Une foule venue rendre un dernier hommage longe le cortège funèbre d’Inbar Haïman
Yifat Haïman raconte que sa fille, dernière otage féminine, a attendu le retour des otages de Nova, témoignant ainsi de son "altruisme" ; Isaac Herzog rend hommage à cette "courageuse" artiste
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Des centaines de personnes se sont massées le long des routes et des ponts dans le centre d’Israël pour rendre un dernier hommage à Inbar Haïman, la dernière femme otage à sortir de Gaza, alors que son cortège funèbre se dirigeait vendredi vers le cimetière de Petah Tikva.
Inbar, 27 ans, a été enlevée lors du festival de musique Nova le 7 octobre 2023 et emmenée de force à Gaza.
Le Forum des familles des otages et disparus avait annoncé le 16 décembre 2023 qu’elle avait été assassinée en captivité. Son corps a été détenu à Gaza jusqu’à ce que le groupe terroriste palestinien du Hamas le restitue à Israël mercredi soir.
Elle laisse derrière elle ses parents, Yifat et Haïm Haïman, son frère, Ido, et son compagnon, Noam Alon, qui se sont battus sans relâche pour obtenir sa libération au cours des deux dernières années.
La famille Haïman a demandé à ceux qui viendraient lui rendre un dernier salut de porter du rose, en hommage au pseudonyme de cette graffeuse et étudiante en communication visuelle : « Pink ».
Une rose rose était posée sur son cercueil.
Lors des funérailles, sa mère, Yifat, a déclaré : « Repose en paix, mon ange rose. »
« Tu as attendu que toutes les personnes de Nova reviennent, et tu es la dernière à être revenue », a-t-elle poursuivi.
« Nous avons attendu mois après mois, accord après accord, et finalement, tu es arrivée en dernier, car tu es ainsi, tu aidais tout le monde. »
Inbar était la dernière femme retenue en otage à Gaza.
« Comment une mère peut-elle se séparer de sa fille après l’avoir élevée pendant 27 ans ? », a-t-elle demandé.
« Comment élever une fille aussi rayonnante et belle, qui aide toujours tout le monde et se fait passer en dernier ? »
Son père, Haïm, a déclaré qu’Inbar était « une fille d’une générosité, d’une liberté, d’une lumière et d’un amour infinis ».
« Comment puis-je te dire adieu alors que j’ai l’impression que tu es toujours en vie ? » a-t-il demandé à son tour.
« Je me souviens de nos randonnées tous les samedis, quand nous faisions du vélo dans les vergers derrière la maison. »
« Je me souviens t’avoir fait une queue de cheval et t’avoir emmenée à la maternelle. Ton rire joyeux, tes gros câlins… Je me souviens de chaque instant, ma magnifique fille. »
Son compagnon, Noam Alon, a déclaré qu’Inbar lui avait appris à aimer.
« Tu as changé ma vie et m’as fait ressentir des choses que je ne pensais jamais pouvoir ressentir », a-t-il dit.
« J’aurais aimé que ta fin soit différente… Je ne veux pas qu’on se souvienne de toi pour la façon dont ta vie s’est terminée. C’est injuste. »
« Tu étais en vie, et depuis deux ans, tout le monde ne parle que de ta mort », a-t-il regretté.
« Je veux me souvenir de toi tel que tu étais avant le 7 octobre. »
Le président Isaac Herzog lui a rendu hommage lors de ses funérailles à Petah Tikva.
« Chère Inbar, bien-aimée, courageuse – la dernière des [femmes] otages à nous revenir ! », a déclaré Herzog, avant d’ajouter : « Nous sommes tous ici… pour enfin te permettre de reposer en paix. »
S’adressant à la famille Haïman, Herzog leur a demandé « pardon ».
« Pardon de ne pas avoir été là pour vous. Pardon de ne pas avoir pu la sauver. Pardon d’avoir mis si longtemps à la ramener à la maison. »
Le président a décrit Inbar, comme « une artiste dans l’âme, un esprit libre, courageuse et sensible ».
Il a déploré qu’elle ait « connu une mort aussi cruelle, entraînée dans les ténèbres de l’enfer par les monstres du Hamas ».
« Dans quel genre de monde des parents doivent-ils espérer, pendant deux longues et horribles années, de simplement avoir le droit d’enterrer leur fille bien-aimée ? », a-t-il demandé.
Compte tenu du retour du corps d’Inbar et de huit autres otages morts cette semaine, ainsi que de la libération des vingt derniers otages encore détenus à Gaza, Herzog a déclaré : « Peut-être pouvons-nous enfin commencer à respirer un peu. »
Il a toutefois souligné que « la mission n’est pas encore terminée » tant que les dix-neuf derniers otages morts n’auront pas été rendus à leur famille.
« Nous ne devons ni nous reposer ni rester inactifs tant que chacun de nos disparus n’aura pas trouvé le repos dans la terre de notre patrie », a-t-il ajouté.
Le responsable gouvernemental chargé des otages, Gal Hirsch, ainsi que les ministres de la Justice, Yariv Levin, et des Sciences et Technologies, Gila Gamliel, tous deux membres du Likud et du cabinet de sécurité, étaient également présents.
Levin, a été apostrophé par une personne présente aux funérailles d’Inbar.
« Partez d’ici ! » lui a-t-il ordonné.
???? מוקד יריב לוין
???? מוקד הרצוגמהומה בהלוויה.
אלון משעלי
״אסור לנו לקבל את זה!!!״
זועם על יריב לוין והנשיא שנמצאים לידו .צילום: עידו ששון pic.twitter.com/0pfdFZLn3g
— מחאת השכנים (@NeighborsPT) October 17, 2025
L’individu a été identifié comme étant Alon Mishali, éminent défenseur des négociations pour la libération des otages et militant anti-gouvernement.
« Nous ne pouvons pas accepter cela ! » a-t-il déclaré, faisant manifestement référence à la présence de Levin. Les applaudissements qu’il a reçus de ceux qui l’entouraient ont toutefois couvert le reste de ses propos, selon la vidéo de la scène.
Mishali a également publié sur Facebook une vidéo de l’arrivée de Levin et Gamliel aux funérailles, en demandant : « Comment osent-ils se montrer aux funérailles d’Inbar Haïman ? »
« On ne doit pas banaliser le fait qu’ils n’aient aucune honte », a-t-il exigé dans sa vidéo.
« Vous légitimerez ceux qui détruisent consciemment Israël et ses valeurs les plus fondamentales ! »
la Communauté du Times of Israël !







