Rechercher

Espoir, constitution, éducation : Retour sur le premier meeting électoral de BeYahad

Yaïr Lapid a promis de présenter une motion de censure après que des partis ultra-orthodoxes ont dit qu'ils ne faisaient plus confiance à Benjamin Netanyahu sur l'exemption du service militaire

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid (à gauche) et l'ancien Premier ministre Naftali Bennett s'étreignant lors d'un rassemblement de leur parti commun « BeYahad », à Tel Aviv, le 12 mai 2026. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le chef de l'opposition Yaïr Lapid (à gauche) et l'ancien Premier ministre Naftali Bennett s'étreignant lors d'un rassemblement de leur parti commun « BeYahad », à Tel Aviv, le 12 mai 2026. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mardi, lors du premier meeting électoral de sa nouvelle alliance « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu) avec le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, à la tête du parti centriste Yesh Atid, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a promis que, s’il était élu, il promulguerait une constitution pour Israël et harmoniserait les différents systèmes scolaires du pays, dans le cadre de « la plus grande révolution sociale depuis la création de l’État ».

« Cela nous permettra de passer du statut de tribus à celui de nation », a déclaré l’ancien Premier ministre de droite devant des milliers de partisans à l’Expo de Tel Aviv.

« Une nation – une constitution. Une nation – un système scolaire. Une nation – un État. »

« Nous unirons la nation – c’est la mission de ma vie », a déclaré Bennett, qui est le candidat tête de liste de l’opposition sioniste pour les prochaines élections législatives.

Bennett a indiqué que la constitution qu’il promulguerait serait « dans l’esprit » de la Déclaration d’indépendance d’Israël de 1948, qui énonce les principes d’Israël en tant qu’État juif et démocratique.

Alors que la Déclaration d’indépendance d’Israël de 1948 promettait l’adoption d’une constitution avant la fin de l’année, des désaccords politiques avaient poussé le jeune pays à adopter un système de « Lois fondamentales » quasi constitutionnelles, en vigueur encore aujourd’hui.

Il s’adressait à quelque 3 500 personnes venues soutenir « BeYahad ».

Selon un sondage réalisé la semaine dernière par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, « BeYahad » est au coude à coude avec le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour devenir le plus grand parti à la Knesset lors des prochaines élections. Le sondage a également révélé que ni le bloc de Bennett ni celui de Netanyahu ne disposeraient d’une majorité au Parlement sans le soutien du bloc adverse ou des partis arabes, que les dirigeants des deux blocs ont écartés comme potentiels partenaires de coalition. Le bloc dirigé par Bennett recueillerait environ 60 sièges à la Knesset, qui en compte 120, soit juste en dessous de la majorité, contre 50 pour la coalition actuelle, les partis arabes détenant principalement la balance du pouvoir.

À l’instar de ses alliés plus modestes au sein de l’opposition sioniste, « BeYahad » fustige Netanyahu pour avoir cherché à codifier les exemptions du service militaire obligatoire pour les Haredim étudiant en yeshiva et pour avoir tenté d’éviter la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances liées au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Lors du rassemblement, Bennett a réitéré son engagement selon lequel la première mesure prise par un gouvernement qu’il dirigerait serait de mettre en place une telle commission.

Il s’est également engagé à « mettre fin au cloisonnement » et à unifier le système scolaire national, actuellement composé de sous-systèmes distincts : laïc, nationaliste-religieux, ultra-orthodoxe et arabe.

« Il n’y aura qu’un seul système scolaire pour l’État d’Israël », a déclaré Bennett.

« Et tous les élèves d’Israël sauront que nous sommes un État juif et démocratique. »

Les élèves suivront un programme commun comprenant « l’hébreu, l’anglais, les mathématiques, l’éducation civique, la Torah, le patrimoine juif et le sionisme », a-t-il précisé.

« Nous ferons quelque chose de simple : nous cesserons de financer les écoles qui enseignent à leurs élèves : ‘Nous mourrons plutôt que de faire notre service militaire’ », a déclaré Bennett, citant un slogan courant chez les Haredim qui s’opposent à cette obligation nationale.

« Ce sera la plus grande révolution sociale depuis la fondation de l’État. »

Bennett s’adresse aux électeurs du Likud désenchantés

Les prochaines élections devraient avoir lieu au plus tard en octobre. Les chances d’élections anticipées ont augmenté mardi, lorsque des députés ultra-orthodoxes ont déclaré qu’ils voteraient la dissolution de la Knesset, car la coalition n’a pas réussi justement à faire adopter une loi consacrant l’exemption des Haredim du service militaire, en vigueur depuis des décennies.

Lapid a suscité de vifs applaudissements lors du rassemblement de « BeYahad » après avoir déclaré que son groupe parlementaire déposerait la semaine prochaine une motion visant à dissoudre le Parlement, à la suite des menaces des ultra-orthodoxes.

Bennett a déclaré que les fissures apparues au sein de la coalition de Netanyahu montraient que « l’alliance des réfractaires à la conscription s’effondrait » et a accusé le Likud d’être devenu un instrument des factions ultra-orthodoxes des partis Shas et Yahadout HaTorah, au détriment de l’armée israélienne déjà mise à rude épreuve.

« Une alliance fondée sur le préjudice causé aux soldats de Tsahal est vouée à s’effondrer – c’est ce à quoi vous assistez en ce moment même », a souligné Bennett.

Il a ajouté que « la dissolution anticipée de la Knesset serait la seule bonne chose que ce gouvernement ait faite pour le peuple d’Israël », après avoir « affaibli Tsahal et omis de se réveiller après le 7-Octobre ».

Des ultra-orthodoxes manifestant contre la conscription militaire, à Jérusalem, le 11 janvier 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Bennett a affirmé que Netanyahu était à juste titre « hystérique » à l’idée de perdre des électeurs au profit de « BeYahad » et que le dirigeant sortant « et sa troupe lancent une nuée de drones « machines à poison » contre quiconque exprime une opinion qui ne sert pas sa survie ».

« C’est exactement ainsi que nous en sommes arrivés au 7-Octobre », a-t-il ajouté, qualifiant cela de « recette d’un nouveau désastre ».

Il a appelé les partisans désabusés de Netanyahu à renverser le parti au pouvoir, à l’instar de ce que le Likud avait fait lui-même lorsqu’il était arrivé au pouvoir en 1977, dans un contexte de colère publique contre le parti Alignement au pouvoir, à la suite de l’attaque surprise égypto-syrienne qui avait déclenché la Guerre de Kippour, en 1973.

« Tout comme il y a eu un bouleversement historique après l’échec de 1973, nous provoquerons un bouleversement historique après l’échec de 2023. Une révolution de l’espoir », a déclaré Bennett.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une cérémonie nationale à la mémoire des victimes du terrorisme, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 21 avril 2026. (Crédit : Dor Pazuelo/Flash90)

« Tant de bons membres du Likud affluent vers nous aujourd’hui », a-t-il affirmé.

« Car le parti qui était autrefois leur foyer est devenu une coquille vide, sans âme. Le nom ‘Likud’ demeure, mais les valeurs ont disparu. »

Les anciens Premiers ministres du Likud, Menachem Begin et Yitzhak Shamir, ainsi que le précurseur idéologique du parti, Zeev Jabotinsky, « se retournent dans leur tombe à la vue des kahanistes, des réfractaires à la conscription et des charlatans qui ont pris le contrôle de leur parti », a poursuivi Bennett.

« Les électeurs du Likud en ont assez et trouvent leur place chez nous. »

Il faisait référence aux partisans du rabbin extrémiste assassiné Meïr Kahane, chef du mouvement d’extrême-droite interdit Kach, dont Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, fait partie. Shamir avait mené un boycott notoire contre Kahane lorsque ce dernier, rabbin d’origine américaine, siégeait à la Knesset entre 1984 et 1988, avant que la Cour suprême ne lui interdise de se présenter aux élections.

Bennett a également accusé la ministre de l’Environnement, Idit Silman (Likud), et le député Ohad Tal (HaTzionout HaDatit) d’aggraver la stigmatisation liée à la santé mentale.

Tous deux avaient en effet laissé entendre qu’il n’était pas mentalement apte à exercer ses fonctions lorsqu’il occupait le poste de Premier ministre.

« Ce sont eux qui devraient avoir honte, et non les soldats israéliens qui reviennent de la guerre avec des traumatismes psychologiques », a-t-il déclaré.

Bennett a intenté une action en diffamation contre ces deux personnes, ainsi que contre la Quatorzième chaîne pro-gouvernement, à la suite de la diffusion d’un enregistrement de Silman, ancienne membre de son parti Yamina aujourd’hui dissous, qui occupait le poste de cheffe de la coalition au sein de son gouvernement de 2021-2022.

Dans cet enregistrement, elle affirme que Bennett était instable sur le plan mental et sous forte médication lorsqu’il occupait le poste de Premier ministre.

Diffusé par la Quatorzième chaîne, l’enregistrement a ensuite été relayé par Tal qui, sur le réseau social X, a adressé des vœux moqueurs à Bennett et affirmé que sa décision d’intégrer le parti islamiste Raam dans sa coalition était clairement due à une maladie mentale.

Lapid : « Nous redonnons de l’espoir »

Lapid a expliqué que la décision de fusionner son parti Yesh Atid avec le parti provisoire « Bennett 2026 » de Bennett n’était « pas une question de politique », mais « une question concernant nos soldats au Liban et à Gaza qui attendent davantage de nous ; concernant la prochaine génération de jeunes Israéliens, qui seront plus pauvres que leurs parents ; concernant le fait qu’il fait toujours plus sombre avant l’aube ».

« Après quatre années où chacun d’entre nous s’est senti seul… marquées par les fractures, les divisions et la désunion, nous redonnons espoir au pays », a déclaré Lapid.

« Bennett et moi ne prétendons pas être d’accord sur tout. Il est de droite, je suis centriste. Nous avons des désaccords, et c’est une bonne chose », a-t-il ajouté.

« Pendant trop longtemps, nous avons laissé nos différences nous définir. Cette fois-ci, nous avons décidé de partir de ce qui nous unit. Au-delà de tous nos désaccords, nous sommes des patriotes, nous sommes sionistes, nous croyons en un État juif et démocratique, et nous croyons l’un en l’autre », a déclaré Lapid.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid s’adressant à un rassemblement électoral, à Tel Aviv, le 12 mai 2026. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Il a ajouté que Bennett « avait été un excellent Premier ministre » au sein du « gouvernement du changement » qu’ils avaient tous deux dirigé en 2021-2022, lequel comprenait un ensemble hétéroclite de partis sionistes anti-Netanyahu aux côtés du parti islamiste Raam.

Bennett sera en mesure de « diriger un groupe de personnes fortes et de qualité qui apporteront le changement aussi nécessaire que l’air que nous respirons », a déclaré Lapid.

« Le gouvernement actuel vous dit que ce qui contrôle ce pays, c’est ‘le pouvoir, le profit et le prestige’ », a déclaré Lapid, paraphrasant un commentaire datant de plusieurs années du ministre du Likud, Miki Zohar.

« Nous proposons une formule différente. Ce qui a forgé notre lien, ce sont la confiance, l’amitié et les valeurs », a poursuivi Lapid.

Il a souligné que les gens « se trompaient » en le félicitant d’avoir « mis son ego de côté » en s’alliant avec Bennett.

« Je n’ai pas mis mon ego de côté », a-t-il affirmé.

« J’ai mis mon cœur au bon endroit – derrière nos soldats, derrière nos enfants, derrière les gens qui travaillent dur et qui ont du mal à joindre les deux bouts, derrière un ami avec lequel je crois que nous pouvons apporter le changement. »

Bennett, « l’ancien et futur Premier ministre d’Israël », est « quelqu’un qui me donne de l’espoir », a ajouté Lapid.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.