Le fonds souverain de la Norvège prévoit de céder d’autres actions israéliennes
En raison de la situation à Gaza et en Cisjordanie, le plus grand fonds souverain au monde a déjà réduit ses participations dans 11 des 61 entreprises dont il est actionnaire
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Le fonds souverain de la Norvège, le plus important au monde avec ses 2 000 milliards de dollars d’actifs, a déclaré mardi qu’il prévoyait de se désengager d’autres entreprises israéliennes, dans le cadre d’une révision de ses investissements dans ce pays, en raison de la situation à Gaza et en Cisjordanie.
Le fonds a annoncé lundi la fin des contrats avec les gestionnaires d’actifs externes chargés d’une partie de ses investissements en Israël, ainsi que la cession d’une partie de son portefeuille dans ce pays, en raison de l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza.
Cet examen a été lancé la semaine dernière à la suite d’articles de presse indiquant que le fonds avait acquis une participation d’un peu plus de 2 % dans un fabricant israélien de moteurs à réaction qui fournit des services à l’armée israélienne, notamment la maintenance d’avions de combat.
Mardi, le fonds a annoncé la vente de sa participation dans la société Bet Shemesh Engines Ltd. (BSEL).
BSEL n’a pas répondu aux demandes de commentaires.
Norges Bank Investment Management (NBIM), une filiale de la Banque centrale de Norvège qui détenait des participations dans 61 entreprises israéliennes au 30 juin, a récemment cédé ses parts dans onze d’entre elles, dont BSEL. Elle n’a pas divulgué le nom des autres entreprises concernées.
« Nous prévoyons de nous désengager d’autres entreprises », a déclaré Nicolai Tangen, PDG de NBIM, lors d’une conférence de presse mardi.
Le fonds a commencé à investir dans BSEL en novembre 2023, soit environ un mois après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza, a précisé Tangen. Le fonds a refusé de nommer le gestionnaire de portefeuille externe.
Depuis lors, NBIM a tenu des réunions trimestrielles avec Bet Shemesh Holdings, mais la guerre contre le Hamas à Gaza n’a jamais été abordée.
« Nous avons discuté de leurs activités aux États-Unis, pas de la guerre à Gaza », a déclaré Tangen, ajoutant que le fonds avait classé BSEL comme une action « moyennement risquée » sur le plan éthique.
BSEL a ensuite été reclassée comme action à haut risque en mai. Selon Tangen, ce changement aurait dû intervenir plus rapidement et NBIM aurait dû exercer une surveillance plus étroite sur ces investissements dès le départ.
« Nous aurions dû réagir plus rapidement pour reprendre le contrôle de nos investissements en Israël », a-t-il déclaré.
Bénéfice semestriel
Ce fonds, qui gère les revenus de l’État norvégien issus de la production pétrolière et gazière, est l’un des plus grands investisseurs mondiaux, détenant en moyenne 1,5 % de l’ensemble des actions cotées en bourse dans le monde. Il investit également dans des obligations, l’immobilier et des projets liés aux énergies renouvelables.
Mardi, il a annoncé un bénéfice de 68,28 milliards de dollars pour le premier semestre, soit un rendement global de 5,7 %, conforme à son indice de référence.
« Ce résultat s’explique par les bons rendements enregistrés sur les marchés boursiers, en particulier dans le secteur financier », a déclaré Tangen dans un communiqué.
Au cours de l’année dernière, le fonds a vendu ses participations dans une société énergétique israélienne et un groupe de télécommunications pour des raisons éthiques. Son comité d’éthique examine actuellement la possibilité de se défaire de ses participations dans cinq banques.
En juin, le Parlement norvégien avait rejeté une proposition visant à ce que le fonds se défasse de toutes ses participations dans des sociétés ayant des activités en Cisjordanie et à Gaza.
Lundi également, le fonds de pension norvégien KLP a annoncé avoir exclu la société israélienne NextVision Stabilized Systems « de ses investissements, car elle fournit des composants clés pour les drones militaires utilisés dans la guerre à Gaza ».
L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.
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