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L’Iran s’engage à rester ferme face aux nouvelles sanctions et aux « complots » américano-israéliens

Des propos qui ont été tenus après que le Guide suprême a ordonné au gouvernement de s'attaquer à la flambée des prix, et que le président a déclaré que des hausses du prix de l'essence seraient nécessaires

Une femme agitant un drapeau iranien sous un panneau d’affichage présentant une illustration appelant à la vengeance contre l’imam Hussein, l’un des saints les plus vénérés de l’islam chiite, et contre le défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, sur une place du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 1er août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Une femme agitant un drapeau iranien sous un panneau d’affichage présentant une illustration appelant à la vengeance contre l’imam Hussein, l’un des saints les plus vénérés de l’islam chiite, et contre le défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, sur une place du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 1er août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Le gouvernement iranien s’est engagé samedi à faire front contre les sanctions américaines et contre les « complots », a-t-il dit, qui ont été ourdis par les États-Unis et par Israël après que les dirigeants de la république islamique ont reconnu que l’économie du pays était en souffrance.

Dans un communiqué qui a été relayé par les médias d’État, le gouvernement iranien a expliqué que la diplomatie et la défense étaient des outils « complémentaires, coordonnés et indissociables » s’agissant de la protection des intérêts nationaux, de la sécurité et de l’intégrité territoriale du pays.

Le gouvernement a fait savoir qu’il mènerait ces deux volets de front et qu’il s’attacherait à endiguer l’inflation, à créer des emplois, à soutenir la production nationale et à réduire progressivement la dépendance vis-à-vis du dollar américain.

Lundi, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait présenté des plans visant à « asphyxier économiquement » l’Iran, mettant en garde contre des conséquences désastreuses pour les pays qui ne se joindraient pas à la campagne américaine.

Ces nouvelles mesures se sont inscrites dans le prolongement d’un régime de sanctions qui a été mis en place par les États-Unis et leurs alliés depuis 2018, date à laquelle le président américain Donald Trump s’était retiré de l’accord international qui avait été conclu avec Téhéran concernant son programme nucléaire.

Washington a averti les pays qu’ils devaient rompre leurs relations commerciales avec l’Iran sous peine de sanctions secondaires – même si le département du Trésor américain s’est abstenu d’imposer des sanctions à l’encontre des principaux partenaires commerciaux de l’Iran, tels que la Chine et l’Inde, ce qui aurait pu avoir des répercussions sur les économies américaine et mondiale.

Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, s’adresse aux journalistes devant la Maison-Blanche à Washington, le 20 août 2026. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

Vendredi, le Trésor a imposé des sanctions à la Banque Misr égyptienne pour ses relations commerciales avec Téhéran, proposant une règle qui priverait les succursales de la banque aux Émirats arabes unis de la possibilité d’effectuer des transactions en dollars. La banque centrale égyptienne a déclaré qu’elle-même et le ministère des Affaires étrangères étaient en contact avec les autorités américaines à ce sujet, ajoutant que la mesure se limitait aux transactions en dollars américains de la Banque Misr – Émirats arabes unis avec ses banques correspondantes uniquement.

Les États-Unis ont également prononcé des sanctions qui visent une entité basée à Hong Kong et une personne liée à la Banque Melli iranienne, selon un avis diffusé sur le site internet du Trésor, dans la journée de vendredi.

Cette vague de sanctions a aggravé les conséquences de la guerre sur l’économie iranienne, où l’inflation annuelle a atteint 66 % le mois dernier.

Le guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei — qui n’est plus apparu en public depuis qu’il a été blessé lors de la première attaque qui, le 28 février dernier, avait coûté la vie à son père et prédécesseur, Ali Khamenei — a appelé vendredi le gouvernement iranien à s’attaquer aux difficultés économiques.

« Il est nécessaire de s’attaquer sérieusement à la série de défis économiques en lien avec les moyens de subsistance, comme l’inflation, le chômage, la gestion des prix et le marché des biens et des services », selon une déclaration écrite qui a été attribuée à Khamenei.

Une personne en deuil scande un slogan tout en brandissant une affiche représentant le Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d’une cérémonie à la mémoire de son père, le défunt Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, à la Grande Mosquée Imam Khomeini de Téhéran, le 14 juillet 2026. (Crédit: AP/Vahid Salemi)

Le président iranien Masoud Pezeshkian a également reconnu dans le cadre d’une interview accordée vendredi aux médias d’État, que les sanctions nuisaient à l’économie iranienne.

« Certains disent que les sanctions n’ont absolument aucun effet ; à ces personnes-là, je ne sais vraiment pas quoi répondre », a déclaré le président, ajoutant : « Nous sommes en situation de guerre, et nous devons accepter ces conditions de temps de guerre ».

Selon Pezeshkian, les exportations et les importations iraniennes ont chuté de 25 à 35 % ces derniers mois en raison du blocus américain qui a été imposé aux ports iraniens, même s’il a précisé que l’Iran avait pu vendre environ 90 millions de barils de pétrole pendant la brève période couverte par le protocole d’accord américano-iranien du mois de juin.

Pezeshkian a dit que le prix de l’essence devait être augmenté en Iran pour compenser la baisse des échanges commerciaux.

« Nous devrions augmenter le prix du quota de troisième niveau… Par exemple, en le faisant passer de 5 000 tomans à 10 000 tomans », a-t-il ajouté.

Un quota qui a fait référence à l’un des différents barèmes de consommation qui déterminent le prix facturé au consommateur iranien. L’Iran, grand producteur de pétrole proposant l’un des carburants les moins chers au monde, subventionne fortement l’essence depuis des années, ce qui rend toute modification des prix politiquement sensible.

Pezeshkian avait indiqué, dans la journée de mercredi, aux médias d’État que les nouvelles sanctions américaines « ne mèneront à rien ».

« Nous resterons fermes face aux pressions économiques, comme nous l’avons fait jusqu’à présent et comme nous continuerons de le faire », avait-il affirmé.

Le président iranien Masoud Pezeshkian présente un protocole d’accord signé avec le président américain Donald Trump, à Téhéran, en Iran, tôt dans la matinée du 18 juin 2026. (Crédit: Bureau de la présidence iranienne via AP)

Toutefois, le vice-président iranien Mohammad Jafar Ghaempanah avait noté, le même jour, que le blocus américain des ports iraniens avait empêché son pays d’importer suffisamment de gaz pour combler le déficit de la production nationale.

Les États-Unis ont mis en place leur blocus au mois d’avril dernier en riposte au blocus iranien qui se poursuit dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième des transports commerciaux mondiaux de pétrole. Les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran ont achoppé sur la question du contrôle du détroit.

L’Iran a bloqué le détroit au début de la campagne de bombardements que les États-Unis et Israël ont lancée contre l’Iran le 28 février dans le but de déstabiliser son régime et de détruire ses programmes balistique et nucléaire.

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