Mandelblit dit ne pas avoir validé toutes les mesures de l’enquête visant Netanyahu
L’ex-procureur général affirme avoir autorisé l’enquête conformément à la procédure, tout en dénonçant certaines initiatives policières. Les ministres du Likud réclament l’annulation du procès
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Dans une scène inhabituelle, l’ancien procureur général Avichaï Mandelblit a témoigné dimanche lors du procès pénal du Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem. Ce dernier est arrivé plus tard dans la matinée pour assister à l’audience.
À son arrivée dans la salle d’audience, Netanyahu a déclaré aux journalistes : « La vérité éclate au grand jour. »
Le président de la Knesset, Amir Ohana, et le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, étaient également présents pour soutenir le Premier ministre, tout comme plusieurs de ses alliés les plus fervents. Ils ont critiqué Mandelblit, qui avait mis Netanyahu en examen en janvier 2020, alors qu’il entrait dans la salle d’audience.
Au cours de l’audience, l’avocat de la défense de Netanyahu, Me Amit Hadad, s’est efforcé de mettre en évidence divers aspects problématiques de la manière dont l’enquête pénale visant Netanyahu avait été menée, ainsi que de la façon dont Mandelblit l’avait gérée.
Me Hadad a réussi à amener Mandelblit à reconnaître devant le tribunal qu’il n’avait pas approuvé chacune des procédures d’enquête menées par la police au cours de l’enquête, et qu’à une occasion, il avait ordonné l’annulation d’une mise sur écoute qu’il n’avait pas approuvée.
Interrogé par Me Hadad, Mandelblit a déclaré avoir critiqué la manière dont la police avait exercé des pressions sur un témoin clé pour l’amener à témoigner contre Netanyahu, mais avoir ordonné qu’aucune enquête ne soit menée sur cet incident, car il ne voulait pas compromettre le processus d’enquête.
Mandelblit a également admis qu’il n’avait pas examiné les 315 exemples de corruption présumée des médias cités dans l’acte d’accusation de l’Affaire 4 000, dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin sous la forme d’une couverture médiatique favorable en échange de décisions réglementaires avantageuses pour Shaul Elovitz, actionnaire majoritaire de Bezeq. Bon nombre de ces exemples ont été discrédités lors du témoignage de Netanyahu.
Mandelblit a toutefois insisté sur le fait qu’il avait approuvé la décision d’ouvrir une enquête sur Netanyahu, comme l’exige la loi, malgré les allégations contraires de Me Hadad.
Netanyahu est jugé dans le cadre de trois affaires de corruption depuis sa mise en examen en janvier 2020.
Il est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les Affaires 1 000 et 2 000 et de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 4 000.
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Le tribunal a recommandé à deux reprises au parquet d’abandonner l’accusation de corruption, estimant qu’elle serait difficile à prouver, mais le parquet a refusé.
À la suite du témoignage de Mandelblit dimanche, plusieurs hauts responsables du Likud, dont le ministre de la Justice Yariv Levin et Ohana, ont appelé à l’annulation du procès. Yariv Levin a réclamé la mise en place d’une commission d’enquête chargée de déterminer comment l’enquête contre Netanyahu avait été menée.
Le Likud a lui-même publié un communiqué, affirmant que le témoignage de Mandelblit prouvait que « le procès contre le Premier ministre était une chasse aux sorcières visant à renverser un Premier ministre de droite fort », et a demandé l’annulation du procès ainsi que l’ouverture d’enquêtes pénales à l’encontre des procureurs.
Au cours d’un échange décisif, Mandelblit a insisté sur le fait qu’il avait approuvé une enquête sur les cadeaux que Netanyahu avait reçus de divers hommes d’affaires, dont Arnon Milchan.
Mais Me Hadad a présenté à l’audience le compte-rendu d’une réunion entre Mandelblit et les procureurs, dans lequel celui-ci déclarait : « Avec tout le respect que je dois au champagne, aux cigares et à un costume… ce n’est pas le type de [cadeaux] dont nous soupçonnons l’existence. Dans ce cas précis [concernant le champagne et les cigares], nous devrons rechercher des circonstances aggravantes, que je ne vois toujours pas ici et qui ne correspondent manifestement pas à ce que j’avais autorisé à l’époque. »
Mandelblit a toutefois réitéré devant le tribunal qu’il avait autorisé l’enquête, le ministère public soulignant que le procureur général de l’époque avait approuvé une telle enquête avant la réunion en question.
Me Hadad avait précédemment souligné les problèmes liés à l’acte d’accusation dans l’Affaire 4 000, notamment les 315 exemples présumés dans lesquels Netanyahu aurait bénéficié d’un traitement de faveur de la part de Walla, détenue par Elovitz, l’actionnaire majoritaire de Bezeq.
Me Hadad a indiqué que l’acte d’accusation initial ne comprenait que quinze exemples de traitement de faveur de la part de Walla, mais qu’un acte d’accusation modifié avait porté ce nombre à 315.
Interrogé sur la question de savoir s’il avait examiné ces centaines d’exemples, Mandelblit s’est montré évasif, mais a admis que les procureurs ne lui avaient pas précisé que Netanyahu lui-même n’avait pas été interrogé sur la grande majorité d’entre eux.
La juge Rivka Feldman-Friedman, qui préside le collège de trois juges chargé de l’affaire, a demandé à Mandelblit s’il n’avait pas vérifié ces éléments, ce qu’il a reconnu.
Dans le cadre de ses efforts pour tenter de mettre au jour les agissements illégitimes de la police au cours de l’enquête, Me Hadad a mis en avant la mise sur écoute de Natan Eshel, alors chef de cabinet de Netanyahu.
L’ancien procureur général a reconnu qu’il n’avait pas autorisé toutes les mesures prises par la police dans le cadre de l’enquête, mais a déclaré que celles-ci étaient licites et qu’il avait approuvé l’ensemble des principales mesures d’enquête.
Interrogé au sujet d’Eshel, Mandelblit a répondu qu’il avait été indigné par cette mise sur écoute et qu’il en avait ordonné l’arrêt immédiat.
Mandelblit a également critiqué la police pour avoir arrêté et interrogé une femme proche du témoin clé, Nir Hefetz, dans le but d’exercer une pression sur ce dernier pour qu’il témoigne contre Netanyahu.
« Je pense que c’était illégitime et répréhensible », a déclaré Mandelblit, tout en ajoutant qu’il n’avait pas ordonné de mesures disciplinaires car il ne souhaitait pas compromettre le processus d’enquête.
Mandelblit a également reconnu qu’il ignorait que la procureure Yehudit Tirosh était présente lors de la réunion au cours de laquelle la police avait approuvé l’utilisation de cette femme pour influencer Hefetz.
« Nous exigeons que le procès soit immédiatement suspendu à l’issue du témoignage de Mandelblit, et qu’il soit classé sans suite, car ces affaires ont été montées de toutes pièces », a déclaré le parti du Likud à l’issue de l’audience.
« Parallèlement, une enquête pénale doit être ouverte sans délai contre tous ceux qui ont agi en violation de la loi : Mandelblit, Shaï Nitzan, Yehudit Tirosh, Liat Ben-Ari, Roni Alsheikh et les enquêteurs impliqués dans la fabrication de ces affaires. »
Levin a qualifié le témoignage de Mandelblit de « honteux » et a déclaré qu’il prouvait que les affaires contre Netanyahu avaient été montées de toutes pièces.
« Ce témoignage prouve non seulement que l’affaire a été montée de toutes pièces dès le départ, mais aussi que Mandelblit n’a même pas pris la peine d’examiner les détails lorsqu’il a entraîné le Premier ministre et le pays tout entier dans une spirale qui se poursuit encore aujourd’hui », a déclaré Levin.
Netanyahu nie toute malversation et soutient que les accusations portées contre lui ont été fabriquées de toutes pièces dans le cadre d’une tentative de coup d’État politique orchestrée par la police et le parquet.
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