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Les États-Unis inquiets du retrait norvégien de Caterpillar à cause des ventes à Israël

Selon le département d'État, le désinvestissement norvégien de l'entreprise américaine d'engins de construction pour des motifs liés aux droits de l'homme "semble fondé sur des revendications illégitimes"

Vue aérienne de machines Caterpillar sur un parking de Peterson Cat, à San Leandro, en Californie, le 5 août 2025. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images North America/AFP)
Vue aérienne de machines Caterpillar sur un parking de Peterson Cat, à San Leandro, en Californie, le 5 août 2025. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images North America/AFP)

Mercredi, l’administration Trump s’est dite « très troublée » par le désinvestissement du groupe américain d’équipements de construction Caterpillar de la part du fonds norvégien souverain et ses 2 000 milliards de dollars. Elle a ajouté que Washington avait pris contact avec le gouvernement norvégien pour discuter de la question.

Le fonds norvégien et ses 2 000 milliards de dollars, le plus important au monde, géré par la banque centrale norvégienne, a annoncé la semaine dernière son retrait de Caterpillar pour des raisons éthiques liées à l’utilisation des produits de la société par les autorités israéliennes à Gaza et en Cisjordanie.

L’organisme de surveillance éthique du fonds a déclaré que, suivant son analyse, les produits de Caterpillar tels que les bulldozers étaient utilisés par les autorités israéliennes « pour commettre des violations graves et répétées au droit international humanitaire », telles que la « destruction illégale et à grande échelle de biens palestiniens ».

Le fonds a déclaré que Caterpillar n’avait « pris aucune mesure pour les en empêcher ».

Caterpillar n’a pas répondu aux demandes de commentaires suite à la décision du fonds souverain norvégien.

« Nous sommes très troublés par la décision du fonds souverain norvégien, qui parait fondée sur des revendications illégitimes envers Caterpillar et le gouvernement israélien », a déclaré le porte-parole du département d’État américain.

« Nous avons pris directement contact avec le gouvernement norvégien pour évoquer la question. »

L’allié de Trump et sénateur républicain américain Lindsey Graham a suggéré que Washington prenne des représailles en relevant les droits de douane et annulant des visas.

Des bulldozers Caterpillar D9 sont déchargés d’un navire dans le port de Haïfa, le 9 juillet 2025. (Ministère de la Défense)

Le fonds norvégien, alimenté par les très importants revenus pétroliers et gaziers, est investi dans près de 8 400 sociétés et détient 1,5 % des actions cotées dans le monde.

Certains se demandent si, compte tenu des incertitudes entourant la politique économique de Trump, il existe un risque pour les actifs américains de ce fonds, comme par exemple des saisies d’actifs ou un échange de créances.

Interrogé en avril dernier sur ce qu’il pensait de tels scénarios, le PDG du fonds, Nicolai Tangen, a déclaré qu’il ne voyait pas de risque crédible de saisie d’actifs.

Le désinvestissement norvégien de Caterpillar a lieu près de deux ans après le début de la guerre d’Israël contre le Hamas à Gaza, qui a commencé lorsque le groupe terroriste a envahi Israël, le 7 octobre 2023, pour y tuer 1 200 personnes et faire 251 otages.

Selon des images satellites, de vastes étendues urbaines de la bande de Gaza ont été rasées par l’armée israélienne. Israël utilise par ailleurs des bulldozers en Cisjordanie, où il détruit systématiquement le logement des Palestiniens auteurs d’attentats terroristes, tout comme les constructions sans permis.

Dans le cadre des récentes opérations antiterroristes en Cisjordanie, l’armée israélienne a détruit des centaines de structures dans des zones urbaines denses qui ont connu de fréquents affrontements avec l’armée au fil des ans.

Selon l’armée, ces démolitions, menées à l’issue de discussions approfondies et d’un examen minutieux, se sont limitées au plus petit nombre possible.

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