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Plus de 40 Haredim réfractaires à la conscription arrêtés

Le Premier ministre et les partis ultra-orthodoxes accusent les autorités de chercher à entraver le recrutement des Haredim et à influencer les élections

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu déposant lors des primaires de son parti, le Likud, en vue des élections législatives d'octobre, à Jérusalem, le 17 août 2026. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu déposant lors des primaires de son parti, le Likud, en vue des élections législatives d'octobre, à Jérusalem, le 17 août 2026. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)

Mardi matin, la police militaire a interpellé plus de 40 hommes ultra-orthodoxes à l’aéroport Ben Gurion alors qu’ils rentraient en Israël depuis les États-Unis, pour avoir échappé à la conscription.

Ces hommes sont membres de la communauté Habad-Loubavitch.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé son opposition à ces arrestations.

S’adressant à la station de radio haredi Kol Berama, Netanyahu a déclaré : « Nous devons préserver le monde de la Torah, car c’est lui qui nous a préservés. Ces arrestations constituent une tentative délibérée de nuire au processus de conscription des Haredim sans contrainte. »

Il a toutefois ajouté que « quiconque n’étudie pas dans les yeshivot devrait aller s’enrôler ».

Le Premier ministre a affirmé que sa coalition était « sur le point d’adopter une véritable loi sur la conscription et qu’il ne manquait qu’une seule voix ». On ignore ce qu’il entendait par là, car aucun cas connu ne montre qu’une seule voix ait empêché l’adoption d’un projet de loi.

« Elle pourra être adoptée lors de la prochaine législature, et elle réglera les relations entre les Haredim et les Israéliens laïcs pour des générations », a-t-il ajouté.

« C’est une loi qui préserve à la fois l’univers de la Torah, que je respecte énormément, et qui garantit un nouveau partage des charges. »

La coalition Netanyahu a tenté, de manière très controversée, de faire adopter une législation visant à consacrer les exemptions du service militaire pour la grande majorité des Haredim étudiant en yeshiva, un effort nécessaire pour apaiser ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes, mais très impopulaire au sein d’une grande partie de sa propre base.

Cette législation aurait, en théorie, augmenté la conscription militaire au sein de la communauté haredim, mais aurait finalement permis de maintenir les dispenses pour les étudiants à temps plein en yeshiva. Le projet de loi finalement rédigé a été largement considéré comme juridiquement contestable et truffé de failles, et a suscité une vive résistance, même parmi des membres de la coalition Netanyahu. Finalement, au printemps, le Premier ministre a informé les ultra-orthodoxes qu’il ne disposait pas des voix nécessaires pour le faire adopter.

Récemment, les partis haredim ont déclaré qu’ils ne rejoindraient aucune nouvelle coalition issue des élections tant que cette loi ne serait pas pleinement adoptée.

Interrogé sur cet ultimatum, Netanyahu a répondu : « J’aimerais que nous puissions y parvenir. Pouvons-nous y parvenir avant la formation du gouvernement ? Qui sait ? Cela dépend de la bonne volonté, de la compréhension et de la coopération. Je sais que de nombreux membres de la communauté haredi comprennent qu’il faut un nouveau partage des charges. »

La police militaire avait été informée à l’avance de l’arrivée de ces quarante Haredim à l’aéroport Ben Gurion mardi matin et avait dépêché des agents supplémentaires sur place. Elle avait également prévu un bus pour transporter les personnes interpellées vers un centre de recrutement où elles seront jugées.

Ceux qui accepteront de s’enrôler bénéficieront d’une peine avec sursis et commenceront immédiatement leur service militaire, tandis que ceux qui refuseront seront envoyés en prison militaire.

Le hall des arrivées de l’aéroport Ben Gurion, le 28 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

En réponse à une question, l’armée israélienne a déclaré que les personnes interpellées par la police militaire à l’aéroport « sont tenues de s’enrôler et seront jugées conformément à la loi ».

« La police militaire veille systématiquement au respect de la loi sur le service de défense, y compris aux postes-frontières, en coordination avec les autorités compétentes, notamment l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières », a-t-elle indiqué, ajoutant que Tsahal « appliquera la loi sur le service de défense de manière équitable et veillera au respect de l’obligation de servir ».

Le parti ultra-orthodoxe Shas a accusé la procureure générale, Gali Baharav-Miara, de s’ingérer dans l’élection de la semaine prochaine en donnant pour instruction aux autorités d’arrêter les Haredim réfractaires à la conscription.

Dans un communiqué condamnant ces arrestations, Shas a affirmé que la procureure générale se livrait à une « ingérence politique flagrante et sans précédent dans la campagne électorale » en ordonnant « des arrestations violentes d’étudiants de yeshiva ».

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, lors du vote en séance plénière de la Knesset pour désigner le contrôleur de l’État, à Jérusalem, le 3 juin 2026. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti a également affirmé que ces arrestations violaient la législation temporaire visant à empêcher toute ingérence politique pendant la période électorale.

Au début du mois, Baharav-Miara avait donné pour instruction à Tsahal de reprendre les arrestations des réfractaires à la conscription qui n’avaient pas respecté leurs ordres d’enrôlement, après que l’armée eut reconnu ne pas avoir activement appliqué ces ordres à leur encontre.

Shas a déclaré que le chef de son groupe parlementaire, le député Yinon Azoulay, travaillait, sous les instructions du chef du parti Aryeh Deri, avec de hauts responsables de Tsahal afin d’obtenir la libération immédiate des détenus.

Ces accusations faisaient écho à celles formulées plus tôt dans la journée par le chef du parti Yahadout HaTorah, Yaakov Asher, qui avait lui aussi affirmé, sans preuve à l’appui, que ces arrestations s’inscrivaient dans le cadre d’une campagne à motivation politique visant à intimider les électeurs haredim.

Le député Yaakov Asher, chef du parti Yahadout HaTorah, assistant à l’inauguration du quartier général de campagne électorale du parti, à Jérusalem, le 11 octobre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Les personnes interpellées sont légalement tenues de s’enrôler, et l’armée a déclaré qu’elle appliquait systématiquement la loi sur le service de défense aux postes-frontières, y compris à l’aéroport Ben Gurion.

Asher a accusé les autorités de tenter d’interférer dans les élections de la semaine prochaine en arrêtant des ultra-orthodoxes réfractaires à la conscription. Il affirme, sans preuve, que ces détentions s’inscrivent dans le cadre d’une campagne à motivation politique visant à intimider les électeurs haredim.

« Depuis quelque temps déjà, je mets en garde contre les tentatives visant à perturber le processus électoral » par le biais « d’arrestations inutiles » destinées à « semer la peur et la terreur parmi les Haredim et, par là même, à entraver le processus démocratique des élections », a déclaré le dirigeant du parti ultra-orthodoxe.

Il a affirmé que ces arrestations s’inscrivaient « dans le cadre d’une campagne planifiée » visant à provoquer des manifestations et l’indignation publique à des fins politiques.

« J’appelle le juge [Noam] Sohlberg, président de la commission centrale électorale, à intervenir dans cette affaire et à ordonner à la police de mettre fin à ces arrestations préméditées en cette période si sensible », a déclaré Asher.

« Cela n’apporte rien à l’armée. Cela sert les intérêts des partis politiques dans le cadre de ces élections. »

Asher n’a apporté aucune preuve à l’appui de ses allégations d’ingérence politique. Les personnes détenues sont légalement tenues de s’enrôler et sont placées en détention pour avoir enfreint la loi sur le service de défense, que Tsahal affirme appliquer systématiquement aux postes-frontières, y compris à l’aéroport Ben Gurion.

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