Le fonds souverain norvégien se désengage de Caterpillar et de 5 banques israéliennes
Avant cette décision prise pour des raisons "éthiques", le fonds détenait 1,17 % des parts de l'entreprise de construction dont les équipements sont utilisés par Tsahal ; ses participations dans les banques s'élevaient à 661 M de $
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Le fonds souverain de la Norvège, le plus important au monde avec ses 2 000 milliards de dollars d’actifs, a annoncé lundi qu’il se désengageait du groupe américain d’équipements de construction Caterpillar ainsi que de cinq groupes bancaires israéliens pour des raisons éthiques.
Les cinq banques concernées sont Hapoalim, Leumi, Mizrahi Tefahot, First International Bank of Israel et FIBI Holdings, a indiqué le fonds dans un communiqué.
Le fonds a justifié cette décision par « un risque inacceptable que ces entreprises puissent contribuer à de graves violations des droits humains dans des zones de guerre et de conflit ».
Contactés par courriel, Caterpillar, Hapoalim, First International Bank of Israel et Leumi n’avaient pas encore réagi à cette information au moment de la rédaction de cet article. Mizrahi Tefahot et FIBI Holdings n’ont pas pu être joints.
Selon ses registres, avant son désinvestissement, le fonds détenait une participation de 1,17 % dans Caterpillar, une entreprise évaluée à 2,1 milliards de dollars au 30 juin.
Les participations dans les cinq banques israéliennes étaient évaluées à 661 millions de dollars au total, toujours au 30 juin, selon les données du fonds.
L’instance chargée de la veille éthique du fonds, appelée le Conseil d’éthique, a noté que « selon l’évaluation réalisée par le Conseil, il ne fait aucun doute que les produits Caterpillar sont utilisés pour commettre de graves violations systématiques du droit international humanitaire ».
Les bulldozers fabriqués par Caterpillar « ont été utilisés par les autorités israéliennes pour détruire illégalement à grande échelle des biens palestiniens », a-t-il ajouté.
Selon le Conseil, ces violations ont eu lieu à Gaza et en Cisjordanie, ajoutant que « l’entreprise n’a mis en œuvre aucune mesure pour empêcher une telle utilisation ».
« Alors que les livraisons de ces machines à Israël sont sur le point de reprendre, le Conseil estime qu’il existe un risque inacceptable que Caterpillar puisse contribuer à de graves violations des droits humains dans des situations de guerre ou de conflit. »
Le Conseil – un organisme public créé par le ministère des Finances – vérifie que les entreprises du portefeuille du fonds respectent les directives éthiques fixées par le Parlement norvégien. Le fonds est investi dans quelque 8 400 entreprises à travers le monde.
Il formule des recommandations au conseil d’administration de la Banque centrale, qui a le dernier mot. Le conseil d’administration a approuvé la recommandation du Conseil.
Le 18 août, le fonds norvégien avait annoncé qu’il se désengagerait de six entreprises dans le cadre d’un examen éthique en cours sur la guerre à Gaza et la situation en Cisjordanie, mais il avait refusé à l’époque de nommer les groupes concernés avant la vente des participations.
Dans le secteur bancaire, l’organe de veille éthique avait initialement examiné la pratique des banques israéliennes qui garantissent les engagements des partisans du mouvement pro-implantations en matière de construction de logements dans la région.
Lundi, le Conseil d’éthique a déclaré que toutes les banques exclues avaient « contribué au maintien des colonies israéliennes » en fournissant des services financiers indispensables aux activités de construction dans les implantations israéliennes de Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.
Au début du mois, le fonds avait annoncé la vente de ses participations dans onze entreprises israéliennes, après avoir découvert qu’il avait investi dans un fabricant de moteurs à réaction israélien, alors que la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas se poursuivait à Gaza.
Ces révélations avaient conduit le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, à demander au ministre des Finances et ancien secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, de procéder à un réexamen.
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