Rechercher

Fustigeant l’exemption des Haredim, Bennett cite Moïse : « Les étudiants de la Torah doivent combattre pendant les guerres »

Benjamin Netanyahu annule son discours en prime time, invoquant un conflit d'horaires ; Yaïr Lapid, entre autres, l'accuse de se soustraire à l'examen du peuple de sa "trahison"

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett dénonçant un projet de loi soutenu par la coalition qui maintiendrait largement l'exemption du service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes, le 2 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran)
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett dénonçant un projet de loi soutenu par la coalition qui maintiendrait largement l'exemption du service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes, le 2 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran)

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a accusé le gouvernement de « faire avancer une loi qui annihilera toute possibilité de recruter des Haredim » dans une déclaration vidéo pré-enregistrée mardi soir. Elle a été diffusée quelques minutes après l’annulation par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’un discours similaire prévu en prime time, au cours duquel il devait évoquer ses efforts pour faire avancer le projet de loi très controversé réglementant les exemptions de conscription pour les ultra-orthodoxes.

Selon le bureau de Netanyahu, ce dernier a reporté sa déclaration en raison de « contraintes d’emploi du temps » non précisées. Bennett et le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, avaient prévu de diffuser leurs déclarations en réponse à celle de Netanyahu.

Bennett, ancien Premier ministre qui apparaît comme le principal rival de Netanyahu à l’approche des élections législatives de l’année prochaine, a vivement critiqué le projet de loi, accusant Netanyahu de tromper la population et d’abandonner ceux qui assument le fardeau du service militaire. Dans une brève déclaration vidéo, le chef du parti Yesh Atid, Lapid, a accusé Netanyahu de fuir une loi indéfendable et de trahir les soldats israéliens.

Selon Bennett, les Israéliens se sont battus comme des « lions » après le 7-Octobre, sans distinction d’appartenance politique ou religieuse, et maintenant que la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza est terminée, l’armée israélienne est confrontée à une pénurie de 20 000 soldats.

« Il n’y a que deux options : enrôler nos frères haredim afin qu’ils assument leur part, ou imposer à nos réservistes 120 jours supplémentaires de réserve par an de manière permanente, ce qui détruirait leur avenir professionnel et familial », a déclaré Bennett, affirmant qu’il y a actuellement « 100 000 jeunes hommes haredim obligés de s’enrôler qui peuvent être formés en cinq mois au niveau requis pour la mission ».

« C’est possible, et Tsahal en est capable, mais elle a besoin du soutien du gouvernement. Or, au lieu d’agir pour recruter les Haredim, le gouvernement fait exactement le contraire ! Ces jours-ci, il fait avancer une loi qui annihilera toute possibilité de les recruter », a accusé Bennett.

Des ultra-orthodoxes manifestant devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Jérusalem, le 12 novembre 2025. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Au cours de l’année écoulée, les dirigeants haredim ont fait pression pour l’adoption d’une loi permettant à une grande partie de leurs électeurs d’échapper au service militaire. Cette mesure fait suite à une décision de la Cour suprême qui a jugé illégales les exemptions générales du service militaire accordées de manière informelle depuis des décennies aux Haredim étudiant à temps plein en yeshiva.

On estime actuellement à environ 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui sont aptes au service militaire mais ne se sont pas enrôlés. Tsahal a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues, en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve dans le contexte de la guerre en cours contre le Hamas à Gaza et d’autres défis militaires.

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth (Likud), a publié jeudi dernier sa version révisée du projet de loi du gouvernement sur la conscription, suscitant une vague de condamnations, y compris au sein du Likud, le parti de Netanyahu.

La loi, telle qu’elle est actuellement rédigée, continuerait d’accorder des exemptions du service militaire aux ultra-orthodoxes qui étudient à temps plein dans une yeshiva, tout en augmentant ostensiblement la conscription des diplômés des établissements d’enseignement haredim.

Cependant, le projet de loi supprimerait également diverses dispositions d’un projet antérieur présenté par le député Yuli Edelstein (Likud) – qui a récemment été destitué de son poste de président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset – qui visaient à garantir que les personnes inscrites dans une yeshiva y étudient réellement, ainsi qu’à annuler toutes les sanctions à l’encontre des réfractaires au service militaire lorsqu’ils atteignent l’âge de 26 ans.

Selon Bennett, le texte actuellement défendu par la coalition n’est « pas un projet de loi », mais un bluff « rempli de formulations et d’astuces visant à vous induire en erreur, vous, le peuple, en vous faisant croire que l’objectif est d’enrôler les Haredim, alors qu’en réalité, chaque élément de cette loi garantit qu’ils ne s’enrôleront pas ».

« Par exemple, la loi accorde une grâce immédiate à tous ceux qui ont fui le service militaire : une récompense pour leur fuite. Elle stipule également qu’un jeune haredi qui retarde son service jusqu’à l’âge de 26 ans bénéficiera d’une exemption à vie. Il est évident que c’est ce que tout le monde fera », a-t-il affirmé.

Le député du Likud, Boaz Bismuth, présidant une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 2 décembre 2025. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

« La loi regorge de telles tromperies. C’est pourquoi Tsahal s’y oppose. C’est pourquoi l’ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, s’y est opposé et a été limogé. C’est pourquoi le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Yuli Edelstein, s’y est opposé et a été démis de ses fonctions. Tous les organismes professionnels qui ont examiné la loi sont parvenus à la même conclusion : il s’agit d’un coup de bluff. »

La seule raison pour laquelle Netanyahu soutient ce projet de loi controversé est que « les partis haredim menacent de renverser la coalition », a déclaré Bennett, qualifiant cela de « politique dans sa forme la plus pure ».

Contredisant l’affirmation des ultra-orthodoxes selon laquelle l’étude de la Torah ne peut être combinée au service militaire, Bennett a cité le passage biblique dans lequel Moïse réprimande les tribus de Gad et de Ruben en leur demandant : « Vos frères iront-ils à la guerre pendant que vous resterez ici ? »

« Tous les héros de la Torah étaient des guerriers – Josué ben Nun, Gédéon, le roi David – tous étaient de grands combattants ! Des myriades de soldats issus de la communauté sioniste religieuse ont fait leurs preuves dans cette guerre dans toute leur gloire, avec une Gemara à la main au cœur de Khan Younès ! C’est là le véritable judaïsme », a-t-il poursuivi, appelant « tous les citoyens d’Israël à se joindre aux soldats de Tsahal pour s’opposer à cette loi antisioniste ».

« Bibi a pris la fuite »

Dans son allocution, Lapid a accusé Netanyahu d’avoir annulé sa déclaration vidéo et de se cacher du peuple car il sait que sa politique n’est pas justifiable.

« Netanyahu a annulé sa déclaration ce soir parce qu’il connaît la vérité. Bibi a pris la fuite parce qu’il sait que nous connaissons les détails de la loi sur les exemptions militaires et qu’il n’a aucun moyen de la défendre », a déclaré Lapid, affirmant que « moins de 5 % » des Haredim s’enrôleront dans l’armée en vertu de cette loi.

Selon Lapid, ce texte controversé « regorge de lacunes qui y ont été délibérément introduites » et ne prévoit ni quotas d’enrôlement, ni sanctions, ni mécanismes d’application, constituant ainsi « une nouvelle trahison envers nos soldats ».

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid prononçant une déclaration accusant le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’être incapable de défendre son projet de loi sur la conscription des Haredim, le 2 décembre 2025. (Crédit : Capture d’écran)

« Le contrôle n’est pas entre les mains de Tsahal, mais entre celles de Deri et Goldknopf », a-t-il affirmé, citant les noms des chefs des deux partis ultra-orthodoxes de la Knesset : Aryeh Deri, de Shas, et Yitzhak Goldknopf, de Yahadout HaTorah.

« Lorsqu’il a fallu choisir entre les soldats et les réfractaires à la conscription, Netanyahu a choisi les réfractaires et a trahi les soldats. »

Le « seul objectif » de la « loi anti-conscription totale » est de « renouveler les flux financiers vers les yeshivot », en allouant chaque année des milliards de shekels aux réfractaires et en « déshonorant nos soldats », a poursuivi Lapid.

« La fuite de Netanyahu ce soir est un message clair à tous les membres de la coalition : vous ne pouvez pas défendre cette loi, et elle ne sera pas adoptée. Je vous promets que nous l’arrêterons. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, à Jérusalem, le 16 novembre 2025. (Crédit : Capture d’écran/GPO)

« Une trahison »

Netanyahu a également été critiqué par l’ancien chef d’état-major de Tsahal et chef du parti « Yashar ! With Eisenkot », Gadi Eisenkot, qui a fait valoir que l’annulation de son passage à la télévision « ne changerait rien à l’essence même de la loi sur les exemptions militaires », qui constitue une « trahison » envers les troupes.

« Cette loi nuit à la préparation de Tsahal. Ne pas répondre au besoin de l’armée de disposer de 12 000 soldats de combat en pleine guerre n’est pas une erreur, c’est de la négligence », a-t-il écrit sur le réseau social X, accusant le Premier ministre d’avoir « consciemment choisi sa survie personnelle et celle de sa coalition plutôt que la sécurité nationale et la vie des soldats ».

« Netanyahu, si vous croyez vraiment que c’est une bonne loi, soumettons-la à des élections anticipées. Vous et le gouvernement défaillant du 7-Octobre n’avez pas la moindre autorité morale ni la moindre légitimité pour légiférer sur cette honte », a ajouté Eisenkot.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.