Le projet controversé de mines de phosphate près d’Arad de nouveau à l’ordre du jour
Les ministres vont examiner la proposition du cabinet du Premier ministre pour accélérer les appels d'offres d'ICL pour sa nouvelle mine - ce qui entraînerait l'évacuation de milliers de Bédouins
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les ministères de l’Environnement et de la Santé élaboraient encore mardi leur réponse à une proposition du cabinet du Premier ministre visant à accélérer la procédure d’approbation d’un projet de nouvelle mine de phosphate controversé, présenté par la puissante société Israel Chemicals (ICL). Cette proposition doit être examinée dimanche.
Les organisations écologistes et les habitants de l’est du Néguev se battent depuis une dizaine d’années pour mettre fin à l’exploitation minière à Sadeh Barir, situé à environ sept kilomètres d’Arad, un moshav de plus de 32 000 habitants.
Le maire d’Arad, Yaïr Maayan, qui s’oppose au projet, a écrit au Premier ministre Benjamin Netanyahu au début du mois pour lui faire part de sa surprise de voir Sadeh Barir de nouveau à l’ordre du jour du gouvernement, alors que celui-ci s’était engagé à ne pas le faire. Lors de nombreuses réunions auxquelles ont également participé le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, et la ministre de l’Environnement, Idit Silman, il avait été convenu de coordonner toute initiative concernant Sadeh Barir avec le moshav.
« Nous avons été surpris de découvrir, sans préavis, que Sadeh Barir était de nouveau à l’ordre du jour du gouvernement. »
Il a également souligné que le projet toucherait quelque 100 000 habitants de la région, dont 15 000 Bédouins d’al-Furah, qui devraient être évacués de la zone destinée à l’exploitation minière, sans qu’aucun plan de relogement ne leur soit proposé.
« Nous ne sommes pas une population palestinienne sans droits, vivant au-delà de la Ligne verte [en Cisjordanie] », a-t-il ajouté.
Les organisations de défense de l’environnement ont appelé jeudi le Premier ministre et d’autres ministres à renoncer à ce projet.
Elles ont déclaré que l’industrie du phosphate produit le déchet le plus polluant : le phosphogypse, un sous-produit de la production d’acide phosphorique qui contient des matières radioactives et représente 80 % de tous les déchets industriels en Israël. Le processus d’extraction lui-même répand des poussières contenant des matières radioactives en quantités que personne n’a mesurées, ont-elles ajouté. Elles ont également accusé l’industrie d’être la plus grande consommatrice d’eau douce, polluant les cours d’eau et les sources à travers le pays.
Le ministère de la Santé a déjà averti par le passé qu’une telle mine pourrait entraîner une augmentation « déraisonnable » des taux de morbidité et de mortalité dans la région.
Le maire de Dimona, Benny Biton, fait partie des partisans du projet.
En 2022, le gouvernement Bennett avait déclaré qu’aucune décision concernant Sadeh Barir ne serait prise avant la tenue d’une discussion interministérielle visant à examiner en profondeur la politique de l’État en matière d’exploitation minière du phosphate, y compris ses impacts sanitaires, environnementaux et économiques.
Dix-sept organisations écologistes ont signé une lettre demandant la suspension du dégel du projet et l’annulation de la décision prise sous le Premier ministre Naftali Bennett. Elles affirment que les données fournies sur les réserves de phosphate, les implications économiques et l’emploi, ainsi que les impacts environnementaux, proviennent toutes de l’industrie.
« Il s’agit d’une politique taillée sur mesure pour atteindre un seul objectif : maximiser les profits d’ICL », ont-elles déclaré.
Selon elles, renverser le projet du gouvernement Bennett visant à examiner l’exploitation minière du phosphate « remettrait le projet sur les rails ». Elles ont ajouté que cette décision serait prise « sous le radar », alors que l’opinion publique est préoccupée par la guerre, et qu’elle aura des répercussions sur la vie humaine, la santé publique et l’image du Néguev pendant de nombreuses années.
Rotem Amfert, désormais renommée ICL Rotem, l’entreprise qui extrait des phosphates pour l’industrie des engrais, est responsable de l’une des pires catastrophes environnementales qu’ait connue Israël. Le 23 juin 2017, le mur d’un bassin d’évaporation s’est effondré, déversant entre 100 000 et 250 000 m³ d’eaux usées hautement toxiques dans le Nahal Ashalim, situé au sud-ouest de la mer Morte.
Selon le ministère de l’Environnement, au moins treize bouquetins, soit un tiers de la faune locale, ainsi que de nombreux renards et oiseaux ont été retrouvés morts dans les deux semaines qui ont suivi la fuite.
ICL Rotem est également mise en cause dans le plus grand recours collectif environnemental jamais intenté en Israël. Ce recours lui reproche, ainsi qu’à une autre société du groupe ICL, Dead Sea Periclase Ltd., d’avoir laissé des dizaines de millions de mètres cubes d’effluents industriels, dont certains radioactifs, contaminer une nappe phréatique et les eaux d’Ein Bokek, un site touristique très fréquenté situé près de la mer Morte.
Le ministère de l’Énergie a déclaré dans un communiqué que le projet Sadeh Barir serait examiné conformément aux directives relatives à l’évaluation de l’impact environnemental, qui seraient déterminées par le Conseil national pour la Planification et la Construction. Cette évaluation, a-t-il ajouté, comprendrait « un examen approfondi de tous les impacts potentiels ».
Le ministère s’est engagé à ne prendre de décision « qu’après un examen approfondi et étayé par des données » et, si nécessaire, à également examiner une politique actualisée sur l’exploitation minière du phosphate.
La société ICL n’a pas souhaité s’exprimer.
la Communauté du Times of Israël !







