Un juge ordonne à l’Université de Pittsburgh de réintégrer Students for Justice in Palestine
En cette rentrée, les manifestations anti-Israël devraient se poursuivre ; la section de SJP de Pittsburgh avait été suspendue en mars pour « entrave aux procédures disciplinaires »
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

JTA — Un juge fédéral a ordonné à l’Université de Pittsburgh de réintégrer Students for Justice in Palestine, suspendu en début d’année, au motif que l’établissement empêchait indûment le groupe de recruter de nouveaux adhérents en cette période de rentrée universitaire.
Cette rentrée est une nouvelle fois l’occasion de nombreux différends sur le bien-fondé de la présence du groupe pro-palestinien sur les campus, alors même que les conséquences de la répression des manifestations ayant donné lieu aux accusations d’antisémitisme continuent de faire sentir.
Les défenseurs évoquent par ailleurs ce qu’ils n’hésitent pas à qualifier de plus importantes sanctions financières imposées, cet été, à l’Université du Maryland suite à la répression du droit de parole des étudiants pro-palestiniens.
Students for Justice in Palestine, qui est l’un des groupes pro-palestiniens les plus en vue des campus américains, a fait l’objet de nombreuses suspensions de la part des autorités universitaires au plus haut de la vague de protestations lors de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. De nombreuses antennes du groupe ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation de campements pro-palestiniens, au printemps 2024, qui se sont attirés des soupçons d’antisémitisme.
Au début de la guerre d’Israël à Gaza, en novembre 2023, les sections de Students for Justice in Palestine de l’université Columbia, de l’université George Washington et de l’université Brandeis ont été interdites en raison de leur discours et de leurs activités anti-Israël.
Pittsburgh a ainsi suspendu son groupe de Students for Justice in Palestine en mars dernier, pour une durée de six mois, au motif qu’il avait entravé le cours des procédures disciplinaires en publiant une lettre ouverte condamnant ses poursuites concernant une nuit d’étude à la bibliothèque du campus, en décembre 2024.
En décembre 2024, des étudiants se sont rassemblés dans la bibliothèque et ont écrit « Pitt tuition $$$ funds occupation » et « Levez le siège de Gaza maintenant » au tableau avant d’être dispersés par la police de l’université.
Le 15 avril, l’American Civil Liberties Union a intenté une action au niveau fédéral contre l’Université, au nom du groupe d’étudiants, affirmant que cette suspension était une forme de « représailles contre la ligne politique du club ».
Jeudi, le juge du tribunal de district, J. Nicholas Ranjan, a donc levé la suspension de la branche Pitt Students for Justice in Palestine, trois semaines plus tôt que ce qui était prévu. Il a écrit dans sa décision que le code de conduite de l’école avait « une portée trop large » et qu’il lui faudrait « des règles plus subtiles et adaptées à la situation ».
L’université de Pittsburgh avait fait savoir à sa branche locale de Students for Justice in Palestine que, durant cette suspension, il lui était interdit de se réunir en tant qu’organisation ou d’accepter de nouveaux membres. Ce qui est une grave infraction aux droits d’association et d’expression de Students for Justice in Palestine, particulièrement en cette période de l’année, en pleine rentrée », a écrit Ranjan dans sa décision, qui compte trois pages.
La suspension a donc été levée mais le procès intenté par l’American Civil Liberties Union va suivre son cours.
« L’objectif est de faire valoir les droits de SJP Pitt, mais aussi de protéger la liberté d’expression des étudiants de toutes les universités de Pennsylvanie », a fait savoir le cabinet d’avocat de l’American Civil Liberties Union, Solomon Furious Worlds, à l’agence de presse Pittsburgh’s Public Source.
Cette victoire de Pitt Students for Justice in Palestine dans les prétoires est l’un des derniers événements en date concernant l’association aux Etats-Unis.
La section Students for Justice in Palestine de l’Université George Mason a été suspendue l’an dernier après que la police a découvert au domicile de deux de ses dirigeants des armes à feu, des munitions, des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Mort aux Juifs » ainsi que des drapeaux du Hamas et du Hezbollah.
Ce semestre, elle a été réintégrée et a immédiatement suscité la controverse en diffusant une vidéo de recrutement dans le style des extrémistes islamistes, le mois dernier.
L’établissement n’a pas remis en cause cette réintégration mais a transmis la vidéo aux autorités fédérales chargées de l’application de la loi.
Par ailleurs, à l’Université George Washington, la section Students for Justice in Palestine a annoncé son retrait, car suspendue jusqu’au printemps 2027 pour avoir fait campagne en faveur du limogeage d’un professeur ayant appelé le président Donald Trump à réaménager la bande de Gaza.
« Parce que Students for Justice in Palestine n’a jamais bénéficié des mêmes privilèges que d’autres organisations étudiantes – à commencer par les subventions et la possibilité de disposer d’un local sur le campus – nous choisissons de nous retirer de GW, et nous le faisons parce que cela nous permettra d’être plus actifs contre le sionisme sur le campus », a déclaré un membre au journal étudiant de l’école, The GW Hatchet.
De son côté, la section Students for Justice in Palestine de l’Université du Wisconsin a été suspendue de juillet 2025 à janvier 2026 suite à la plainte de l’établissement faisant état de plusieurs infractions au règlement, comme par exemple en semant la pagaille lors de la venue de Linda Thomas-Greenfield, l’ex- ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, au printemps dernier.
Cet été, l’Université du Maryland a versé 100 000 dollars pour mettre fin à un procès intenté par les principaux groupes de défense pro-palestiniens au nom de la section Students for Justice in Palestine de l’établissement, accusant l’université d’avoir indûment porté atteinte au droit d’expression des étudiants en interdisant une veillée à l’occasion du premier anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
La veillée a eu lieu sur ordre du tribunal et l’accord de règlement exige que le Maryland reconnaisse Students for Justice in Palestine comme une organisation étudiante légitime.
la Communauté du Times of Israël !







