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Le Hamas affirme qu’au moins 26 personnes ont été tuées près des sites d’aide à Gaza

Selon Tsahal, la foule s'est approchée des troupes d'une manière menaçante à un kilomètre du site de distribution de nourriture ; l'armée a ouvert une enquête

Une Palestinienne pleure un homme qui aurait été tué près d'un centre de distribution d'aides géré par la Fondation humanitaire de Gaza, une organisation soutenue par les Etats-Unis et Israël, à l'hôpital Nasser, le 19 juillet 2025 (Crédit : AFP)
Une Palestinienne pleure un homme qui aurait été tué près d'un centre de distribution d'aides géré par la Fondation humanitaire de Gaza, une organisation soutenue par les Etats-Unis et Israël, à l'hôpital Nasser, le 19 juillet 2025 (Crédit : AFP)

Selon des responsables gazaouis, au moins 26 personnes auraient été tuées et plus de mille autres blessées par des tirs survenus aux abords de deux sites de distribution d’aide humanitaire, aux premières heures de la matinée de samedi. Ils accusent l’armée israélienne d’avoir ouvert le feu sur des personnes qui tentaient d’obtenir une aide alimentaire précieuse. De son côté, Tsahal a fait savoir que les soldats avaient procédé à des tirs de sommation et qu’une enquête avait été ouverte à la suite des informations faisant état de victimes.

L’agence de défense civile, qui est dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a annoncé que 26 personnes avaient perdu la vie à cette occasion. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

Les deux incidents se sont produits à proximité de centres de distribution gérés par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation soutenue par Israël et les États-Unis.

Le porte-parole de l’agence de défense civile, Mahmoud Bassal – qu’Israël accuse d’être un terroriste du Hamas, a indiqué à l’AFP que 22 personnes avaient perdu la vie à proximité d’un centre situé au sud-ouest de Khan Younès, et que quatre autres avaient été abattues près du site de distribution de la GHF, dressé au nord-ouest de Rafah. Il a expliqué que les incidents étaient dus à des « tirs israéliens ».

De son côté, l’armée israélienne a fait savoir qu’elle avait eu connaissance d’informations faisant état de victimes à la suite de ces tirs de semonce. Elle a ajouté que, durant la nuit, des Gazaouis s’étaient approchés des troupes israéliennes dans la région de Rafah « d’une manière qui menaçait les troupes sur le terrain ».

« Les soldats ont mené des opérations pour garantir que les suspects ne s’approcheraient pas d’eux ; ils ont demandé aux personnes qui s’approchaient de s’éloigner, mais comme ces dernières n’ont pas obtempéré, les troupes ont tiré des coups de semonce », a expliqué Tsahal.

De la fumée et des flammes s’élevant dans le ciel à la suite d’une frappe aérienne israélienne dans le nord de la bande de Gaza, vue depuis le sud d’Israël, le 18 juillet 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)

Selon l’armée, l’incident s’est produit à un kilomètre du centre d’aide le plus proche et s’est déroulé pendant la nuit, alors que le centre était fermé.

Les militaires ont indiqué que l’incident faisait l’objet d’une enquête plus approfondie.

L’armée a par ailleurs annoncé que, plus tard dans la journée de samedi, deux ingénieurs appartenant à la réserve avaient été grièvement blessés par une bombe placée en bord de route dans le sud de la bande de Gaza.

Les deux victimes de l’incident sont un officier du 710ᵉ bataillon du Corps du Génie Militaire et un réserviste du 749ᵉ bataillon du même corps.

Les deux hommes ont été transportés à l’hôpital pour y être pris en charge et leurs familles ont été prévenues, a indiqué l’armée.

Selon l’enquête de Tsahal, les soldats ont été touchés par un explosif alors qu’ils circulaient à bord d’un Humvee.

L’armée de l’air israélienne a également bombardé environ 90 cibles terroristes dans toute la bande de Gaza au cours des dernières vingt-quatre heures, notamment des bâtiments utilisés par des terroristes et des tunnels, a annoncé Tsahal.

Ces frappes sont intervenues alors que cinq divisions de l’armée israélienne, composées de dizaines de milliers de soldats, poursuivaient leurs opérations terrestres dans la bande de Gaza.

Le ministère de la Santé du groupe terroriste palestinien du Hamas a déclaré que deux Gazaouis avaient été tués lors d’une frappe aérienne israélienne à Gaza-City.

Des tirs aveugles

La majorité des incidents meurtriers se seraient produits alors que les Gazaouis se massaient dans la zone de Teina, à environ trois kilomètres d’un centre de distribution d’aide du GHF, à l’est de la ville de Khan Younès.

Mahmoud Mokeimar, un témoin, a raconté qu’il marchait en compagnie de très nombreux Gazaouis – principalement des hommes jeunes – en direction du centre de distribution d’aide quand les soldats ont d’abord tiré des coups de semonce à mesure que la foule avançait. Ils ont ensuite ouvert le feu sur les personnes qui marchaient.

« C’était un massacre […] L’occupation a ouvert le feu en notre direction sans faire preuve d’aucun discernement », a-t-il indiqué. Il est parvenu à s’enfuir, mais il a vu au moins trois corps inertes qui gisaient sur le sol. Il a déclaré que de nombreux autres blessés s’étaient enfuis.

Akram Aker, qui était également présent, a noté que les troupes avaient ouvert le feu à l’aide de mitrailleuses montées sur des chars et des drones. Des tirs qui, selon lui, ont eu lieu entre 5 et 6 heures du matin.

« Ils nous ont encerclés et ils ont commencé à tirer directement sur nous », s’est-il souvenu. Il a souligné avoir vu de nombreux blessés allongés sur le sol.

Sanaa al-Jaberi, une femme de 55 ans, a raconté avoir vu de nombreux morts et blessés alors qu’elle fuyait la zone.

Des proches de Gazaouis tués dans un centre de distribution d’aide géré par la Fondation humanitaire de Gaza, une organisation soutenue par les États-Unis et Israël, à l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 juillet 2025. (Crédit : Mariam Dagga/AP)

« Nous avons crié : ‘À manger, à manger’, mais ils ne nous ont pas parlé. Ils ont juste ouvert le feu », a-t-elle déclaré.

L’hôpital Nasser de Khan Younès a indiqué avoir reçu 25 corps sans vie et pris en charge des dizaines de blessés.

L’hôpital a également indiqué que sept autres personnes, dont une femme, avaient été tuées dans le quartier de Shakoush, à quelques centaines de mètres au nord d’un autre centre de la GHF à Rafah, la ville la plus au sud de la bande de Gaza. Ce bilan a également été communiqué par le ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas, qui ne fait pas de distinction entre civils et terroristes.

Le Dr. Mohamed Saker, chef du département des soins infirmiers de l’hôpital Nasser, a indiqué que son établissement avait dû accueillir 70 blessés. Il a précisé que la plupart des victimes avaient été atteintes à la tête et à la poitrine, et que certaines avaient été admises en soins intensifs, un service déjà saturé.

« La situation est difficile et tragique », s’est-il exclamé, ajoutant que l’établissement manque cruellement de matériel médical pour traiter l’afflux quotidien de blessés.

Pendant ce temps, Fares Awad, responsable des services d’urgence du ministère de la Santé, sous autorité du Hamas, dans le nord de la bande de Gaza, a confirmé les deux décès survenus à Gaza-City. Il a ajouté qu’une frappe aérienne avait touché une tente dans un camp abritant des familles déplacées, dans la cour du ministère chargé du développement de l’enclave. Aucun détail n’a été donné sur la cible précise de ce bombardement.

Le bilan s’alourdit près des sites d’aide

Les victimes signalées aux abords des centres d’assistance humanitaire sont les dernières en date d’une série d’incidents survenus ces derniers mois, au cours desquels des centaines de personnes auraient perdu la vie à l’occasion de tirs répétés aux abords des sites de distribution de denrées alimentaires gérés par la GHF.

De la fumée s’élevant au-dessus de bâtiments détruits lors d’une frappe israélienne, sur une photo prise à la frontière israélienne avec la bande de Gaza le 17 juillet 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La GHF, qui emploie des gardes armés privés, affirme qu’il n’y a pas eu de fusillades mortelles sur ses sites – même si cette semaine, 20 personnes auraient été tuées aux abords de l’un de ces centres, la majorité d’entre elles dans le cadre d’une bousculade. La fondation a accusé des agitateurs du Hamas d’avoir provoqué un mouvement de panique. Il a été impossible de vérifier les allégations de la GHF concernant l’affiliation des émeutiers à un groupe terroriste quelconque, et il est impossible de déterminer avec certitude l’origine de la bousculade.

Cette photo prise à la frontière israélienne avec la bande de Gaza montre de la fumée s’élevant au-dessus de bâtiments détruits lors d’une frappe israélienne le 17 juillet 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Dans des vidéos provenant d’un entrepreneur américain travaillant avec la GHF, on voit des gardes utiliser des gaz lacrymogènes et des grenades incapacitantes pour maintenir la foule à l’arrière des clôtures métalliques installées ou pour obliger les Gazaouis à se disperser. Des coups de feu sont également audibles dans ces séquences.

La GHF a lancé ses opérations sur le terrain à la fin du mois de mai, alors qu’Israël venait de lever un blocus imposé sur l’entrée des aides humanitaires dans Gaza, blocage qui avait duré presque trois mois. Les soldats israéliens ont lancé une nouvelle opération, baptisée « Chars de Gédéon », dans le but de prendre le contrôle de 75 % de la bande avec pour objectif de vaincre le Hamas et d’obtenir la libération des otages qui avaient été capturés par le groupe terroriste lors du pogrom commis par le groupe terroriste palestinien dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

La GHF fait l’objet de vives critiques de la part des Nations unies et d’autres organisations d’aide, qui ont qualifié son modèle « d’intrinsèquement dangereux » et l’ont accusée de ne pas répondre aux besoins de la population de l’enclave.

Alors que la GHF affirme avoir distribué des millions de repas aux habitants de Gaza, des responsables locaux de la santé, contrôlés par le Hamas, et des témoins ont signalé que des centaines de personnes auraient été tuées par des tirs de l’armée alors qu’elles tentaient d’atteindre les centres de distribution.

Les troupes israéliennes, qui ne se trouvent pas sur les sites mais en assurent la sécurité à distance, ont fait savoir qu’elles ne procédaient à des tirs d’avertissement qu’au moment où la foule s’approchait trop près des soldats présents sur place.

Israël, qui accuse le Hamas de détourner l’aide qui entre à Gaza, l’accuse également d’attaquer les civils gazaouis aux abords des sites de la GHF et de falsifier le bilan humain. L’État juif a toutefois reconnu que « plusieurs » civils gazaouis avaient été abattus à proximité des centres de distribution de la GHF.

L’enclave a été dévastée par la guerre que mène actuellement Israël contre le Hamas – une guerre déclenchée par le pogrom du 7 octobre 2023, lorsque des terroristes placés sous la direction du Hamas avaient envahi Israël, tuant plus de 1 200 personnes et kidnappant 251 personnes, qui avaient été prises en otage dans la bande. Cinquante otages se trouvent toujours dans les geôles du Hamas à Gaza. La mort de 28 captifs a par ailleurs été confirmée par l’armée israélienne.

La libre circulation de l’aide dans la bande de Gaza est l’une des principales exigences du Hamas dans le cadre des pourparlers indirects qui sont en cours avec Israël en vue d’un cessez-le-feu de 60 jours. Le groupe terroriste palestinien exige également un retrait total des militaires de l’enclave.

Le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous la direction du Hamas, affirme que plus de 58 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent – même si ce bilan est invérifiable et qu’il ne fait aucune distinction entre civils et hommes armés. De son côté, Israël avait fait savoir, au mois de janvier, qu’environ 20 000 combattants des groupes terroristes avaient perdu la vie dans le cadre du conflit, en plus de 1600 autres terroristes qui avaient été tués dans le sud d’Israël lors du massacre du 7 octobre.

Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

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