Un ex-officier supérieur poursuivi pour la mort d’un chercheur et d’un soldat au Liban
Le colonel (rés.) Yoav Yarom pourrait être inculpé d’homicide involontaire après la mort de Zeev Erlich, 71 ans, et du sergent Gur Kehati, 20 ans, lors d’une fouille archéologique
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Les procureurs militaires ont annoncé leur intention d’inculper l’ancien chef d’état-major de la brigade Golani de l’armée israélienne, le colonel (Rés.) Yoav Yarom, pour son rôle dans les circonstances ayant conduit à la mort du sergent Gur Kehati, 20 ans, et du chercheur civil Zeev Erlich, 71 ans, lors d’un incident survenu dans le sud du Liban en novembre 2024.
Yarom a reçu notification de l’intention de l’inculper, ainsi qu’une convocation à une audience, a indiqué Tsahal jeudi. Il est poursuivi pour homicide par imprudence.
Jamais un officier de Tsahal n’avait été poursuivi pour la mort d’un autre soldat en territoire ennemi, en pleine guerre. Aucun officier n’a fait l’objet d’accusations similaires ces dernières années.
Le 20 novembre 2024, Yarom avait autorisé Erlich à pénétrer dans le secteur ouest du sud du Liban, vêtu d’un uniforme de Tsahal, pour examiner un site archéologique sans les autorisations requises. Erlich, qui avait longtemps servi dans la réserve malgré son âge avancé, n’était pas en service actif au moment des faits.
Yarom et Erlich ont été rejoints par une équipe de soldats lorsqu’ils sont entrés dans une forteresse médiévale du village de Shamaa, vénérée par les chrétiens et les chiites comme le lieu de sépulture de Saint Pierre au 1ᵉʳ siècle.
Les versions divergent sur les raisons de la présence d’Erlich. Yarom a affirmé avoir sollicité son expertise archéologique pour cartographier le site à des fins opérationnelles. La famille du sergent Kehati a, toutefois, indiqué que, selon des soldats présents, il s’agissait plutôt d’une visite privée et que l’opération n’avait pas été menée de manière professionnelle, sans soutien ni renforts suffisants.
Estimant que la zone avait été sécurisée, Yarom a conduit Erlich et les soldats sur le site, où des membres du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, ont ouvert le feu, tuant Erlich et Kehati. Un autre officier a été grièvement blessé et Yarom lui-même a été touché modérément, avant que les terroristes ne soient abattus.
À l’époque, Tsahal avait souligné que Yarom n’avait pas autorité pour approuver l’entrée d’Erlich, et que la procédure prévue pour l’accès des civils n’avait pas été respectée. Yarom a déclaré qu’il croyait à tort qu’Erlich avait suivi la procédure permettant son intégration dans Tsahal.
Le chef de Tsahal de l’époque, Herzi Halevi, avait qualifié l’incident de « très grave ». La famille de Kehati a indiqué qu’il leur avait assuré qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir afin de garantir une enquête approfondie sur les circonstances de l’incident.
Yarom avait demandé à démissionner une semaine après l’incident, mais il devait de toute façon être relevé de son poste après sa convalescence.
Jeudi, la famille de Kehati a déclaré que la décision de poursuivre Yarom « est justifiée au vu de son comportement criminel imprudent qui a causé la tragédie. Cela ne ramènera pas Gur, de mémoire bénie, mais nous espérons que cela contribuera à dissuader d’autres personnes à l’avenir ». Elle a ajouté ne pas avoir encore reçu d’informations sur les éventuelles mesures pénales visant les autres officiers impliqués.
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