« Un vide dans mon cœur » : Eitan Levy, otage tué, enterré deux ans après son meurtre
"Papa, je veux juste que tu reviennes et que tu me serres dans tes bras une dernière fois", dit son fils aux funérailles du chauffeur de taxi tué par des terroristes du Hamas le 7 octobre ; son corps, emmené à Gaza, a été rapatrié cette semaine
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Eitan Levy, tué par des terroristes du Hamas au cours de l’attaque du 7 octobre 2023 et dont le corps avait été emmené à Gaza, a été inhumé jeudi, plus de deux ans après sa mort.
Levy a été assassiné à l’âge de 53 ans. Ce chauffeur de taxi originaire de Bat Yam a été abattu par des terroristes alors qu’il venait de déposer un passager au kibboutz Beeri aux premières heures de ce samedi matin. Lorsqu’il est tombé dans une embuscade, il se trouvait au téléphone avec son fils, Shahar.
Sa dépouille a été rapatriée mardi soir, avec celles de deux autres otages assassinés, et identifiée mercredi. Le lendemain, soit plus de 740 jours après l’assassinat de Levy, sa famille a organisé ses funérailles, dans sa ville natale de Bat Yam. Shahar a prononcé son éloge funèbre devant une foule composée de centaines d’amis et de proches.
« Papa, je traverse une période très difficile. Je n’ai plus envie de rien. Je veux juste que tu reviennes, et que tu me serres dans tes bras une dernière fois », a déclaré Shahar.
Dans son éloge funèbre, il a annoncé à son père qu’il allait se marier en mars et que, s’il avait un fils, alors celui-ci porterait le nom d’Eitan Levy.
« Un jour, si Dieu le veut, lorsque je me marierai et que j’aurai des enfants, je donnerai ton prénom à mon fils, parce que, papa, tu le mérites, tout simplement », a ajouté Shahar.
« En mars prochain, je vais épouser mon âme sœur. Ton rêve va enfin se réaliser. Et même si tu ne peux pas m’accompagner physiquement jusqu’à la huppa, je sais que tu seras là, avec moi, dans mon cœur, dans mon âme, dans chacun de mes souffles », a-t-il poursuivi.
Levy laisse également derrière lui sa sœur, Sigi, ainsi que son ex-femme, Aviva, dont il est resté très proche, jouant le rôle de figure paternelle auprès de ses trois enfant Sunny, River et Reef, issus de son remariage avec Chen.
« Papa, je sais désormais ce que signifie vivre sans père », a dit Shahar. « Ce que cela signifie de se réveiller chaque jour en étant l’homme de la maison. De prendre soin de maman, de Sunny, de Chen, alors que nous sommes tous brisés et effondrés, parce que tu nous manques tellement. Reef et River, qui sont maintenant de vrais petits hommes, te cherchent sans arrêt. Et moi… je suis brisé. Comme si quelqu’un m’avait tiré une balle en plein cœur. »
« Bien sûr, nous avons connu des moments difficiles, nous nous sommes disputés comme peuvent le faire un père et son fils, mais je sais que tu me pardonnes, parce que j’ai commis des erreurs, et je veux que tu saches, maintenant que tu est là-haut, parmi les anges, que je te pardonne aussi, de tout mon coeur, même s’il est aujourd’hui brisé », a-t-il indiqué.
« Père, ma nouvelle vie est une vie marquée par le chagrin et par la perte. Je réapprends à aimer, à rire, à travailler. Mais il y a toujours un vide dans mon cœur. Cette place qui est la tienne », a-t-il dit.
Ce n’est que quarante jours après l’attaque du 7 octobre que la famille de Levy a été informée qu’il était vraisemblablement retenu en otage à Gaza. En décembre 2023, les autorités ont confirmé que Levy avait été tué le 7 octobre et que son corps avait été emporté.
En août 2024, sa famille a accepté de diffuser des images choquantes sur lesquelles on voit la dépouille de Levy traînée dans les rues de Gaza, rouée de coups et piétinée par des Gazaouis.
Après la confirmation initiale du décès de Levy, sa famille avait organisé une cérémonie commémorative et observé la shiva, la semaine de deuil traditionnelle, mais n’avait pas été en mesure d’organiser de funérailles.
Jeudi, dans son éloge funèbre, la sœur de Levy a évoqué la douleur de ces deux dernières années, ajoutant : « Ton corps nous est enfin revenu. Il est revenu sur le sol israélien. »
« Deux années entières ont passé depuis cette terrible journée, celle où tu as été cruellement assassiné et emmené à Gaza », a-t-elle poursuivi. « Deux années de douleur, sans relâche, de silence, de cris dans mon cœur, de nuits sans sommeil et de journées sans pouvoir respirer. »
Et de conclure : « Mon Eitan, tu étais la lumière de la maison, celui qui embrassait, qui riait, qui aidait et qui aimait chacun de nous. Tu avais un cœur en or, et un sourire qui faisait fondre les cœurs. Tu restes gravé dans chacun de mes souffles, chacune de mes pensées, chacune de mes larmes. »
la Communauté du Times of Israël !







