Netanyahu : Israël va conquérir Gaza, que le Hamas accepte ou non un accord
Dans une interview à la télévision australienne, le Premier ministre a accusé Canberra et d'autres pays occidentaux de chercher à apaiser les partisans du terrorisme anti-occidental, fustigeant la "faiblesse" d'Albanese et déplorant un "tsunami d'antisémitisme"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a poursuivi ses attaques à l’encontre du Premier ministre australien Anthony Albanese dans une interview diffusée jeudi, en dénonçant les tentatives « d’apaisement » de Canberra à l’égard des groupes terroristes et de leurs partisans occidentaux. Il s’est engagé à mener à bien son projet de prise de contrôle militaire de toute la bande de Gaza, même en cas d’acceptation par le Hamas d’un cessez-le-feu ouvrant la porte à la libération des otages.
« Je suis sûr qu’il a un parcours honorable, en tant que responsable, mais je pense que son bilan est à jamais entaché par la faiblesse dont il a fait preuve face à ces monstres terroristes du Hamas », a dit Netanyahu en évoquant Albanese dans une interview à Sky News Australia.
« Lorsque la pire organisation terroriste au monde, ces sauvages qui ont assassiné des femmes, les ont violées, ont décapité des hommes… lorsque ces gens félicitent le Premier ministre australien, vous savez que quelque chose ne va pas ».
Depuis des décennies, l’Australie se considère comme un ami proche d’Israël, mais les relations entre les deux pays se détériorent depuis que Canberra a annoncé, la semaine dernière, son intention de reconnaître l’État palestinien.
Netanyahu a considérablement intensifié sa guerre des mots dans la soirée de mardi, se rendant sur son compte officiel sur X pour lancer une attaque personnelle contre Albanese, qu’il a qualifié de « politicien faible qui a trahi Israël ».
L’Australie a riposté mercredi, le ministre de l’Intérieur Tony Burke rétorquant que la force ne se mesurait pas « au nombre de personnes que l’on peut faire exploser ou au nombre d’enfants qu’on peut laisser mourir de faim ».
Dans cet entretien – le dernier en date d’une longue série accordée à des médias étrangers de pays amis depuis le début de la guerre à Gaza, alors même qu’il ne répond pas aux questions des médias israéliens qui ne le soutiennent pas fermement – Netanyahu a également affirmé qu’Israël était « sur le point de mener cette guerre à son terme ».
Une affirmation que répète le Premier ministre depuis au moins un an et demi – il l’avait utilisée déjà en février 2024 lorsqu’il avait dit que la conquête de la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, mettrait fin aux combats intenses en quelques semaines. Il avait aussi dit, cette année-là, que la victoire dans la guerre était « à un pas » de distance. L’armée israélienne avait fini par envahir Rafah en mai 2024, mais la prédiction de Netanyahu ne s’était pas réalisée.
Depuis 22 mois qu’il fait la sourde oreille face aux appels généralisés, en Israël, en faveur de la fin de la guerre en échange de la libération des otages aux mains des terroristes palestiniens à Gaza, le gouvernement vient de valider le projet de prise de contrôle de la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave, là où vit près d’un million de Gazaouis qui s’y sont réfugiés. Un projet très critiqué au niveau international à cause de l’aggravation de la crise humanitaire au sein du territoire, comme par de hauts responsables de la sécurité qui craignent la mise en danger des derniers otages.
Netanyahu a expliqué que la ville de Gaza était le dernier bastion du Hamas, en établissant une comparaison avec les forces alliées qui devaient conquérir Berlin pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale – comparaison déjä faite dans son interview de jeudi. L’année dernière, le Premier ministre avait utilisé les mêmes arguments pour souligner la nécessité de prendre le contrôle de Rafah.
L’interview a apparemment été réalisée en début de semaine, alors que des informations laissaient entendre que le Hamas était sur le point d’accepter une proposition de cessez-le-feu américaine précédemment acceptée par Jérusalem. Depuis, le Hamas a donné son accord mais Israël n’a pas encore réagi.
Interrogé par la journaliste Sharri Markson, qui lui demandait si Israël allait prendre le contrôle de toute la bande de Gaza et éliminer le Hamas même si le groupe terroriste acceptait un cessez-le-feu ouvrant la porte à la libération des otages, Netanyahu a répondu par l’affirmative.
« Nous le ferons de toute façon. Il n’a jamais été question de laisser le Hamas là-bas », a-t-il dit en ajoutant que la guerre « pourrait prendre fin aujourd’hui-même » si le groupe terroriste « déposait les armes et relâchait les 50 derniers otages, dont 20 au moins sont encore en vie ».
Netanyahu a mis en avant les informations de plus en plus nombreuses faisant état d’un sentiment anti-Hamas parmi les Gazaouis pour affirmer que son objectif, au-delà de l’occupation de Gaza, était « de libérer Gaza, libérer la bande de la tyrannie du Hamas, libérer Israël et d’autres pays du terrorisme du Hamas et offrir à Gaza et Israël un avenir différent ».
Abordant le sujet des relations tendues entre Israël et l’Australie, Netanyahu a déclaré qu’il existait « une grande amitié sous-jacente depuis plus d’un siècle » qui « s’est égarée parce que – je pense – les dirigeants n’ont pas fait preuve de la force et de la conviction dont ils auraient dû faire preuve alors que nous menons une guerre de civilisation, l’occident contre ces barbares ».
Netanyahu a établi une relation entre des actes antisémites survenus en Australie, ces derniers mois, et les « extrémistes anti-occident », a-t-il précisé, qui utilisent les démocraties du monde entier pour les détruire de l’intérieur. Il a invité les Australiens à s’y opposer.
« J’ai vu ce tsunami d’antisémitisme, ce racisme et ces attaques délibérées contre des innocents, l’incendie d’une synagogue à Melbourne, etc. Ce sont des choses horribles et si on ne les freine pas quand les dégâts sont encore mineurs, elles vont grandir et finir par détruire votre société », a-t-il averti.
« Les dirigeants occidentaux, à commencer malheureusement par l’Australie, veulent nourrir le crocodile de l’islam militant qui a coûté la vie non seulement à des Juifs, mais aussi à des chrétiens, des Arabes, de nombreux musulmans, etc…Pourtant ils pensent qu’ils vont pacifier et apaiser le crocodile », a-t-il poursuivi.
« Plus on jette de l’huile sur le feu de l’antisémitisme, de l’anti-Israël et de l’anti-occident, plus le feu se renforce et un jour, il finira par vous consumer. Vous n’avez aucune protection si vous ne vous opposez pas à lui », a-t-il ajouté.
Les relations entre l’Australie et Israël ont commencé à se détériorer à la fin de l’année dernière, dans un contexte de recrudescence des actes antisémites à Sydney et Melbourne, avec notamment des incendies criminels et des attentats à la bombe contre des synagogues.
De nombreux membres de la communauté juive australienne, forte de 120 000 personnes, reprochent à Albanese et son gouvernement de ne pas prendre de mesures pour empêcher les actes antisémites et les discours violents dans le pays.
Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.







