Un journaliste palestinien accuse des gardiens de prison israéliens de l’avoir battu et filmé nu
Dans la prison d'Ofer, "peu importe que tu sois coupable ou innocent", déclare Nasser al-Laham, qui a été détenu pendant neuf jours avant d'être libéré sans condition
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Un journaliste palestinien connu, arrêté plus tôt ce mois-ci par Israël en Cisjordanie, a déclaré avoir été frappé et filmé nu par des gardiens de prison pendant ses neuf jours de détention.
Nasser al-Laham, le rédacteur en chef de l’agence de presse Maan, a été arrêté le 7 juillet pour incitation et soutien à un groupe terroriste. Ces accusations ne conduisent généralement pas à la libération d’un Palestinien après seulement neuf jours de détention, si elles s’avèrent fondées.
Dans une interview publiée lundi par le journal Haaretz, le journaliste basé à Bethléem a déclaré avoir été interrogé sur son travail à temps partiel en tant qu’analyste pour la chaîne al-Mayadeen, affiliée au groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, sur son travail pour Maan, ainsi que sur des messages publiés à partir d’un compte du réseau social X portant son nom, ce qu’il a nié être le sien.
« Ils n’ont trouvé aucune incitation à la violence dans ce que j’ai écrit pour Al-Mayadeen et Maan, alors ils ont commencé à fouiller Twitter [X] et les réseaux sociaux », a-t-il déclaré au journal israélien.
Il a été arrêté à son domicile de Bethléem vers 2 h 30 du matin, le 7 juillet, et interrogé pendant environ huit heures, a-t-il indiqué à Haaretz. À l’issue de l’interrogatoire, il a été transféré à la prison d’Ofer en Cisjordanie.
Laham a déclaré avoir été traîné dans la prison, menotté et le visage couvert.
The Israeli military published this photo of veteran Palestinian journalist Nasser Al-Laham in an apparent attempt to humiliate him after kidnapping him, by photographing him in front of their flag.
Such actions against journalists are the very definition of cowardice. pic.twitter.com/Kh6iW9ovWk
— Khalil Sayegh (@KhalilJeries) July 13, 2025
« Ça faisait vraiment très mal. J’ai failli étouffer et j’ai cru que j’allais mourir. »
« À Ofer, peu importe que vous soyez coupable ou innocent, ce qui compte, c’est que vous êtes Palestinien », a-t-il ajouté, expliquant que les gardiens de prison brutalisaient et injuriaient régulièrement les prisonniers.
Il a raconté qu’une fois, il avait été déshabillé et avait eu les yeux bandés par les gardiens.
« Quand j’étais nu, ils ont sorti leur téléphone et ont filmé en disant : ‘On va diffuser ça à Bethléem pour te faire honte’ », a-t-il déclaré.
Laham a expliqué que ses codétenus lui avaient dit que les conditions dans la prison d’Ofer, où il dormait dans une pièce avec douze hommes pour huit lits, s’étaient récemment améliorées.
« Je leur ai dit : ‘C’est ça, l’amélioration ? Oh mon Dieu !’ »
Au terme des huit premiers jours de sa détention, la police n’a même pas demandé la prolongation de la détention provisoire de Laham, qui a été libéré sans condition, ce qui soulève des questions quant aux raisons de son arrestation et de sa détention.
Dans son témoignage pour Haaretz, Laham a attiré l’attention sur plusieurs domaines dans lesquels il affirme que l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) enfreint la loi.
Il a notamment déclaré que, contrairement à la loi qui prévoit une heure de promenade quotidienne à l’extérieur, les gardiens n’accordaient aux détenus que dix minutes par semaine.
Il a également affirmé que la nourriture servie aux détenus était inférieure au minimum légal et a raconté avoir vu certains détenus « compter les grains de riz et de lentilles ».
« Ils nous ont donné trois tranches de pain, une demi-cuillère de confiture, une demi-cuillère de labneh et une demi-tasse de tahini », a-t-il déclaré.
En réponse à l’article du Haaretz, l’IPS a affirmé dans un communiqué que ses gardiens agissaient conformément à la loi et que les droits de tous les détenus étaient respectés. Si une plainte est déposée, elle fait l’objet d’une enquête approfondie, a déclaré l’IPS.
Cette administration fait depuis longtemps l’objet d’accusations de mauvais traitements à l’encontre des détenus palestiniens, qui se sont intensifiées depuis que le député ultranationaliste Itamar Ben Gvir a pris la tête de l’IPS en tant que ministre de la Sécurité nationale en décembre 2022. Les accusations n’ont fait que s’aggraver depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Ben Gvir, qui a déjà déclaré par le passé que les prisonniers recevaient « le minimum nécessaire selon la loi, et pas un gramme de plus », a dénoncé à plusieurs reprises les prétendus articles de luxe en prison, allant jusqu’à interdire la distribution de pita frais derrière les barreaux et à limiter le temps de douche des détenus.
Au lendemain du 7 octobre, le ministre a ordonné de nouvelles restrictions à l’encontre des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, notamment la surpopulation carcérale et la suppression des lits, dont l’impact a été constaté par Laham.
la Communauté du Times of Israël !







