20 morts dans une frappe contre l’hôpital Nasser, dont 4 journalistes
Deux frappes successives ont visé l'hôpital Nasser de Khan Younès, au sud de Gaza ; le chef d'État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a donné l'ordre d'enquêter de toute urgence sur cet incident
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Des frappes menées par l’armée contre l’hôpital Nasser dans la région de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, ont fait au moins 20 morts, dont cinq journalistes, lundi matin, ont fait savoir les médias et le ministère de la Santé placé sous l’autorité du Hamas.
Tsahal a confirmé que les militaires avaient lancé une attaque dans le secteur environ trois heures après les premières informations qui en ont fait état.
Des images ont montré des personnels de secours, arrivés sur le site d’une première attaque, ensevelis sous la fumée et sous les débris alors qu’une deuxième frappe était déclenchée. Des témoins ont noté que des journalistes et d’autres personnes s’étaient également précipités sur le site suite au tout premier assaut.
Une vidéo en direct filmée depuis l’hôpital par Reuters – des images qui étaient alors diffusées par l’un des journalistes qui a perdu la vie lors de l’attaque – s’est soudainement interrompue.
Un responsable militaire a déclaré au Times of Israel que la frappe n’avait pas été menée par l’armée de l’air israélienne, indiquant qu’elle avait probablement été lancée par les forces terrestres.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a ordonné une enquête immédiate, ont ajouté les militaires qui n’ont donné aucun autre détail.
One of the Israeli strikes on the Nasser hospital complex was captured on live video as rescue crews arrived at the scene of an Israeli strike minutes before. pic.twitter.com/uysRPPkl4E
— Trey Yingst (@TreyYingst) August 25, 2025
« L’armée israélienne regrette toute atteinte causée à des [civils] non impliqués et elle ne vise en aucun cas les journalistes », a dit Tsahal, qui a ajouté s’efforcer de « minimiser les dommages susceptibles de leur être causés tout en préservant la sécurité de nos forces ».
Selon l’Association de la presse étrangère, les frappes « ont touché l’escalier extérieur de l’hôpital où les journalistes se postaient fréquemment avec leurs caméras. Elles ont été menées sans avertissement ».
« Nous exigeons une explication immédiate de la part de l’armée israélienne et de la part du bureau du Premier ministre israélien. Nous appelons Israël à mettre fin une fois pour toutes à sa pratique odieuse consistant à prendre pour cible des journalistes », s’est indigné le groupe, portant une accusation qu’Israël nie vigoureusement.
« Cela dure depuis trop longtemps. Trop de journalistes ont été tués sans justification par Israël à Gaza », a poursuivi le communiqué, qui a souligné que « Israël continue d’empêcher les journalistes internationaux d’accéder librement à Gaza ».
« Cela doit être un tournant. Nous appelons les responsables, dans le monde entier, à faire tout leur possible pour protéger nos collègues. Nous ne pouvons pas y arriver seuls », a conclu l’association.
Des journalistes affiliés à Reuters, AP et Al Jazeera tués
Le caméraman Hussam al-Masri, un contractuel de Reuters, a été tué lors de la première frappe, selon des responsables palestiniens. Le photographe Hatem Khaled, également contractuel de Reuters, a été blessé lors d’une deuxième frappe sur l’hôpital, ont-ils indiqué.
« Nous sommes bouleversés d’apprendre la mort du contractuel de Reuters Hussam al-Masri et les blessures infligées à un autre de nos contractuels, Hatem Khaled, lors des frappes israéliennes sur l’hôpital Nasser à Gaza aujourd’hui », a indiqué un porte-parole de l’agence de presse dans un communiqué.
« Nous recherchons de toute urgence plus d’informations et nous avons demandé aux autorités de Gaza et d’Israël de nous aider à obtenir une assistance médicale d’urgence pour Hatem », a ajouté le porte-parole.
استشهاد أربعة صحفيين باستهداف مستشفى ناصر في #غزة
حسام المصري، مصور صحفي مع وكالة رويترز للأنباء.
محمد سلامة، مصور صحفي مع قناة الجزيرة.
مريم أبو دقة، صحفية مع عدة وسائل إعلام بينها اندبندنت عربية وAP.
معاذ أبو طه، صحفي مع شبكة NBC الأمريكية. pic.twitter.com/bphE5WfZbp— Khaled Drareni (@khaleddrareni) August 25, 2025
L’Associated Press s’est dite « choquée et attristée » d’apprendre la mort de Mariam Dagga, 33 ans, journaliste photo indépendante qui travaillait pour l’agence depuis le début de la guerre.
Les responsables de la Santé à Gaza ont expliqué que les deux autres journalistes tués s’appelaient Mohammed Salama, qui travaillait pour la chaîne Al Jazeera basée au Qatar, et Moaz Abu Taha.
Un secouriste figure également parmi les victimes, ont ajouté les responsables de la Santé dans la bande.
Un groupe de journalistes palestiniens fait état de 240 morts depuis le début de la guerre
Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné Israël pour ces frappes, affirmant qu’elles constituaient « une guerre ouverte à l’encontre de la liberté des médias, visant à terroriser les journalistes et à les empêcher de remplir leur devoir professionnel, devoir qui consiste à dénoncer ses crimes au monde entier ».
Selon le groupe, plus de 240 journalistes palestiniens ont perdu la vie lors d’attaques israéliennes depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Ce jour-là, les hommes armés du Hamas avaient commis un pogrom dans le sud de l’État juif, massacrant plus de 1 200 personnes et kidnappant 251 personnes qui avaient été prises en otage à Gaza.
Israël, qui affirme n’avoir aucune politique visant les journalistes, a expliqué que certains des professionnels des médias qui ont été tués pendant la guerre appartenaient aux organisations terroristes au sein de l’enclave côtière. Dans certains cas, l’armée a fourni des documents saisis à des groupes de Gaza où le nom des journalistes était enregistré dans la liste de leurs combattants.
Les hôpitaux ont été le théâtre de nombreux combats pendant la guerre à Gaza.
Le haut responsable du Hamas, Ismail Barhoum, avait été tué lors d’une frappe contre l’hôpital Nasser au mois de mars. Au mois de mai, un éminent journaliste palestinien, accusé d’être un agent du Hamas, avait perdu la vie lors d’une frappe qui avait pris pour cible l’hôpital de Khan Younès.
Selon l’armée israélienne, le Hamas a déjà amené des otages à l’hôpital Nasser. L’hôpital Shifa, dans le nord de la bande de Gaza, a également été utilisé par le Hamas pour retenir certains captifs et il a aussi servi de centre de commandement et de contrôle au début de la guerre. Il a par ailleurs été le théâtre de violents combats entre les terroristes du Hamas et les soldats de l’armée israélienne.
Le COGAT publie des images choquantes montrant le Hamas en train de maltraiter des Gazaouis
Lundi également, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), au sein du ministère de la Défense, a diffusé des images choquantes qui, selon lui, montrent des hommes armés du Hamas « frappant, maltraitant et ouvrant le feu sur des habitants de Gaza dans toute la bande de Gaza ».
Selon le COGAT, ces images ont circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Il n’a pas fourni plus de détails sur ces vidéos.
« Le Hamas incarne l’essence même du mal. Ces images illustrent la manière dont l’organisation terroriste Hamas opprime la population, maltraite les civils et recourt à une violence effrénée contre les personnes afin de maintenir son règne sanglant et de consolider son pouvoir », a déclaré le major général Ghassan Alian, le chef du COGAT, dans un message qui a été posté sur X.
« Le Hamas prouve une fois de plus qu’il ne représente pas les habitants de Gaza — il les gouverne par la force, la peur et la cruauté », a-t-il ajouté.
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