Reconnaissance d’un État palestinien: Starmer et Carney critiqués sur leur sol
Les chefs de l'opposition des deux pays qualifient cette "désastreuse" reconnaissance de récompense pour le terrorisme et de trahison envers les 48 otages toujours détenus à Gaza
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Les dirigeants du Royaume-Uni et du Canada ont été la cible de critiques dans leur pays dimanche après avoir officiellement annoncé que leurs pays reconnaissaient un État palestinien, à l’instar du Portugal et de l’Australie.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a immédiatement condamné ces annonces, déclarant qu’il réfléchissait à la réponse à apporter à ces pays. Il a affirmé avec force qu’un État palestinien ne verrait jamais le jour.
Mais la contestation est également venue de l’intérieur-même des deux nations.
Kemi Badenoch, la dirigeante du Parti conservateur britannique, a qualifié la décision de son pays « d’absolument désastreuse » dans un message publié sur le réseau social X.
« Le Royaume-Uni regrettera le jour où cette décision a été prise », a répondu Badenoch à l’annonce de cette reconnaissance par le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
Cette décision « laisse les otages languir à Gaza et ne fait rien pour mettre fin aux souffrances des innocents pris dans cette guerre », tout en « récompensant le terrorisme sans imposer aucune condition au Hamas », a-t-elle ajouté.
Le chef du parti de droite Reform UK, Nigel Farage, a également condamné cette annonce lors d’une conversation avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, dimanche soir, a écrit ce dernier dans un message publié sur X.
« Je l’ai remercié pour son amitié et lui ai dit qu’en Israël, nous savons faire la distinction entre le peuple britannique et son gouvernement », a écrit Saar, ajoutant que les deux hommes avaient discuté des éloges du groupe terroriste palestinien du Hamas à l’égard de la décision du gouvernement britannique.
De son côté, le chef de l’opposition canadienne, Pierre Poilievre, a attaqué dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney dans un message publié sur X, affirmant que sa décision de reconnaître « l’État du Hamas » était « une nouvelle tentative pour détourner l’attention de son bilan en matière de criminalité, de dépenses, de dette, d’immigration et de chômage ».
« La priorité de Carney est de créer un État dirigé par le Hamas qui récompensera les terroristes pour avoir violé des civils, pris des otages, opprimé les Palestiniens et déclenché une guerre », a-t-il ajouté.
Il a toutefois exprimé son espoir de voir un État palestinien émerger à l’avenir, écrivant que « les conservateurs défendront toujours le droit d’Israël à exister et à se défendre, aux côtés d’un futur État palestinien démilitarisé, exempt de terrorisme, démocratique et pacifique ».
La vice-présidente du Parti conservateur du Canada, Melissa Lantsman, a également critiqué la décision de Carney dans une vidéo passionnée qu’elle a publiée dimanche.
« Alors que ceux qui brandissent des drapeaux terroristes et scandent des slogans génocidaires dans nos rues sont certainement en train de se réjouir en ce moment même, personne d’autre ne se réjouit, pas le moins du monde », a-t-elle déclaré.
« Il y a près de deux ans, des centaines de civils innocents, dont des citoyens canadiens, ont été assassinés, mutilés, violés et pris en otage par le Hamas lors de la journée la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah. Nous savons que certains de ces civils sont toujours en captivité aujourd’hui. Nous ne pouvons que prier pour leur sauvetage, tandis qu’ils sont condamnés à être privés de nourriture et torturés quotidiennement. Nous espérons qu’ils rentreront chez eux au plus vite. Et nous savons que d’autres personnes prises en otage ne rentreront jamais, car elles ont été tuées pendant leur captivité et que le Hamas refuse de rendre leurs corps. »
BREAKING: Melissa Lantsman, the Deputy Leader of the Conservative Party in Canada, slams Mark Carney’s decision to recognize a Palestinian state.
This is a must watch. pic.twitter.com/WfSI45sHv7
— Eyal Yakoby (@EYakoby) September 21, 2025
Lantsman a dit les actions du Hamas s’aparentaient à « une guerre des plus inhumaines » et elle a déclaré que le gouvernement canadien avait fait au groupe terroriste « le plus beau cadeau qu’ils pouvaient espérer ».
« Notre pays a depuis longtemps pour tradition de ne jamais négocier avec les terroristes, et pour une bonne raison. C’est parce que cela encourage précisément les activités terroristes auxquelles nous devons nous opposer en tant que pays. Le Hamas déclare déjà au monde entier que cette reconnaissance de son statut d’État justifie ses actions du 7 octobre et que nous devons nous attendre à d’autres jours comme celui-ci à l’avenir », a-t-elle ajouté, affirmant que, en raison de cette décision, « le monde est moins sûr, notre pays est moins respecté par ses alliés et, une fois de plus, une minorité bruyante mais minoritaire, ici, chez nous, remporte une nouvelle victoire au nom des terroristes et de ceux qui haïssent les Juifs. »
Lantsman a promis qu’elle et l’Histoire « tiendraient [Carney] pour responsable », qualifiant la reconnaissance d’un État palestinien de « trahison envers les otages qui se trouvent encore à Gaza, les citoyens canadiens tués le 7 octobre et nos valeurs occidentales fondamentales de liberté, de justice et d’État de droit ».
Les annonces coordonnées du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie ont été faites la veille de l’ouverture à New York de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, qui mettra l’accent sur la reconnaissance d’un État palestinien et une solution à deux États. L’Arabie saoudite et la France organisent lundi à New York un sommet au cours duquel d’autres dirigeants devraient reconnaître un État palestinien.
Le Portugal a fait son annonce peu après les trois autres pays, dimanche.
La Norvège, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie avaient annoncé la reconnaissance d’un État palestinien quelques mois après le déclenchement de la guerre à Gaza, tout comme plusieurs autres pays non européens.
En date du 21 septembre, 151 pays, sur un total de 195 avaient reconnu un État palestinien.
Israël rejette les appels à reconnaître un État palestinien, arguant que cela mettrait en danger la sécurité du pays et que le reconnaître après le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre actuelle, reviendrait à récompenser le groupe terroriste palestinien pour ses actes sanglants, alors qu’il détient toujours 48 otages.
L’AFP a contribué à cet article.
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