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La Russie saisit l’ONU sur la détention « arbitraire » d’un historien russo-israélien par Israël

Artyom Kirpichenok, critique d'Israël, est porté disparu depuis son arrivée à Tel Aviv le 4 août ; selon Moscou, il serait détenu par le Shin Bet en raison de ses "opinions politiques"

Artyom Kirpichenok. (Crédit: Réseaux sociaux)
Artyom Kirpichenok. (Crédit: Réseaux sociaux)

La Russie a lancé un appel aux Nations unies ce week-end pour obtenir la libération d’un historien russo-israélien qui, selon Moscou, serait détenu par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet depuis qu’il a disparu à son arrivée en Israël au début du mois.

Artyom Kirpichenok, qui réside en Russie et est connu pour ses critiques à l’égard d’Israël, s’est rendu dans le pays le 4 août pour assister à une conférence, mais n’a plus donné signe de vie depuis sa descente d’avion. Sa famille et ses amis, qui ont tenté de le contacter, n’y sont pas parvenus, selon la presse israélienne.

Selon la Russie, Kirpichenok a été interpellé à son arrivée à l’aéroport Ben Gurion par le Shin Bet, puis placé en détention.

Ni l’agence de sécurité intérieure, ni le ministère des Affaires étrangères n’ont répondu aux demandes de commentaires concernant Kirpichenok.

Dans une lettre adressée au Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, le Conseil russe pour la société civile et les droits de l’Homme a demandé de toute urgence à ce dernier d’exiger d’Israël qu’il s’explique sur sa disparition et sa détention présumée, et de lui permettre d’accéder à un avocat et à des soins médicaux.

L’appel affirme que la détention de Kirpichenok est arbitraire, soulignant que les motifs de celle-ci et son statut juridique n’ont pas été divulgués, qu’aucune accusation officielle n’a été portée contre lui et que le dossier n’a pas été rendu public. Il indique également que l’accès de l’historien à un avocat a été restreint et qu’il est dans l’impossibilité de contester la légalité de sa détention devant un tribunal, car les motifs de son arrestation ont été classés confidentiels.

Des passagers à l’aéroport international Ben Gurion, le 23 août 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le recours indique que la détention a été effectuée par le Shin Bet, « ce qui, dans la pratique israélienne, est généralement associé à des soupçons d’infractions à la sécurité de l’État ». Selon le Conseil, cela donnerait des raisons de croire que l’arrestation de Kirpichenok « était motivée par ses opinions politiques », ce qui constituerait « une violation flagrante du droit à la liberté d’expression », en référence à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

« Son état de santé est particulièrement préoccupant : il souffre d’hypertension avec un risque de décollement de la rétine, ce qui nécessite une surveillance médicale constante », indique le document.

L’appel demande à l’ONU d’exiger des autorités israéliennes des explications concernant la détention de Kirpichenok, de garantir son accès immédiat à un avocat et à des soins médicaux adaptés, et de fournir des informations sur les conditions dans lesquelles il est détenu.

Kirpichenok a vécu en Israël pendant plus d’une dizaine d’années et s’est montré critique à l’égard du pays. Le journal Haaretz le décrit comme appartenant à une petite faction communiste de gauche en Russie qui soutient l’invasion russe de l’Ukraine. Il se serait rendu deux fois en Iran, ce qui est extrêmement rare pour des citoyens israéliens, et a récemment publié plusieurs articles critiquant sévèrement la politique étrangère et intérieure d’Israël.

L’un de ses voyages en Iran a eu lieu en 2018, année au cours de laquelle il a publié un carnet de voyage. En 2022, il a indiqué sur Internet s’être rendu une deuxième fois en République islamique.

Il a récemment publié plusieurs articles sur Israël abordant des sujets tels que les craintes israéliennes à l’égard de la Turquie, une comparaison entre le traitement réservé aux Arabes israéliens et celui réservé aux Noirs en Afrique du Sud sous l’apartheid, ainsi que la perception que les Israéliens ont d’eux-mêmes au lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Cet article s’intitule « Le monde entier nous déteste, et nous en sommes fiers ».

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