Le G7 condamne la légalisation par Israël de cinq avant-postes en Cisjordanie
"Le programme de colonies du gouvernement israélien n'est pas conforme au droit international, et contre-productif à la cause de la paix", soulignent les ministres du G7
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Les chefs de la diplomatie du G7 ont condamné jeudi l’annonce par le gouvernement israélien de son intention de légaliser cinq avant-postes illégaux et de saisir 1 270 hectares de terres en Cisjordanie.
Les ministres des Affaires étrangères du « Groupe des 7 » – Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis – ont déclaré « s’associer aux Nations unies et à l’Union européenne pour condamner l’annonce par le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich que cinq avant-postes devaient être légalisés en Cisjordanie ».
« Nous rejetons aussi la décision du gouvernement d’Israël de saisir 1 270 hectares de terre en Cisjordanie – la plus grande saisie de terres depuis les accords d’Oslo [en 1993] – et la décision d’étendre les colonies existantes en Cisjordanie occupée en autorisant 5 295 nouvelles unités de logement et trois nouvelles colonies », ajoutent-ils dans un communiqué transmis par la présidence italienne du G7.
« Le programme de colonies du gouvernement israélien n’est pas conforme au droit international, et contre-productif à la cause de la paix », soulignent les ministres du G7.
Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont également demandé à Israël de verser à l’Autorité palestinienne toutes les recettes fiscales encore retenues, estimant que le maintien de la stabilité économique en Cisjordanie était « essentiel pour la sécurité régionale ».
La communauté internationale considère toutes les implantations comme illégales, mais Israël fait le distinguo entre les logements construits avec l’autorisation du ministère de la Défense sur des terres appartenant à l’État, et les avant-postes illégaux construits sans autorisation et souvent sur des terres palestiniennes privées.
De taille très variable, les avant-postes peuvent aller de quelques tentes à des préfabriqués reliés aux réseaux d’eau et d’électricité.
La Cisjordanie est sous contrôle militaire israélienne depuis la guerre des Six Jours de 1967, tandis que l’Autorité palestinienne contrôle certaines parties du territoire depuis 1994. Environ 490 000 Israéliens vivent parmi quelque trois millions de Palestiniens en Cisjordanie dans des implantations qui sont considérées comme illégales au regard du droit international.
Le cabinet de sécurité a approuvé la légalisation d’Evyatar dans le nord de la Cisjordanie, de Sde Efraim et de Givat Asaf dans le centre de la Cisjordanie, ainsi que de Heletz et d’Adorayim dans le sud du territoire, a déclaré le mois dernier le bureau du ministre des Finances Bezalel Smotrich, ajoutant que le cabinet avait également approuvé l’avancement des plans pour des milliers de nouveaux logements dans les implantations de Cisjordanie.
En échange, Smotrich a accepté de prolonger de quatre mois l’indemnisation des banques israéliennes travaillant avec des banques palestiniennes en Cisjordanie et de débloquer partiellement trois mois de recettes fiscales perçues par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne, sans tenir compte d’une partie importante de ces recettes que l’Autorité palestinienne utilise pour payer ses services et ses employés à Gaza. Israël affirme que ces fonds finiraient entre les mains du Hamas s’ils étaient versés.
Depuis le mois d’avril, Smotrich refusait de verser les recettes fiscales palestiniennes, mettant l’autorité au bord de l’effondrement, malgré les avertissements répétés des services de sécurité israéliens. Les recettes fiscales représentent environ 70 % des revenus annuels de l’Autorité palestinienne.
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