribunal en homme libre.
« Je suis heureux. J’étais confiné chez moi, maintenant je vais me promener avec mes enfants. »
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