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Des documents du Hamas révèlent son usage des hôpitaux de Gaza

Les rapports de 2020 indiquent que les dirigeants terroristes se réfugiaient dans les hôpitaux de Gaza pendant les périodes d’escalade, transformant ces lieux en bases militaires

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Une infographie de l'emplacement d'une frappe sur un centre de commandement du Hamas, à l'hôpital Al-Ahli, à Gaza-City, le 13 avril 2025. (Crédit : Armée israélienne)
Une infographie de l'emplacement d'une frappe sur un centre de commandement du Hamas, à l'hôpital Al-Ahli, à Gaza-City, le 13 avril 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Des documents du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité du groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, datant de 2020, ont été rendus publics. Ils détaillent comment l’organisation terroriste exploite depuis longtemps les installations médicales du territoire à des fins militaires.

Deux documents déclassifiés par Tsahal et récemment portés à l’attention du public par l’organisation NGO Monitor décrivent en détail comment le Hamas a utilisé les hôpitaux de Gaza à ses propres fins, en y abritant ses terroristes et ses dirigeants.

L’usage des hôpitaux par le Hamas a attiré une attention accrue dans le contexte de la guerre à Gaza, alors qu’Israël fait l’objet de critiques internationales pour ses opérations menées dans et autour de ces établissements.

Depuis le début de la guerre, déclenchée lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel ses terroristes ont assassiné plus de 1 200 personnes et enlevé 251 autres, emmenées en otages dans l’enclave, le groupe terroriste mène des combats depuis l’intérieur des hôpitaux et les tunnels creusés en dessous, et y cache des otages. Le droit international interdit en principe de prendre pour cible des hôpitaux en temps de guerre, mais cette protection peut être levée s’ils sont utilisés à des fins militaires.

NGO Monitor a affirmé que les documents ministériels démontrent la stratégie délibérée du Hamas consistant à « intégrer son infrastructure militaire, ses terroristes et ses dirigeants dans les hôpitaux et les installations médicales de Gaza », « violant ainsi le droit international et mettant en danger la vie des civils ».

Dans un document du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité nationale du Hamas daté du 25 février 2020, le mécanisme de sécurité intérieure de Gaza, relevant de ce ministère, indiquait que le ministère de la Santé de Gaza était l’un des plus grands organismes gouvernementaux du territoire.

Un soldat de Tsahal montre des médicaments destinés aux otages détenus à Gaza trouvés par les troupes à l’hôpital Nasser de Khan Younès dans une vidéo publiée par l’armée le 18 février 2024. (Crédit : Capture d’écran)

« Ces installations sont considérées comme présentant un intérêt pour les parties hostiles à la sécurité et comme une source importante de collecte de renseignements, en particulier en temps de guerre, car ces établissements de santé sont un lieu de rassemblement pour les blessés en période d’escalade, et ces blessés [c’est-à-dire les personnes] occupent des postes sensibles dans la résistance », indique le document.

« De plus, ces établissements de santé sont un lieu de rassemblement pour de nombreux dirigeants du mouvement [Hamas] et du gouvernement en période d’escalade », poursuit-il.

Un tunnel du Hamas sous l’hôpital européen de Khan Younès, dans le sud de Gaza, où le dirigeant du Hamas Mohammed Sinwar a été tué, sur une photo publiée par l’armée israélienne le 7 juin 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Le document mentionnait également la présence de terroristes et de forces paramilitaires du Hamas.

Il est indiqué dans le document que l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) France « a choisi la seule salle de l’hôpital Abu Yousef El-Najar qui dispose d’une ligne téléphonique fixe (sécurisée) appartenant à l’activité positive, afin que MSF puisse y travailler séparément ».

Selon NGO Monitor, le mot « positif » est un terme connu pour désigner les Brigades Al-Qassam du Hamas, le nom de la branche armée et paramilitaire du groupe terroriste.

Un second document, daté du 17 mars 2020, détaillait les instructions du Hamas visant à limiter l’accès du personnel des organisations humanitaires étrangères aux hôpitaux et aux établissements médicaux de Gaza afin de les empêcher de croiser des membres du Hamas.

« Ne laissez pas ces associations disposer de leurs propres locaux pour travailler au sein des établissements de santé. Lorsqu’un local est attribué à ces associations, il doit être situé à l’extérieur du bâtiment principal de la clinique ou de l’hôpital, loin des lieux de rassemblement [du Hamas], et uniquement après autorisation des services de sécurité », indique le deuxième document du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité nationale.

« Les membres de l’équipe médicale [du Hamas] de la bande de Gaza doivent intégrer les délégations entrantes, qu’elles travaillent dans des hôpitaux ou dans leurs propres locaux », précise encore le document.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Daniel Hagari avec des armes trouvées par les soldats dans un centre de commandement du Hamas sous l’hôpital Rantisi, à Gaza City, sur une photo publiée le 13 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Ces documents détaillent aussi comment le Hamas impose des procédures d’autorisation très strictes aux organisations médicales étrangères et surveille en permanence leur personnel « afin de garantir le respect des règles et d’empêcher la divulgation des activités du Hamas », selon NGO Monitor.

« Les documents internes du Hamas examinés dans ce rapport révèlent une stratégie systématique visant à militariser le système de santé de Gaza, en utilisant les hôpitaux et les installations médicales comme des extensions de son appareil militaire et sécuritaire », a déclaré NGO Monitor.

Les hôpitaux de Gaza ne sont donc pas seulement des lieux de soins, mais servent également de centres de commandement pour les dirigeants du Hamas, de points de rassemblement pour ses terroristes, de zones de sécurité pour les terroristes blessés et de sites destinés à ses infrastructures de communication sécurisées.

Un tel usage est fondamentalement incompatible avec le principe de neutralité médicale, transformant les espaces humanitaires en installations à double usage, à la fois médicales et militaires.

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