Netanyahu aurait ordonné des négociations sur un accord global parallèlement à l’offensive sur Gaza
Netanyahu reste muet sur l'accord partiel soutenu par le Hamas et parle des plans offensifs de Tsahal ; pour les familles des otages, "insister sur un accord complet ne ramènera personne"
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Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé avoir donné des instructions pour que des négociations soient engagées en vue de la libération de tous les otages retenus à Gaza, alors même qu’il s’apprêtait à approuver des plans pour une offensive militaire visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza.
Cette annonce de Netanyahu intervient quelques jours après que le Hamas a indiqué avoir accepté une proposition de cessez-le-feu prévoyant de libérer la moitié des otages et d’entamer des pourparlers pour mettre fin à la guerre et relâcher les captifs restants.
Jérusalem avait déjà approuvé un cadre similaire. Depuis, Netanyahu a toutefois fait savoir qu’Israël n’accepterait de mettre fin aux combats que dans le cadre d’un accord global incluant la libération des 50 otages restants. Les propos tenus par Netanyahu jeudi ne peuvent pas être considérés comme le signe clair d’un changement significatif dans l’état des négociations.
Netanyahu a prononcé cette déclaration dans un message préenregistré filmé devant le quartier général de la division Gaza de l’armée israélienne. Il se trouvait sur place dans le cadre d’une réunion avec des responsables de la défense afin d’approuver les plans d’une prise de contrôle militaire de la ville de Gaza, malgré les mises en garde qui laissent entendre que cette offensive pourrait compliquer les initiatives visant à parvenir à un accord.
« Je suis venu aujourd’hui à la division de Gaza pour approuver les plans que l’armée israélienne m’a présentés – ainsi qu’au ministre de la Défense – pour prendre le contrôle de la ville de Gaza et vaincre le Hamas », a déclaré Netanyahu. « J’ai également donné l’ordre d’entamer immédiatement des négociations en vue de la libération de tous nos otages et de la fin de la guerre dans des conditions acceptables pour Israël. »
Un porte-parole du cabinet du Premier ministre a confié peu après au Times of Israel qu’il n’était pas « à ce stade » prévu d’envoyer une délégation israélienne pour prendre part à des négociations. Un haut responsable israélien s’exprimant sous couvert d’anonymat a ensuite précisé qu’une fois un lieu déterminé pour accueillir des pourparlers, le Premier ministre ordonnerait l’envoi de négociateurs.
On ignore si ce communiqué de Netanyahu est le résultat d’une coordination avec l’un des médiateurs arabes, qui attendent actuellement la réponse d’Israël à la proposition de libération progressive des otages acceptée lundi par le Hamas.
Cet accord, qui s’inspire d’une proposition de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, engagerait le groupe terroriste à relâcher 10 otages vivants et à restituer les corps sans vie de 18 otages tués, en échange d’un cessez-le-feu de 60 jours et de la libération par Israël de centaines de prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité.
Durant le cessez-le-feu ainsi fixé, des pourparlers seraient engagés en vue de mettre définitivement fin la guerre et de relâcher les 22 otages restants, dont au moins 10 seraient encore en vie.
Israël n’a pas encore répondu à cette offre, même si le gouvernement a accepté un cadre quasiment identique au début de l’été. Netanyahu n’a pas non plus rejeté catégoriquement la proposition, indiquant ainsi qu’il maintenait toutes ses options ouvertes.
Le Hamas propose depuis longtemps de libérer tous les otages en échange de la fin de la guerre et du retrait israélien de Gaza. Netanyahu a toutefois souligné que cet échange permettrait au Hamas de rester au pouvoir et de se reformer ; il constituerait alors une nouvelle menace pour Israël. Les critiques font pour leur part valoir que le Hamas a été vaincu militairement, et qu’Israël doit désormais tout mettre en œuvre pour sauver les otages vivants avant qu’il ne soit trop tard, tout en se préparant à faire face à une éventuelle menace du Hamas à l’avenir.
Ces dernières semaines, Netanyahu a cessé tout soutien à un accord partiel, insistant sur le fait qu’Israël n’accepterait qu’un accord prévoyant la libération des 50 otages. Au début du mois, son cabinet a validé une série de conditions pour mettre fin à la guerre, qui en réalité représentent une capitulation totale du Hamas.
Ces conditions sont les suivantes : la libération immédiate de tous les otages restants, le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza, le contrôle total de la sécurité de la bande de Gaza par Israël, et le transfert de la gouvernance à un organisme qui ne soit ni le Hamas, ni l’Autorité palestinienne.
Le Hamas a déjà rejeté les appels à déposer les armes. Selon l’armée israélienne, le démantèlement complet de l’infrastructure terroriste du Hamas à Gaza pourrait prendre des années, une estimation qui conduit les critiques de Netanyahu à l’accuser de chercher à prolonger la guerre afin de rester au pouvoir.
« Désormais, [Netanyahu] réclame un accord complet, et comme il est impossible de ramener tous les otages, Netanyahu n’obtient aucun résultat », a déploré Yotam Cohen, dont le frère Nimrod Cohen est retenu en otage, lors d’un rassemblement devant le quartier général de l’armée à Tel-Aviv jeudi soir, selon le Forum des familles des otages et des disparus.
Dans son message de jeudi, le Premier ministre a insisté sur le fait qu’Israël se trouvait « dans la phase de la victoire décisive ».
« Ces deux questions — la défaite du Hamas et la libération de tous nos otages — vont de pair », a affirmé Netanyahu.
Il y a environ 18 mois que le Premier ministre soutient qu’une telle « victoire totale » est imminente.
Jeudi matin, les proches des otages détenus à Gaza ont exhorté le gouvernement à abandonner ses projets de combats et à plutôt tenter de parvenir à un accord pour libérer les captifs et mettre fin à la guerre. Ils ont exprimé leur crainte que le rejet de l’accord proposé ne condamne à mort ou à une disparition définitive les otages encore retenues.
« Après trois jours, celui qui n’a toujours pas réagi à [l’acceptation par le Hamas] d’un accord déjà approuvé par le gouvernement et qui n’a pas convoqué le cabinet de sécurité ni le cabinet [général], celui-là a fondamentalement choisi de sacrifier les otages », a constaté Bar Goddard, fille de Manny Goddard, tué le 7 octobre et dont le corps est retenu à Gaza.
Dans une interview diffusée jeudi matin sur les chaînes de télévision australienne, Netanyahu a annoncé le maintien des plans d’Israël visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza, qu’il y ait ou non un accord de trêve et de libération des otages.
« Nous mettrons ces plans à exécution, quoi qu’il arrive. Il n’a jamais été question de laisser le Hamas là-bas », a-t-il poursuivi, ajoutant que la guerre « pourrait prendre fin dès aujourd’hui » si le groupe terroriste « acceptait de déposer les armes et de libérer les 50 otages restants, dont au moins 20 sont encore en vie ».
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