Rechercher

Les dispensaires de Gaza pourraient fermer, faute de stocks de fournitures d’urgence – enquête

L'inspection de 28 sites, bon nombre répondant au Hamas, entre octobre et décembre 2024 conclut que le système de santé est en ruine ; le COGAT a aidé à établir 13 hôpitaux de campagne

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Un Gazaoui, blessé par balle en attendant l'arrivée des camions d'aide humanitaire dans le nord de la bande de Gaza via le passage de Zikim, à son arrivée à l'hôpital al-Shifa, le 27 juillet 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)
Un Gazaoui, blessé par balle en attendant l'arrivée des camions d'aide humanitaire dans le nord de la bande de Gaza via le passage de Zikim, à son arrivée à l'hôpital al-Shifa, le 27 juillet 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Les centres médicaux improvisés (MP) de Gaza, des dispensaires de fortune installés dans des tentes et des abris temporaires — certains relevant du ministère de la Santé dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, d’autres gérés par des associations à but non lucratif ou des équipes bénévoles — peinent à fournir ne serait-ce que les premiers secours en raison d’une grave pénurie de médicaments, d’équipements et de personnel qualifié, rapporte une étude publiée mercredi dans la revue scientifique en libre accès PLOS Global Public Health, publiée par le PLOS (Public Library of Science).

PLOS Global Public Health est présenté sur son site web comme « un forum en libre accès pour la recherche qui transcende les disciplines et les frontières régionales ». L’enquête met en évidence la manière dont ces petites unités, créées pour remplacer les hôpitaux, ont été dégradées et submergées pendant près de deux ans de guerre, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.

Israël a répondu à ce rapport d’étude en affirmant qu’il continuait à faciliter l’entrée de fournitures médicales dans la bande de Gaza, tout en restant en contact permanent avec les groupes d’aide humanitaire.

La situation du secteur sanitaire à Gaza a été au cœur d’une controverse internationale tout au long du conflit actuel. Israël a frappé à plusieurs reprises des installations médicales et leurs environs. Ces opérations ont été condamnées tant par les organisations humanitaires que par les gouvernements étrangers.

Toutefois, l’armée israélienne rappelle régulièrement que le Hamas viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

En août, Tsahal a mené des frappes sur l’hôpital Nasser, de Khan Younès, auraient fait au vingt morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont des secouristes et quatre journalistes. Des images ont montré des personnels de secours, arrivés sur le site d’une première attaque, ensevelis sous la fumée et sous les débris alors qu’une deuxième frappe était déclenchée.

Le second projectile tiré par l’armée israélienne sur une cage d’escalier à l’extérieur de l’hôpital Nasser, quelques minutes après un premier tir sur le bâtiment, à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 25 août 2025. (Crédit : Capture d’écran/UGC via AP)

Israël insiste sur le fait que le Hamas occupe systématiquement les hôpitaux de Gaza, les transformant en quartiers généraux et les privant ainsi de la protection qui leur est garantie par le droit international.

Des documents du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité nationale du Hamas, datant de 2020 mais déclassifiés par Tsahal la semaine dernière et rendus publics par NGO Monitor, corroborent cette affirmation. Ces dossiers détaillent la manière dont le Hamas utilise des hôpitaux pour héberger ses terroristes, organiser des réunions de direction et mettre en place une infrastructure de communication sécurisée, tout en imposant des restrictions aux organisations humanitaires internationales afin d’empêcher la divulgation de ses activités terroristes.

L’étude PLOS a documenté de manière très détaillée la réalité du système de santé en ruine à Gaza.

Entre octobre et décembre 2024, des chercheurs ont enquêté dans 28 dispensaires situés dans toute l’enclave. Ils ont constaté que les établissements de fortune étaient paralysés par des pénuries qui empêchaient bon nombre d’entre eux de fournir des soins sûrs et efficaces. Les médicaments vitaux tels que l’insuline, les traitements contre le cancer et les médicaments contre l’épilepsie étaient quasiment introuvables, tandis que les antibiotiques, les médicaments pour les troubles psychiatriques et même des analgésiques de base étaient rarement disponibles.

Une Gazaouie réconfortant un enfant, à l’hôpital Nasser, à Khan Younès, le 31 août 2025. (Crédit : AFP)

Le matériel était tout aussi rare. Seuls quelques dispensaires disposaient d’un approvisionnement en oxygène, et seuls deux avaient des réfrigérateurs fonctionnels pour stocker les vaccins ou les médicaments thermosensibles. Les fournitures pour les traumatismes, notamment les kits de suture et le matériel de stérilisation, faisaient défaut dans de nombreux endroits. Dans certains cas, les unités fonctionnaient sans même disposer des installations sanitaires de base, sans savon, sans désinfectant ni système d’évacuation des eaux usées.

« La grave pénurie d’équipements médicaux de première nécessité […] limite considérablement la capacité des dispensaires à assurer des soins adéquats, en particulier pour les patients traumatisés et dans un état critique », ont écrit les auteurs du rapport.

« L’absence de ces fournitures contribue probablement à des décès qui auraient pu être évités. »

Il est également fait état de la surcharge de travail du personnel. Avec une moyenne de seulement sept employés par dispensaire, les sites traitent en moyenne 117 patients par jour. Les deux tiers du personnel déclarent n’avoir reçu aucune formation depuis leur embauche, et beaucoup n’ont accès à aucun soutien psychosocial alors qu’ils travaillent dans un contexte de stress permanent. Les salaires sont irréguliers, voire inexistants dans certains cas.

Au moins un agent de santé a été tué et plusieurs autres ont été blessés lors d’une frappe aérienne de Tsahal, et deux bâtiments ont été directement touchés pendant la période couverte par l’enquête.

Les services fournis étaient inégaux et limités. Presque tous les sites dispensaient des soins de base et pédiatriques, mais moins de la moitié avaient un service de traumatologie ou une maternité. Les soins de santé mentale étaient « quasi inexistants », malgré un besoin généralisé. Les campagnes de vaccination, les examens prénataux et les programmes nutritionnels n’étaient disponibles que de manière sporadique.

Ces conclusions coïncident avec un rapport publié le 10 septembre par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui décrit le système de santé de Gaza – géré et contrôlé par le Hamas – comme « submergé par l’afflux massif de blessés » et confronté à une grave pénurie de sang.

Le 7 septembre, le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, a lancé un appel urgent au don de sang après que la dernière livraison de 6 000 unités dans la bande de Gaza, reçue le 4 août, a été écoulée en vingt jours. Les responsables humanitaires du Hamas estiment que Gaza a besoin de 350 unités par jour, mais le nombre de donneurs a chuté en raison d’une malnutrition, des maladies et des déplacements de population répétées.

Des Gazaouis donnant leur sang à l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 novembre 2023. (Crédit : Mohammed Dahman/AP Photo)

Le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) a également mis en garde contre les « conséquences catastrophiques » pour les femmes et les fillettes si les combats se poursuivent dans l’enclave. Quatre hôpitaux et 23 dispensaires assurant des soins obstétriques et néonatals dans Gaza-City ont été décrits comme étant « menacés de fermeture imminente », tandis que les établissements du sud ont déjà atteint leurs limites en termes de capacité d’accueil. Selon les données de l’ONU, plus de 465 femmes ont accouché en dehors des hôpitaux au cours des sept premiers mois de 2025, souvent sans aucune assistance médicale.

Afin de tenter de pallier cette insuffisance, le FNUAP et ses partenaires ont ouvert en août une nouvelle maternité de campagne équipée pour pratiquer des césariennes et des interventions chirurgicales gynécologiques. Ils ont également livré six camions remplis de kits de santé sexuelle et reproductive afin de garantir plus de 200 000 services de santé sexuelle et reproductive.

Fatima Arfa, une gazaouie enceinte et déplacée, passant un examen médical, à l’hôpital al-Helou, dans Gaza-City, au nord de la bande de Gaza, le 10 juillet 2025. (Crédit : Ebrahim Hajjaj/Reuters)

Ces mesures d’urgence restent toutefois précaires. Le 8 septembre, Medical Aid for Palestinians (MAP), une organisation caritative britannique qui fournit des services médicaux en Cisjordanie, à Gaza et au Liban, a signalé qu’un dispensaire qu’elle soutenait par l’intermédiaire de son partenaire, l’organisation sanitaire Ard El Insan basée à Gaza, avait été contraint de fermer après avoir été endommagé par une frappe aérienne lancée à proximité.

En réponse aux conclusions du PLOS et aux critiques plus générales, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) a déclaré qu’Israël continuait à faciliter le transfert de l’aide humanitaire vers Gaza, y compris les fournitures médicales et les médicaments. Selon l’organe du ministère israélien de la Défense, plus de 3 500 tonnes de matériel médical sont entrées dans l’enclave ces dernières semaines, les livraisons ayant été coordonnées à l’avance et effectuées en coopération avec des groupes d’aide internationaux.

Le COGAT a également indiqué que Tsahal était en contact régulier avec les organisations internationales travaillant à Gaza afin de soutenir les hôpitaux et les installations sur le terrain, et s’est engagé à ce qu’Israël continue d’autoriser l’entrée de matériel médical conformément au droit international.

Dans un communiqué en réponse à une lettre publiée plus tôt cette année par l’Association médicale israélienne (IMA) demandant un meilleur accès aux fournitures médicales, le COGAT a précisé qu’il avait aidé des organisations humanitaires internationales à mettre en place treize hôpitaux de campagne dans la bande de Gaza, équipés des fournitures essentielles.

Un camion transportant de l’aide humanitaire, sur une route à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 août 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Dans le même temps, le COGAT a souligné que des mesures étaient prises pour empêcher le Hamas de détourner les fournitures humanitaires à des fins terroristes.

Des critiques affirment toutefois qu’il faut faire davantage pour protéger les civils des répercussions plus larges de la guerre.

« Ce que nous voyons à Gaza-City n’est pas un dommage collatéral ; c’est le résultat prévisible et évitable des politiques et actions délibérées d’Israël qui nuisent aux civils et aux soins de santé, en violation du droit international humanitaire », a déclaré Fikr Shalltoot, directrice de MAP Gaza.

« Le Royaume-Uni et les autres gouvernements ne doivent pas continuer à rester les bras croisés alors que des civils sont bombardés, affamés et privés systématiquement de l’aide vitale », a-t-elle déclaré.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.