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L’économie d’Israël sérieusement menacée par le financement des Haredim et d’autres groupes – chercheur

Le professeur Dan Ben-David a révélé que les subventions versées aux ultra-orthodoxes ont dépassé, en 2024, les fonds alloués aux hôpitaux et à l’enseignement supérieur réunis

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des étudiants de yeshiva étudient à la yeshiva Kamenitz à Jérusalem, le 19 août 2026. (Crédit: Chaim Goldberg/Flash90)
Des étudiants de yeshiva étudient à la yeshiva Kamenitz à Jérusalem, le 19 août 2026. (Crédit: Chaim Goldberg/Flash90)

Une nouvelle étude a averti que la viabilité à long-terme d’Israël en tant qu’économie avancée était menacée dans la mesure où le pays repose sur un secteur technologique en déclin, tandis que les niveaux d’éducation s’effondrent et que les changements démographiques ont tendance à favoriser ceux qui ne possèdent pas les compétences nécessaires pour contribuer à l’économie du 21e siècle.

Évoquant les priorités politiques qui, d’une dimension nationale, ont pris une dimension sectorielle au cours des dernières années, le professeur Dan Ben-David, président et fondateur de l’institut indépendant Shoresh pour la recherche socio-économique, a souligné qu’en 2024, le gouvernement avait dépensé 37,5 milliards de shekels en subventions, prestations et autres réductions destinées à la communauté ultra-orthodoxe, dont un grand nombre de membres ne travaillent pas et ne servent pas au sein de Tsahal.

Un montant qui a dépassé de 10,83 milliards de shekels, cette année-là, les investissements qui ont été consentis par l’État dans les hôpitaux et dans l’enseignement supérieur réunis.

Toujours en 2024, la productivité du travail en Israël s’est classée à la traîne de tous les pays du G7 à l’exception du Japon, selon Ben-David. Elle a affiché un retard de 34 % par rapport à l’Allemagne, de 30 % par rapport aux États-Unis, de 28 % par rapport à la France et de 20 % par rapport à l’Italie. Si l’année avait été marquée par une mobilisation massive de réservistes dans le contexte de la guerre à Gaza, la productivité du travail n’avait pas connu de variation significative par rapport au chiffre de 2022.

Ben-David a expliqué que les décennies d’investissements publics dans les infrastructures nationales – qui avaient permis à Israël de combler son retard en matière de productivité, voire de dépasser les pays du G7 au milieu des années 1970 – ont désormais connu un revirement, entraînant un sous-investissement dans les infrastructures physiques, dans les soins de santé, dans l’enseignement supérieur et dans le capital humain nécessaire pour maintenir un niveau de vie élevé.

Il a rejeté les affirmations – souvent faites – qui ont pu laisser entendre que les dépenses exceptionnellement élevées en matière de défense en Israël étaient susceptibles d’expliquer les déficits d’investissement dans le secteur civil, déclarant : « Le problème n’a jamais été un manque de ressources, mais un détournement des fonds publics des priorités nationales vers des priorités sectorielles et personnelles de la part des responsables du pays ».

« Le problème n’a jamais été un manque de ressources, mais un détournement des fonds publics des priorités nationales vers des priorités sectorielles et personnelles de la part des responsables du pays ».

Il a ajouté que « pendant des décennies – jusqu’à ces dernières années, lorsque le monde développé est entré dans la Grande Récession (de fin 2007 à mi-2009) – les dépenses civiles d’Israël avaient dépassé ou égalé la moyenne de l’OCDE ».

Le professeur Dan Ben-David, directeur de l’Institut Shoresh pour la recherche socio-économique, sur une photo non datée. (Autorisation : Institut Shoresh pour la recherche socio-économique)

Éducation

Ben-David a souligné que les résultats moyens qui ont été obtenus par Israël en mathématiques, en sciences et en lecture se situaient parmi les plus faibles de l’OCDE lors de la dernière édition (2025) de l’enquête PISA, comme cela avait déjà été le cas au cours des deux dernières décennies. (Les résultats de 2025 ont été les pires jamais enregistrés par l’État juif).

La moyenne nationale aurait été encore plus lamentable si les jeunes garçons utra-orthodoxes, qui ont tendance à ne pas étudier les matières du tronc commun, avaient été pris en compte, a-t-il fait remarquer.

Il a ajouté qu’environ la moitié des enfants — notamment les arabes israéliens, les haredim et les élèves des périphéries géographiques et sociales d’Israël, qui appartiennent aux groupes de population qui connaissent la plus forte croissance — bénéficiaient d’une éducation inférieure à la moyenne.

Des enfants juifs ultra-orthodoxes font la fête autour d’un feu de joie quelques jours avant la fête juive de Lag BaOmer, dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 3 mai 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Lorsqu’ils constitueront la moitié des adultes, puis à terme la majorité, ils ne pourront maintenir qu’une économie de pays du tiers-monde, qui ne sera pas en mesure de financer un système de santé ou une protection sociale dignes du premier monde, ni la défense nécessaire à la survie physique d’Israël », a-t-il averti.

Entre 1988 et 2025, la part des élèves du primaire scolarisés dans la branche de l’enseignement juif laïque, à Jérusalem seulement, est passée de 33 % à 9 %.

En 2025, les Arabes représentaient 37 % des élèves du primaire de la capitale, et les Haredim les 41 % supplémentaires.

« Lorsqu’ils constitueront la moitié des adultes, puis à terme la majorité, ils ne pourront maintenir qu’une économie de pays du tiers-monde, qui ne sera pas en mesure de financer un système de santé ou une protection sociale dignes du premier monde, ni la défense nécessaire à la survie physique d’Israël »

Démographie

Le taux de fécondité des Haredim est trois fois plus élevé que celui de presque tous les autres groupes de population en Israël, a noté Ben-David. Il est supérieur de plus de 80 % à celui des Juifs appartenant au courant national-religieux ; il représente plus du double de celui des musulmans (qui est en chute libre depuis deux décennies) et il est trois fois supérieur à celui des Juifs des filières traditionnelle et laïque.

Alors que les haredim ne représentaient que 6 % de la population âgée de 50 à 54 ans en 2023, leurs petits-enfants constituaient 26 % des tout-petits.

Économie

Ben-David a constaté que les taux de l’emploi chez les hommes ultra-orthodoxes sont passés de plus de 80 % en 1979 (première année où ce type de données a été enregistré) à environ 60 % ces dernières années, une tendance qu’il attribue aux incitations gouvernementales à ne pas travailler.

Il a déclaré que, si un plus grand nombre de haredim poursuivaient des études supérieures, rares étaient ceux qui parvenaient à surmonter le manque d’éducation de base délivrée pendant l’enfance. Compte tenu de la croissance rapide de ce secteur de la population, les compétences de la future main-d’œuvre du pays « se forgent – et se limitent – des décennies avant que ces enfants n’entrent sur le marché du travail », a-t-il expliqué.

Alors que le secteur technologique, qui ne représente que 10 % de la main-d’œuvre, affiche une productivité supérieure de 22 % à la moyenne de l’OCDE, les 90 % restants de la main-d’œuvre israélienne affichent une productivité inférieure de 24 % en moyenne.

Seulement 20 % des travailleurs financent 93 % de l’ensemble des recettes de l’impôt sur le revenu, tandis que la moitié gagne trop peu pour payer le moindre impôt sur le revenu, a constaté Ben-David.

Il a indiqué, dans le même temps, que les citoyens arabes et ultra-orthodoxes — et en particulier ces derniers — reçevaient davantage que ce qu’ils ne sont en mesure de contribuer.

Publié avec l’autorisation du professeur Dan Ben-David.

Fuite des cerveaux

Le plan de refonte radicale du système judiciaire controversé qui avait été avancé par le gouvernement au mois de janvier 2023, suivi des conflits sur plusieurs fronts qui avaient été déclenchés par le pogrom perpétré par le Hamas, le 7 octobre de la même année, aura entraîné une augmentation du nombre d’émigrants israéliens — dont un grand nombre étaient des professionnels hautement qualifiés — qui dépasse de 160 % celui des rapatriés, a fait valoir Ben-David.

Auparavant, entre 2009 et 2022, le nombre annuel d’émigrants dépassait celui des rapatriés de 43 % (à l’exception de l’année 2020 qui avait été marquée par la pandémie de COVID-19).

Publié avec l’autorisation du professeur Dan Ben-David.

Parmi les recommandations faites par Ben-David, fusionner les quatre filières éducatives actuelles — écoles publiques laïques, religieuses, arabes et haredim indépendantes (qui bénéficient de niveaux de soutien public variables) — en une seule branche et imposer un programme scolaire largement uniforme, tout en laissant une marge de manœuvre aux préférences des parents. Il conseille aussi de réorienter le financement public des priorités sectorielles vers des priorités nationales, tout en garantissant une transparence publique totale.

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