Israël en guerre - Jour 283

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Le cabinet valide la légalisation de 5 avant-postes, sanctionne des officiels de l’AP

Smotrich annonce l'approbation des mesures contre le transfert des recettes fiscales à l'AP et l'extension aux banques palestiniennes de l'autorisation de travailler avec Israël

Un panneau indiquant l'avant-poste d'Evyatar, en Cisjordanie, le 22 juin 2023. (Crédit : Flash90)
Un panneau indiquant l'avant-poste d'Evyatar, en Cisjordanie, le 22 juin 2023. (Crédit : Flash90)

Le cabinet a approuvé la légalisation de cinq avant-postes en Cisjordanie et une série de sanctions à l’encontre de l’Autorité palestinienne (AP), a déclaré le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, dans un communiqué.

Il n’y a pas eu de déclaration officielle du gouvernement à ce sujet au-delà des mots du ministre. Ni le bureau du Premier ministre ni le secrétaire du cabinet n’ont fait de commentaires.

En échange de ces mesures, Smotrich devrait autoriser le déblocage des recettes fiscales de l’AP, selon le quotidien Haaretz. Le ministre d’extrême droite devrait également accorder une extension de la dérogation permettant aux banques israéliennes de travailler avec leurs homologues palestiniennes.

Ces éléments ne figuraient pas dans le communiqué de presse du ministre.

Dans ce dernier, Smotrich précise que ces mesures ont été prises « en raison des actions de l’AP devant la Cour pénale internationale (CPI), la Cour internationale de justice (CIJ) et l’ONU, des mandats d’arrêt [en cours] à l’encontre des dirigeants du pays et des pressions [de l’AP] pour une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien ».

Les avant-postes qui seront légalisés sont Evyatar dans le nord de la Cisjordanie, Sde Efraim et Givat Asaf dans le centre de la Cisjordanie, et Heletz et Adorayim dans le sud du territoire.

Le cabinet a également approuvé la publication d’appels d’offres pour la construction de milliers de logements supplémentaires dans les implantations, selon le communiqué.

Parmi les mesures proposées contre l’AP, Smotrich a mentionné l’annulation de divers avantages pour ses responsables ; l’annulation des visas de sortie pour ces mêmes responsables et des restrictions à leurs déplacements ; des « actions de répression contre l’incitation à la violence » par les responsables de l’AP ; et le transfert de responsabilités de l’AP à Israël en matière d’application de la loi dans une réserve naturelle du désert de Judée où, selon des groupes de droite – dont un fondé par le ministre -, les Palestiniens auraient entrepris des travaux de construction anarchiques, endommageant des sites patrimoniaux et l’environnement.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich dirige une réunion de la faction HaTzionout HaDatit à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juin 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Smotrich avait annoncé auparavant que, tant que le gouvernement israélien n’aurait pas adopté une série de mesures punitives à l’encontre de l’AP pour ses activités de lobbying contre Israël dans l’arène internationale, il retiendrait les sommes collectées par Israël au nom de l’AP et qu’il laisserait expirer la dérogation des banques après le mois de juin.

Le manque de fonds a eu un effet encore plus déstabilisant sur l’AP en difficulté. Ce mois-ci, un responsable israélien a confié au Times of Israel que le gouvernement cherchait à calmer Smotrich pour qu’il libère une partie des recettes fiscales palestiniennes, un sujet de conflit majeur entre Jérusalem et Washington, ainsi qu’à compenser les banques israéliennes concernées.

La fin de la dérogation aurait des conséquences graves sur l’économie de la Cisjordanie, qui dépend étroitement d’Israël en raison du déséquilibre de pouvoir entre les deux parties.

Il n’est cependant pas certain que ce plan apaise Washington. Un représentant américain a indiqué la semaine dernière que les deux parties risquaient de se retrouver dans la même situation d’ici un mois ou deux « si et quand [Smotrich] décidera à nouveau de bloquer les fonds ».

« Ces fonds ne peuvent pas continuer à être utilisés comme une rançon. Ils appartiennent aux Palestiniens », a affirmé le responsable américain au Times of Israel.

Soucieuse de ne pas légitimer ses nombreuses positions intransigeantes à l’égard des Palestiniens, l’administration Biden a imposé un véritable boycott de Smotrich, refusant de le rencontrer, lui ou son collègue d’extrême-droite Itamar Ben Gvir.

Le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) et son nouveau gouvernement, après avoir prêté serment, à Ramallah, en Cisjordanie, le 31 mars 2024. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

L’administration Biden craint que l’effondrement de l’AP ne plonge la Cisjordanie dans un chaos qui serait exploité par des cellules des groupes terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique pour ouvrir un nouveau front dans la guerre de Gaza, a expliqué un autre responsable américain la semaine dernière.

Un tel effondrement ruinerait les plans américains d’après-guerre à Gaza, où Washington espère voir le retour d’une AP réformée, réunissant la Cisjordanie et Gaza sous une seule entité politique et ouvrant la voie à un futur État palestinien.

La décision de légaliser les avant-postes de Cisjordanie a été applaudie par les résidents d’implantations dans la nuit.

Yossi Dagan, chef du conseil régional de Samarie, a déclaré dans un communiqué que cette décision était « une décision sioniste et un message fort de victoire ».

« La nouvelle implantation viendra compléter une succession d’implantations dans la région », a déclaré Yaron Rosenthal, le chef du conseil régional du Gush Etzion.

Israël Gantz, chef du conseil régional de Binyamin, a salué la mesure qui, selon lui, « renforce l’État d’Israël ».

L’organisation La Paix maintenant a toutefois déclaré que cette décision était « insensée » et qu’elle nuisait aux relations d’Israël avec les États-Unis.

L’organisation a déclaré que, « au lieu de se préoccuper des habitants négligés du sud et du nord, le gouvernement des implantations récompense des criminels au plus fort de la guerre pour satisfaire Smotrich, qui est en chute libre dans les sondages » en référence aux sondages montrant que son parti HaTzionout HaDatit pourrait ne pas atteindre le seuil d’entrée à la Knesset si des élections étaient organisées.

« Il s’agit d’un gouvernement illégitime qui a perdu la confiance du peuple il y a longtemps et qui est géré par une minorité messianique et extrémiste qui doit disparaitre de nos vies », a ajouté le groupe.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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