Un rapport de l’ONU détaille la faillite socio-économique de Gaza
La CNUCED priorise le versement des recettes fiscales palestiniennes jusque là mises sous séquestre et la sauvegarde du système bancaire, en vue de la reprise
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Selon un rapport qui a été publié jeudi par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, ou CNUCED, Gaza aura besoin de près de 71,5 milliards de dollars pour se relever et se reconstruire.
L’agence de l’ONU a constaté que 92 % des « établissements économiques de Gaza avaient été endommagés ou détruits » depuis le mois d’octobre 2023 et que le PIB par habitant était de 0,58 dollar par jour, avec des prix 274 % plus élevés qu’en 2022.
« Cette faillite économique de Gaza est la plus grave jamais enregistrée dans le monde », a déclaré aux journalistes, à Genève, Pedro Manuel Moreno, secrétaire général par intérim de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). « Elle a anéanti des dizaines d’années de développement et généré une crise économique aiguë pour sa population. »
Ce rapport a étudié la détérioration de l’économie depuis le début de la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas, le 7 octobre 2023. Le pogrom perpétré dans le sud d’Israël par l’organisation terroriste, à l’origine de la guerre, avait fait plus de 1 200 morts, principalement des civils.
Selon les autorités de la Santé liés au Hamas, la guerre a fait plus de 73 400 morts à Gaza, dont plus de 1 330 depuis le cessez-le-feu qui a été conclu au mois d’octobre 2025. Un bilan qui ne fait pas le distinguo entre terroristes et civils. Toutefois, Israël estime que le bilan est, dans l’ensemble, exact, les autorités militaires israéliennes estimant entre deux et trois le nombre de civils tués pour chaque membre d’un groupe terroriste mort.
Au mois d’octobre 2025, le cessez-le-feu soutenu par les États-Unis a mis fin au gros des combats dans ce territoire très éprouvé, sans toutefois mettre un point final aux frappes de l’armée israélienne – des frappes destinées à déjouer les attaques lancées par le Hamas et d’autres terroristes de Gaza, selon Tsahal.
Avant le 7-octobre, « deux Gazouis sur trois étaient pauvres. Aujourd’hui, tout le monde à Gaza est pauvre, à plusieurs niveaux », explique Mutasim Elagraa, coordonnateur de l’assistance au peuple palestinien à la CNUCED.
Ce rapport a révélé que nombre de secteurs demeurent très en deçà de leur niveau de production de 2022, notamment ceux de l’agriculture et de la construction.
En raison de pertes d’emplois très importantes, plus de 90 % de la population en âge de travailler à Gaza est au chômage, selon le rapport de l’ONU.
Début 2026, la Banque mondiale, l’Union européenne et les Nations unies ont estimé les dommages causés aux infrastructures à Gaza à 35,2 milliards de dollars et les pertes économiques et sociales à 22,7 milliards de dollars.
Par ailleurs, les autorités palestiniennes ont appelé à s’intéresser à l’impact des actions israéliennes en Cisjordanie.
Jeudi, à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’organisation, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a prononcé un discours dans une vidéo préenregistrée. Il a déclaré : « L’expansion des colonies s’accélère, la Cisjordanie se fragmente… et le terrorisme des colons s’intensifie sous la protection des forces d’occupation. »
En outre, le rapport de la CNUCED a évoqué le durcissement des contraintes sur les activités économiques en Cisjordanie.
En avril dernier, le ministère israélien des Finances, dirigé par Bezalel Smotrich, a confirmé le non-versement, depuis un an, des recettes fiscales dues à l’Autorité palestinienne, depuis que le Premier ministre de l’AP, Mohammad Mustafa, a déclaré que sans ces fonds, l’AP était à court de liquidités, incapable de payer ses employés.
Depuis 2019, Israël déduit des recettes fiscales dues à l’Autorité palestinienne le montant des sommes versées par l’Autorité palestinienne aux prisonniers de sécurité détenus par Israël et aux familles des auteurs d’attentats terroristes contre des Israéliens. Selon Ramallah, cette pratique a pris fin l’an dernier.
Depuis le mois de novembre 2023, suite au pogrom mené par le Hamas le 7 octobre 2023 et à la guerre à Gaza, Israël n’a versé à l’AP qu’une partie de ces fonds, déduisant également des sommes que l’AP avait allouées à Gaza, y compris les salaires des anciens employés de l’AP et des services tels que l’électricité ou l’eau. A l’époque, l’AP avait déclaré refuser des transferts partiels.
Selon un communiqué du ministère des Finances, les fonds restants — au-delà de ceux alloués à Gaza — « sont gelés depuis près d’un an suite à la décision du ministre de ne pas verser de fonds à l’Autorité palestinienne en raison de ses actions contre l’État d’Israël sur la scène internationale et de son soutien à l’incitation au terrorisme ».
Le rapport identifie des priorités urgentes, comme par exemple le versement des recettes fiscales palestiniennes mises sous séquestre ou encore la sauvegarde du système bancaire.
la Communauté du Times of Israël !







