Israël accorde l’accès à la 4G aux opérateurs mobiles palestiniens de Cisjordanie
Le ministère des Communications ratifie les accords conclus entre les opérateurs télécoms israéliens et palestiniens ; la mise en œuvre devrait prendre 4 et 6 mois ; à Gaza, les réseaux sont bloqués en 2G
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les opérateurs palestiniens de Cisjordanie devraient enfin avoir accès au service de téléphonie mobile de quatrième génération, ou 4G, dans les mois à venir, après des années de retard dues à la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Dans un communiqué transmis au Times of Israel, le ministère israélien des Communications a révélé lundi qu’il avait ratifié la veille les accords récemment conclus entre les principaux opérateurs de télécommunications israéliens et palestiniens, permettant ainsi la mise en œuvre de la mise à niveau tant attendue.
Ces accords permettront l’achat et la livraison des équipements 4G nécessaires pour faire passer les réseaux cellulaires palestiniens de la 3G à la 4G. Selon des responsables israélien et palestinien ayant requis l’anonymat, le processus devrait prendre entre quatre et six mois avant la mise en service.
Cette mesure ne s’étendra toutefois pas à la bande de Gaza, déchirée par la guerre, où Israël n’accorde aux opérateurs de téléphonie mobile qu’un accès à des réseaux 2G beaucoup plus lents. Un accord de principe conclu en décembre 2022 entre le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) et l’Autorité palestinienne (AP) stipule que la mise à niveau de la bande de Gaza nécessitera une autorisation distincte des instances politiques à Jérusalem, autorisation qui n’est pas prévue dans un avenir proche, a déclaré le responsable israélien.
Sous l’administration de l’ancien président américain Joe Biden et de son ambassadeur en Israël Tom Nides, les États-Unis avaient incité Jérusalem à autoriser la mise à niveau de ces deux territoires, dans le cadre d’une série de mesures modestes visant à stimuler l’économie palestinienne. Cela a conduit à l’accord de 2022 susmentionné, signé sous le gouvernement dirigé par les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid.
Mais les contacts ont été compromis à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et de la guerre de Gaza qui a suivi, ce qui a limité les progrès réalisés au cours des deux dernières années.
Le responsable israélien a insisté sur le fait que ce retard n’était pas motivé par des raisons politiques, mais par des problèmes techniques et logistiques des deux côtés, qui avaient ralenti un processus déjà ardu.
Cependant, le responsable palestinien a fait valoir que le gouvernement actuel, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avait traîné les pieds pour faire passer la 4G, en raison de son hostilité générale envers les Palestiniens, et n’avait accepté de lever son opposition qu’en raison de la volonté d’Israël de fermer ses réseaux cellulaires 3G.
Israël contrôle la sécurité en Cisjordanie et à Gaza, ainsi que les télécommunications de ces territoires. Bien qu’Israël soit passé à la 4G en 2013, puis ait commencé à construire des réseaux 5G et LTE ultrarapides dans les centres urbains, les entreprises palestiniennes utilisent toujours les réseaux 3G auxquels elles ont accès depuis 2018.
Les opérateurs de téléphonie mobile israéliens sont largement présents en Cisjordanie et leur couverture s’étend à la plupart des zones palestiniennes. De nombreux Palestiniens utilisent les réseaux mobiles israéliens, qui sont à la fois moins chers et plus rapides, plutôt que les réseaux palestiniens, plus lents.
Les réseaux israéliens sont destinés à desservir les implantations de Cisjordanie sans empiéter sur les zones contrôlées par l’AP, conformément aux accords conclus entre les deux parties. Cependant, sur le terrain, les signaux cellulaires israéliens pénètrent souvent profondément dans les villes palestiniennes.
Selon la Banque mondiale, l’économie palestinienne aurait perdu entre 436 millions et 1,5 milliard de dollars entre 2013 et 2015 en raison du « détournement » de clients palestiniens par les opérateurs israéliens, qui représentent environ 30 % du marché palestinien de la téléphonie mobile.
Une source proche des négociations entre Israël et l’AP a expliqué la disparité dans l’accès au service de téléphonie mobile en ces termes : « La nature monopolistique du marché israélien des télécommunications signifie qu’avoir un concurrent palestinien leur coûterait une base d’abonnés potentielle importante sur un marché déjà minuscule. »
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