Selon Israël, « un ou deux » otages de Gaza sont dans un état critique
Donald Trump a suggéré que certains otages "ne sont plus" ; Bezalel Smotrich aurait dit à Eyal Zamir que ceux qui ne quitteront pas Gaza-City "pourront mourir de faim ou de se rendre"
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Selon les estimations d’Israël, au moins « un ou deux » otages détenus à Gaza sont dans un état critique, une information transmise par les médias israéliens dans la journée de samedi. La veille, le président américain Donald Trump avait laissé entendre que moins de vingt otages étaient encore en vie, contredisant ainsi les chiffres officiels israéliens et plongeant les familles des captifs dans le désespoir.
Selon la chaîne d’information israélienne N12, les responsables craignent que certains otages encore en vie soient en danger de mort et aient besoin de soins médicaux urgents.
« La remise en liberté des otages est une nécessité urgente », a déclaré un haut responsable à N12, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Toutefois, selon le reportage, les responsables ignorent ce qui a amené Trump à conclure, lors d’une conférence de presse organisée vendredi, que « deux captifs ne sont plus en vie ».
Suite à ces déclarations, le responsable israélien chargé de la question des otages, Gal Hirsch, a déclaré aux familles que « d’après les informations dont nous disposons, le nombre d’otages vivants n’a pas changé ».
« Vingt des otages sont en vie, deux [autres] sont en danger de mort et 28 sont décédés », a écrit Hirsch dans un courrier adressé aux familles.
Insatisfaites, les familles ont alors exigé qu’Israël leur communique toutes les informations concernant l’état de leurs proches.
Israël affirme depuis longtemps que les groupes terroristes de la bande de Gaza conservent 50 otages en captivité – dont 49 des 251 personnes qui avaient été enlevées par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps sans vie d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne. Vingt personnes seraient encore en vie, et deux autres seraient dans un état critique, selon des responsables israéliens.
Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat de Tsahal qui avait été tué à Gaza en 2014.
Les inquiétudes concernant le sort réservé aux otages s’intensifient alors qu’Israël se prépare à lancer une opération de grande envergure visant à prendre le contrôle de Gaza-City, et ce, alors que la communauté internationale multiplie les efforts pour relancer les négociations et éviter cette opération.
Selon un reportage qui a été diffusé par la Treizième chaîne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décidé, samedi, d’envoyer une délégation qui participera à des pourparlers avec les pays médiateurs afin de parvenir à un cessez-le-feu à Gaza, près d’une semaine après que le Hamas a déclaré avoir accepté une proposition d’accord partiel à laquelle Israël avait donné son accord préalable.
Selon le média, la décision de Netanyahu est intervenue après qu’il a été informé que les otages pourraient être exécutés par leurs geôliers ou tués par les bombardements de l’armée israélienne si Tsahal poursuivait son offensive sur Gaza-City.
Si Netanyahu a vraisemblablement consenti à envoyer des représentants pour prendre part aux négociations, aucune date ni aucun lieu n’ont encore été fixés pour d’éventuelles discussions, selon la chaîne.
Parallèlement, la frustration des médiateurs arabes, le Qatar et l’Égypte, est croissante face aux « revirements » de Netanyahu au cours des derniers mois concernant son positionnement dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu qui ouvrirait la porte à la remise en liberté des otages, a indiqué N12, samedi.
Les deux pays médiateurs sont parvenus à convaincre le Hamas de renoncer à la quasi-totalité de ses revendications et d’accepter un cadre qu’il avait rejeté par le passé, et auquel Israël avait déjà donné son accord. Ils vont désormais devoir tenter de convaincre Israël de reprendre les négociations sur cet accord partiel.
L’accord accepté par le Hamas en début de semaine prévoit un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza et la libération de dix otages encore en vie. Pendant la trêve, des pourparlers supplémentaires auraient lieu sur la libération des otages restants et sur la fin définitive du conflit.
Si Israël avait accepté ce cadre il y a plusieurs mois, Netanyahu s’est détourné ces dernières semaines de cette option et il insiste désormais sur un accord global plutôt que partiel et progressif.
Selon le Premier ministre, le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza et le transfert de la gouvernance à un organe qui ne serait ni le groupe terroriste palestinien ni l’Autorité palestinienne (AP) sont des conditions indispensables à un accord global.
Ce revirement apparent concernant un accord partiel a suscité la colère et la frustration des pays médiateurs, notamment en Égypte. Selon la chaîne d’information N12, un haut responsable du Caire aurait déclaré que « les conditions posées par Israël sont irréalisables et compromettent les chances d’un cessez-le-feu ».
Trump s’impatiente face aux plans de guerre à Gaza
Un autre reportage diffusé samedi par la chaîne d’information indiquait que Netanyahu et son principal conseiller, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, avaient établi, lors d’une récente réunion, qu’Israël bénéficiait du soutien total de Trump pour son offensive militaire à Gaza-City, mais seulement pour une période limitée.
Les deux hommes auraient ainsi déclaré que Trump souhaitait une opération rapide et décisive et qu’il ne voulait pas que la guerre contre le Hamas se prolonge plus que nécessaire.
Au cours de la même réunion, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, se serait heurté aux ministres ultranationalistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, qui l’ont attaqué pour avoir déclaré que l’armée ignorait combien de temps il faudrait pour évacuer la population civile de Gaza-City.
« Nous vous avons ordonné [de mener] une opération rapide. À mon avis, vous pourrez les assiéger. Ne laissez pas partir ceux qui refusent d’évacuer. Pas d’eau, pas d’électricité : ils peuvent mourir de faim ou se rendre. C’est ce que nous voulons et vous en êtes capables », aurait déclaré Smotrich à Zamir, selon la chaîne.
Ben Gvir a ensuite demandé au chef d’état-major s’il avait « peur de l’avocate militaire générale » – qui est la plus haute magistrat de l’armée israélienne – ce à quoi Zamir a répondu que l’armée « menait des opérations dans d’autres zones, à Khan Younès ou à Rafah ».
« Ce n’est pas ce qu’ont ordonné les politiques. Vous ne voulez pas vaincre [le Hamas] », s’est emporté Smotrich.
Zamir a alors rétorqué : « Vous ne comprenez rien. Vous ne savez pas ce qu’est une brigade ou un bataillon. Cela prend du temps. »
La campagne visant Gaza-City a suscité un tollé international, les gouvernements et les organisations humanitaires mettant en garde contre des conséquences potentiellement désastreuses pour les civils de Gaza. Ils soulignent notamment la malnutrition généralisée qui s’est récemment aggravée de manière significative dans l’enclave, en proie à plus de vingt-deux mois de guerre.
Elle a également suscité l’inquiétude des familles des otages, qui craignent qu’elle ne soit le coup de grâce pour leurs proches, le Hamas ayant promis d’exécuter les captifs si les soldats s’approchaient de leurs positions.
la Communauté du Times of Israël !







