Netanyahu exige l’ouverture d’une enquête pénale contre les soldats témoignant dans « NAZA »
Le Premier ministre demande à la procureure générale et aux chefs de Tsahal et du Shin Bet d’identifier les soldats anonymes du film et de les poursuivre pour diffamation et divulgation de secrets
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Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exigé que la procureure générale et les chefs de l’armée israélienne et de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet lancent une enquête sur les soldats ayant témoigné anonymement dans le film « NAZA », consacré aux pertes civiles à Gaza causées par Israël, pour avoir diffusé de « fausses » allégations diffamatoires et « révélé des informations top secrètes ».
Dans une lettre adressée à la procureure générale, Gali Baharav-Miara, au chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, et au chef du Shin Bet, David Zini, Netanyahu a exigé qu’ils « agissent de toute urgence pour dévoiler l’identité de toutes les personnes impliquées ou apparaissant dans ce film diffamatoire ».
Il a également appelé à « l’ouverture d’une enquête pénale et à des poursuites pour infractions graves à la sécurité de l’information, diffamation criminelle et atteinte aux intérêts diplomatiques et de sécurité d’Israël ».
Netanyahu s’était déjà prononcé en faveur de la révocation de la nationalité israélienne des réalisateurs du film.
« NAZA », dont le nom est l’acronyme hébreu de « dommages collatéraux », présente les témoignages de 24 personnes dont le visage a été masqué numériquement. Selon les réalisateurs, il s’agirait de soldats, principalement issus d’unités de renseignement.
Les témoignages présentés dans le film font état de « massacres à l’échelle industrielle » à Gaza, facilités par un système de ciblage alimenté par l’intelligence artificielle et par l’autorisation de frapper avec jusqu’à 500 victimes civiles, depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.
Au début du mois, l’armée a publié un démenti exhaustif de 17 pages concernant ces allégations. Elle y affirme que seuls des êtres humains sont responsables du choix et de l’approbation des frappes à Gaza, que jamais aucune frappe n’a tué ni n’est susceptible de tuer 500 civils, et que cette affirmation est en tout état de cause invérifiable et sans fondement.
Tsahal a également souligné que ses directives « n’ont jamais accordé d’autorisation automatique de frapper des cibles mettant en danger un nombre fixe de civils », comme, par exemple, 20 civils lors d’une attaque visant un agent subalterne ou 200 civils lors d’une attaque visant un commandant de haut rang, contrairement à ce qu’affirme le film.
L’armée a déclaré que le film « présente une image déformée, trompeuse et fallacieuse du processus de planification des cibles et des frappes de Tsahal » et que son récit est « fondé sur des erreurs factuelles substantielles découlant d’une représentation manipulatrice et déformée de la réalité ».
Dans un courrier adressé dimanche à Zini, Zamir et Baharav-Miara, Netanyahu a indiqué qu’il joignait la « réponse sévère » de Tsahal à « NAZA ». Il a décrit le film comme présentant des « témoignages de soldats en service et de soldats démobilisés de l’Unité 8 200 », bien que les réalisateurs n’aient jamais prétendu que toutes les personnes interviewées provenaient de cette unité de renseignement d’origine électromagnétique.
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« Ce film relaie une diffamation mensongère, trompeuse et programmatique qui porte atteinte à la réputation de l’État d’Israël et de l’armée israélienne », a écrit Netanyahu, ajoutant qu’il causait « un préjudice grave à l’image d’Israël sur la scène internationale ».
« Au-delà de ce préjudice grave, on peut craindre que les personnes impliquées dans ce film diffamatoire aient commis de graves infractions pénales en divulguant des informations top secrètes, et aient créé une faille dans la sécurité de l’information d’une unité de renseignement hautement sensible. »
« NAZA » a été présenté en avant-première sous une ovation debout longue de 25 minutes au Festival du film de Venise le 10 septembre, et a remporté le prix spécial du jury du festival. Il est actuellement diffusé dans les salles de cinéma de plus de 50 pays, à l’exception d’Israël, et devrait être disponible en streaming à partir de novembre.
Ce documentaire a été produit par The Guardian et co-réalisé par le journaliste Yuval Abraham, dont les enquêtes publiées dans The Guardian ainsi que dans les médias israéliens de gauche Local Call et +972 constituent la base du film.
Les partisans du gouvernement ont promis de s’en prendre à Abraham et à sa co-créatrice Rachel Szor à leur retour en Israël, et ont manifesté devant le domicile des parents de Szor à Savyon, dans le centre du pays, en scandant : « La peine de mort pour les traîtres. »
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