Eyal Zamir appelle à un leadership audacieux qui reconnaît ses échecs
Les propos du chef d’état-major perçus comme une critique du gouvernement, interviennent en pleine dispute avec Israel Katz de la Défense sur les promotions au sein de Tsahal
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Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré mercredi qu’Israël avait besoin d’un leadership « courageux et transformateur » qui ne « se dérobe » pas à ses responsabilités, dans des propos perçus comme une critique à peine voilée du gouvernement.
Ces remarques interviennent alors qu’il est en plein bras de fer public avec le ministre de la Défense Israel Katz au sujet des enquêtes menées sur les défaillances du 7 octobre et des nominations à des postes de haut rang au sein de l’armée.
Elles ont été formulées lors d’une cérémonie commémorant le 52e anniversaire de la mort du premier Premier ministre israélien, David Ben Gurion, au Midreshet Ben Gurion, près de Sde Boker, dans le sud du pays.
« Aujourd’hui, il ne fait aucun doute pour nous… Ce qu’il faut, c’est un leadership courageux, déterminé et transformateur. Un leadership qui reconnaît les échecs et ose conduire le changement », a déclaré Zamir.
« Pas un leadership qui effraie et étouffe, mais un leadership qui élève, un leadership inspirant. Pas un leadership qui se dérobe, mais un leadership qui regarde la vérité en face et trace une nouvelle voie », a-t-il poursuivi.
« La responsabilité du commandement est de reconstruire. C’est l’essence même du leadership », a déclaré le chef de l’armée israélienne.
Lundi, Katz et Zamir ont eu un échange public virulent après que le ministre a ordonné une nouvelle enquête sur l’examen indépendant réalisé par l’armée concernant ses précédentes investigations sur les défaillances entourant le pogrom du 7-Octobre, perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
En réponse, Zamir a accusé Katz d’ingérence politique et lui a reproché de porter atteinte à la préparation opérationnelle de l’armée en gelant pendant 30 jours les promotions des officiers supérieurs, qui doivent être approuvées par le ministre de la Défense.
Depuis des mois, Katz mène une campagne de plus en plus agressive contre Zamir au sujet de ces nominations, promouvant de manière sélective certains officiers et refusant d’en nommer d’autres avec lesquels il ne partage apparemment pas les mêmes positions.
Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré séparément les deux hommes pour tenter de mettre fin aux tensions, après le refus de Katz de rencontrer Zamir.
Katz dément les rumeurs, affirme qu’il restera en poste jusqu’aux élections
Malgré les tensions, les deux responsables ont assisté mercredi soir à une réunion sur le budget de la sécurité au siège de Tsahal à Tel Aviv.
La chaîne N12 a rapporté que Katz n’avait pas l’intention de répondre publiquement aux propos tenus par Zamir lors de la cérémonie, mais a ajouté que si le différend n’était pas réglé dans les prochains jours, une rencontre en tête-à-tête serait inévitable.
Depuis l’annonce mardi de ces réunions séparées, des rumeurs circulaient selon lesquelles Netanyahu envisagerait de limoger Katz. Le bureau du Premier ministre a rapidement démenti ces allégations.
S’adressant mercredi à la Knesset, Katz a répondu à la députée d’opposition Yulia Malinovsky que « chaque fois que nous nous rencontrerons, ici ou ailleurs, ce sera avec moi en tant que ministre de la Défense et vous en tant que députée de l’opposition, et ce sera le cas au moins jusqu’aux prochaines élections ».
En février, Katz et Netanyahu avaient nommé Zamir au poste de chef d’état-major de Tsahal. Il a pris ses fonctions en mars, après la démission de l’ancien chef militaire Herzi Halevi, qui avait assumé une part de responsabilité dans les échecs liés à l’attaque du Hamas.
Tout en critiquant l’armée pour ne pas avoir assumé suffisamment ses responsabilités dans cette catastrophe, le gouvernement a résisté aux appels à la création d’une commission d’enquête nationale, le mécanisme le plus puissant et indépendant pour examiner les défaillances, et a cherché à mettre en place son propre dispositif d’enquête.
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