Le Shin Bet aurait alerté Zini sur l’extrémisme d’un proche parent en Cisjordanie
La Division juive aurait demandé au général, avant sa nomination par Netanyahu, d’intervenir auprès d’un parent impliqué dans des activités extrémistes
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Le candidat du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête du Shin Bet, le général David Zini, a été informé par l’agence de sécurité qu’elle détenait des renseignements sur l’un de ses proches concernant des activités extrémistes en Cisjordanie, selon des informations diffusées mercredi.
Un officier supérieur de la Division juive du Shin Bet, qui enquête sur les violences commises par des résidents d’implantations israéliennes et d’autres actes de violence nationaliste juive, aurait averti Zini que l’agence avait recueilli des « informations troublantes » sur un « parent très proche » lors d’une enquête sur l’extrémisme juif en Cisjordanie, a rapporté la chaîne N12.
Cet appel téléphonique aurait eu lieu juste avant que Netanyahu n’annonce son intention de nommer Zini au poste de chef des services de renseignement intérieur, en mai, toujours selon le même reportage.
Ce dernier indique en outre que Zini a été invité à prendre contact avec son parent afin de « calmer le jeu » et à garder un œil sur ce membre de sa famille.
Le reportage ajoute qu’il est courant pour la Division juive du Shin Bet de contacter les familles de personnes soupçonnées d’activités extrémistes et violentes en Cisjordanie, afin de les avertir des agissements de leurs proches et de leur demander de surveiller ces derniers de près.
Le lien exact entre Zini et ce « parent très proche », ainsi que la nature précise des activités suspectes, n’ont pas été précisés.
Zini, père de 11 enfants, était jusqu’à récemment à la tête du commandement de l’entraînement et du corps d’état-major de Tsahal. Il avait également pour mission d’encourager la conscription des soldats haredim dans l’armée. Il a été limogé après avoir discuté avec Netanyahu de sa future nomination au Shin Bet, à l’insu du chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Personnage controversé en raison de ses opinions « messianiques », comme il les qualifie lui-même, Zini aurait suscité de vives réticences au sein du Shin Bet, certains responsables ayant menacé de démissionner s’il prenait la direction de l’agence.
Il a par ailleurs affirmé, lors d’échanges privés avec d’anciens hauts responsables de la sécurité, que « le système judiciaire est une dictature qui gouverne l’État d’Israël ».
Zini a été nommé par Netanyahu à la tête de l’agence en mai, mais cette décision a immédiatement provoqué la controverse, le limogeage de l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, étant déjà au cœur d’un vif débat.
Bar a quitté son poste à la tête du Shin Bet le 15 juin, après que Netanyahu a tenté de le limoger dans le cadre d’un conflit amer qui s’est retrouvé devant la Haute Cour. Fin avril, Bar avait toutefois annoncé qu’il démissionnerait à cette date afin d’assurer une transition ordonnée.
Il avait été démis de ses fonctions par un vote du cabinet le 21 mars, Netanyahu affirmant avoir perdu confiance en sa capacité à diriger après le pogrom du 7 octobre. Depuis, il a été remplacé par son ancien adjoint, surnommé « Shin », qui assure l’intérim à la tête de l’agence de sécurité jusqu’à ce que Zini ou une autre personne soit officiellement nommé à ce poste.
Des associations de surveillance du gouvernement ont saisi la Haute Cour contre ce limogeage, soutenant qu’il était motivé par l’opposition de Bar à Netanyahu sur plusieurs dossiers clés, et non par des raisons professionnelles.
En mai, la Cour suprême a jugé que Netanyahu avait agi illégalement en recommandant au cabinet de limoger Bar, soulignant que les enquêtes du Shin Bet sur des proches du Premier ministre dans le cadre du « Qatargate » et d’affaires de fuite de documents plaçaient Netanyahu en situation de conflit d’intérêts et l’empêchaient de participer à une telle décision.
Le débat sur les nominations à la tête du Shin Bet a cristallisé les tensions au sein de l’opinion publique : les opposants au gouvernement accusent Netanyahu de vouloir entraver les enquêtes de l’agence sur ses conseillers, tandis que la coalition et ses partisans estiment que le procureur général et la Cour dépassent leurs prérogatives et cherchent à supplanter l’autorité d’un gouvernement élu.
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