Rechercher
Interview

L’ex-otage Keith Siegel espère la fin de la guerre et le retour de tous les captifs

Le résident du kibboutz Kfar Aza a évoqué les horreurs vécues en captivité et son besoin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider à la libération des 50 derniers otages

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Aviva et Keith Siegel, après la libération de Keith des geôles du Hamas le 1ᵉʳ février 2025. (Crédit : Autorisation)
Aviva et Keith Siegel, après la libération de Keith des geôles du Hamas le 1ᵉʳ février 2025. (Crédit : Autorisation)

Relâché des geôles du groupe terroriste palestinien du Hamas le 1ᵉʳ février, l’ex-otage Keith Siegel peine à penser à autre chose qu’aux 50 otages toujours détenus à Gaza.

« Je ne pense pas avoir d’autre choix », a-t-il déclaré au Times of Israel lors du podcast Friday Focus.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour les ramener, c’est ce que je ressens au plus profonde de moi-même quand je pense à ces 50 otages. »

Siegel a été capturé le 7 octobre 2023, avec son épouse Aviva, dans leur voiture, alors qu’ils quittaient leur domicile du kibboutz Kfar Aza. Elle a été relâchée en novembre 2023, mais lui n’a été libéré que le 1ᵉʳ février 2025.

Il repense souvent à sa captivité en termes de chiffres :

Il a été retenu en otage pendant 484 jours par des terroristes palestiniens du Hamas et il a passé six mois seul, répartis en trois périodes distinctes, au cours de la période de sa captivité de près de dix-huit mois. Il a parfois été en compagnie de terroristes, parfois complètement isolé.

L’otage Keith Siegel est libéré par le Hamas à Gaza après 484 jours de captivité, le 1ᵉʳ février 2025. (Crédit : Capture d’écran)

Il a été déplacé à 33 reprises et il a passé les deux derniers mois de sa captivité seul, ainsi que les deux dernières semaines dans une pièce fermée à clé. Le 19 janvier, on lui a annoncé qu’il allait être libéré et il est rentré chez lui lui 1ᵉʳ février 2025.

« Pendant notre captivité, nous avons entendu parler de négociations à maintes reprises, et il semblait que nous allions bientôt être libérés, mais cela échouait à chaque fois », a-t-il déclaré.

« Nous craignions que les accords ne soient pas respectés. »

Aujourd’hui, près de six mois après sa libération, Siegel s’est exprimé sur la visite actuelle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Washington, sur les réunions de ce dernier à la Maison Blanche et sur l’espoir possible d’un accord garantissant la libération des otages et un cessez-le-feu permanent.

Voici les éléments de la vie qui lui donnent actuellement de l’espoir : la possibilité d’un accord sur la fin de la guerre à Gaza, qui ouvrirait la porte à la remise en liberté des captifs ; les liens d’amitié qu’il a tissés avec d’autres familles d’otages, ainsi que le soutien immense dont sa famille et les autres familles d’otages ont bénéficié de la part de la population israélienne depuis le 7 octobre.

« J’essaie d’être aussi optimiste que possible, et j’appelle le président Trump, son administration et le Premier ministre Netanyahu à conclure un accord et à le mettre en œuvre dès que possible », a déclaré Siegel.

« ‘Ramenez-les à la maison’ est une façon de parler, mais j’ai vraiment l’impression qu’à chaque instant qui passe, les otages souffrent là-bas. Les 50 otages doivent tous être libérés », a-t-il ajouté.

« Je les exhorte à libérer les 50 otages en même temps. Je suis donc optimiste et plein d’espoir. J’espère vraiment que nous sommes sur le point de parvenir à un accord, mais je crains qu’un accord [partiel] soit conclu, décidant ainsi de qui va revenir et de qui ne va pas revenir. »

L’ex-otage Keith Siegel et des familles d’otages assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 8 juillet 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Si cet accord est conclu, Siegel espère qu’il s’appliquera aux 50 otages, et pas seulement à une liste partielle ne prenant en compte que certains des dix otages encore en vie sur les vingt qui sont présumés vivants et certains des dix-huit otages décédés.

Il a évoqué à plusieurs reprises certains otages, en particulier ceux avec lesquels il a été gardé en captivité et qui sont toujours détenus à Gaza.

Il a mentionné les frères jumeaux Ziv et Gali Berman ; il a été détenu avec Ziv avant d’être seul ; il connaissait les Berman depuis leur plus jeune âge, car ils ont grandi avec ses enfants dans le kibboutz de Kfar Aza.

Siegel a également évoqué Omri Miran et Matan Angrest, deux autres otages avec lesquels il a été détenu il y a plusieurs mois, bien avant d’être relâché et de rentrer chez lui.

Ziv et Gali Berman ont été capturés par des terroristes du Hamas dans leur maison du kibboutz Kfar Aza le 7 octobre 2023. (Crédit : Autorisation)

« J’ai toujours l’impression d’être avec eux. J’ai passé de longues périodes en captivité avec eux, même si cela fait plus d’un an que je ne les ai pas revus », a-t-il déclaré, se souvenant de son temps passé avec Omri et Matan.

Siegel a confié qu’il lui était de plus en plus difficile de parler et de décrire les conditions horribles et les tortures qu’il a subies et dont il a été témoin pendant sa captivité. Il a répété une partie de ce qu’il avait déclaré devant une commission de la Knesset plus tôt cette semaine, à propos d’une femme otage qu’il avait vue être torturée par trois terroristes.

Il n’a pas nommé cette otage, mais il a décrit la manière dont les terroristes l’avaient menacée en appuyant une tige métallique pointue et tranchante contre son front. Les terroristes avaient appelé Siegel dans la pièce pour lui demander de révéler son grade au sein de l’armée israélienne, une position qu’elle n’occupait pas.

« Je ne pense pas pouvoir un jour oublier ce que j’ai vu », a-t-il déclaré.

« Ils ont pointé un pistolet chargé sur sa tête, lui ont ordonné de se mettre à genoux et lui ont dit qu’elle devait avouer, sinon ils la tueraient. »

« Je n’ai rien pu arrêter », a regretté Siegel.

« Il m’est de plus en plus difficile d’accepter le fait que j’étais dans cette situation et que je n’ai pas pu l’empêcher. Le fait de ne pas avoir pu l’empêcher est très difficile à accepter pour moi. »

Il a décrit les blessures et les mauvais traitements infligés à Ziv et Gali, à Omri, ainsi que les blessures et les problèmes respiratoires dont Matan a également souffert, notamment dans les tunnels de Gaza.

Les otages Keith Siegel (à droite) et Omri Miran, dans une vidéo de propagande du Hamas diffusée le 27 avril 2024. (Crédit : Capture d’écran/Telegram)

Malgré la terreur et la tristesse, Siegel se souvient également de moments de bonheur, quand il discutait avec ses compagnons d’infortune de leurs centres d’intérêt, de la musique qu’ils aimaient, de leurs artistes préférés, de leurs familles et de leurs plats préférés.

« Nous devions survivre et passer chaque journée », a-t-il déclaré.

« Nous parlions de ces choses quand nous le pouvions dans cette situation anormale et dangereuse. Il y avait des moments où nous n’avions pas le droit de parler. »

Il a partagé ces souvenirs avec les familles des otages lors de sa rencontre avec elles à son retour en Israël, tentant de les apaiser et de les rassurer.

Il y a toujours chez Siegel un sentiment d’urgence lorsqu’il parle des otages, qu’ils soient morts ou vivants, et de la nécessité de les sauver et de les ramener en Israël.

« Cela fait partie de notre religion », a-t-il déclaré.

« Nous sauvons des vies et ramenons les défunts pour leur offrir un enterrement digne. »

Écoutez l’intégralité de cet entretien ici :

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.