13 000 enfants ont été traités pour malnutrition à Gaza en juillet – ONU
L'OCHA indique que la majorité des camions d'aide ont été pillés, mais note une baise du prix des denrées alimentaires et une augmentation de la production de repas chauds
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Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a déclaré dans un rapport périodique sur la situation dans la bande de Gaza que près de 13 000 enfants ont été admis dans des centres de traitement en raison de malnutrition aiguë en juillet, dans un contexte de grave pénurie alimentaire.
Le rapport publié mercredi dresse un tableau sombre pour les enfants de la bande de Gaza, où l’augmentation des cas de malnutrition aiguë et des hospitalisations fait peser une pression encore plus forte sur le système de santé déjà surchargé et exsangue de l’enclave.
Selon l’OCHA, le nombre total de cas de malnutrition aiguë sévère diagnostiqués chez les enfants en juillet est passé à 2 800, soit environ 22 % de tous les cas de malnutrition infantile diagnostiqués le mois dernier.
Si, dans la plupart des cas, la malnutrition aiguë peut être traitée dans l’un des 106 centres ambulatoires qui lui sont consacrés dans la bande de Gaza, l’OCHA a indiqué que les cas nécessitant une hospitalisation sont de plus en plus difficiles à prendre en charge.
Au total, 129 cas de malnutrition aiguë sévère avec complications nécessitant une hospitalisation ont été diagnostiqués en juillet. Cela représente une forte augmentation par rapport aux mois de janvier à juin, où seuls 215 cas avaient nécessité une hospitalisation.
Malgré la demande croissante, il n’existe toujours que cinq sites dans toute la bande de Gaza où les enfants souffrant de complications liées à la malnutrition aiguë sévère peuvent être stabilisés et traités, a déclaré l’OCHA. Deux de ces sites de stabilisation sont situés à Gaza-City, un à Deir al-Balah et les deux derniers à Khan Younès.
Au total, seuls 43 lits sont disponibles dans ces cinq sites.
Le rapport n’a pas confirmé l’âge des enfants diagnostiqués souffrant de malnutrition au cours du mois dernier.
Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que 42 enfants étaient morts de causes liées à la malnutrition depuis le 1er juillet, ainsi que 129 adultes, bien que ces chiffres n’aient pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Élargissant son champ d’examen pour évaluer la situation humanitaire dans toute la bande de Gaza, le rapport de l’OCHA dresse un tableau sombre.
Il indique que, bien que le Programme alimentaire mondial des Nations unies ait collecté 1 012 camions transportant 13 000 tonnes de nourriture aux points de passage frontaliers de Gaza en juillet, seuls 10 d’entre eux ont atteint les entrepôts prévus une fois à l’intérieur de la bande de Gaza.
Les autres ont été « déchargés en cours de route », précise-t-il, sans préciser s’il s’agissait d’un vol organisé ou d’un pillage par des foules de civils.
En théorie, selon l’OCHA, le secteur de la sécurité alimentaire (Food Security Sector ou FSS) estime qu’il y a suffisamment de nourriture à Gaza ou en route vers Gaza pour nourrir la population d’environ 2,1 millions de personnes pendant les trois prochains mois. Mais dans les faits, « le risque de détérioration et d’infestation des denrées alimentaires bloquées a considérablement augmenté, et certaines d’entre elles arrivent à leur date de péremption ».
Il a ajouté que le FSS appelait à « une aide humanitaire à grande échelle avec un accès garanti, sûr, sans entrave et durable » afin de garantir que la totalité des denrées alimentaires destinées à Gaza parvienne réellement à destination.
Les images de Gazaouis affamés ont suscité l’indignation internationale le mois dernier et ont exercé une pression considérable sur Israël jusqu’à ce que celui-ci annonce, le 27 juillet, des mesures visant à permettre l’acheminement d’une aide supplémentaire dans la bande de Gaza.
Toutefois, les organisations humanitaires ont averti que ces mesures légèrement assouplies, notamment la reprise des largages aériens de vivres à Gaza, ne suffisent pas à combler le déficit créé par des mois de pénurie ou de quasi-absence d’aide dans l’enclave, et qu’en outre, seule une fraction de l’aide envoyée parvient à entrer dans la bande de Gaza.
Israël nie fermement limiter l’acheminement de l’aide et accuse d’une part le Hamas d’exploiter les livraisons pour renforcer ses capacités militaires et d’autre part les organisations onusiennes de ne pas la distribuer.
Jeudi, des dizaines d’organisations humanitaires ont signé une déclaration affirmant qu’Israël refusait de laisser plusieurs ONG internationales distribuer de l’aide à Gaza, laissant ainsi des millions de dollars de nourriture et d’autres formes d’aide dans des entrepôts et compromettant les futures opérations humanitaires.
Par ailleurs, le journal Haaretz a rapporté que d’énormes quantités d’aide humanitaire avaient été déversées de camions à Gaza et gaspillées parce que l’armée israélienne ne permettait pas aux organisations de sécuriser correctement leur cargaison.
Selon le reportage, les soldats israéliens au poste-frontière de Kerem Shalom pressent les travailleurs humanitaires de charger rapidement les camions, qui sont régulièrement retardés de plusieurs heures. Comme les denrées alimentaires ne sont pas bien ficelées et que les personnes qui attendent l’aide n’ont pas le temps de repérer l’itinéraire emprunté, il est facile de piller les camions lorsqu’ils arrivent dans les zones où se trouvent les civils.
Le mauvais état de l’aide entraîne également d’importantes pertes, car les routes empruntées par les organisations humanitaires ont été gravement endommagées par la guerre.
Même les images satellites montrent de longues traînées de farine s’étendant depuis le point de passage de Kerem Shalom.
For months, aid agencies have begged Israel to open other crossings, allow safe routes, and secure loads — all denied. The result: food visible from space, but not on Gazans’ plates.
— Peace Now (@peacenowisrael) August 13, 2025
Le COGAT, l’organisme du ministère de la Défense qui coordonne l’aide, a répondu à la déclaration signée par les travailleurs humanitaires en affirmant qu’Israël investissait « des efforts considérables » dans la distribution de l’aide et n’imposait « aucune limite quantitative » au nombre de camions entrant dans la bande de Gaza.
L’agence n’a pas répondu aux questions spécifiques concernant le volume des livraisons d’aide, ni à l’affirmation de Haaretz concernant les restrictions imposées par Israël sur la fixation correcte de l’aide sur les camions.
Baisse des prix des ingrédients, amélioration de l’accès aux repas chauds
Cependant, même si une grande partie de l’aide n’atteint pas sa destination prévue et que les avertissements sont alarmants quant à l’insuffisance de l’aide par rapport aux besoins, l’assouplissement des restrictions a eu un impact dans la bande de Gaza, selon l’OCHA, qui indique que « différents types de denrées alimentaires ont commencé à arriver sur les marchés ».
En conséquence, l’assouplissement des restrictions a fait baisser le prix de certains ingrédients de base, le prix du sucre étant tombé à 30-40 shekels (9-12 dollars) le kilo au 10 août, contre un prix record de 600 shekels (180 dollars) le kilo au début de l’année.
Et ce ne sont pas seulement les ingrédients qui sont devenus plus accessibles pour les civils de Gaza : la quantité de repas chauds préparés par les organisations humanitaires a également augmenté, selon l’OCHA.
En date du 10 août, 324 000 repas étaient préparés chaque jour dans 81 cuisines communautaires à travers la bande de Gaza, contre 259 000 deux semaines plus tôt.
Sur ce nombre, environ 99 000 sont distribués aux habitants du nord de la bande de Gaza et 225 000 à ceux du centre et du sud.
Bien que la tendance soit positive, l’OCHA a réaffirmé que ces chiffres sont loin du million de repas distribués quotidiennement dans la bande de Gaza en avril.
« Les gens continuent de souffrir d’une alimentation extrêmement déséquilibrée, dépourvue de nutriments essentiels, ce qui augmente le risque de malnutrition aiguë », a-t-il averti.
L’accès à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza reste dangereux, même si la quantité a quelque peu augmenté ces dernières semaines, avec des signalements quasi quotidiens faisant état d’incidents faisant de nombreuses victimes à proximité des sites d’aide.
Jeudi, un porte-parole de l’agence de défense civile administrée par le Hamas à Gaza a déclaré que six personnes avaient été tuées alors qu’elles attendaient l’aide humanitaire.
Bien que le porte-parole n’ait pas précisé si l’incident présumé s’était produit près d’un camion humanitaire ou sur un site de distribution d’aide humanitaire désigné, la majorité de ces incidents auraient eu lieu près de sites humanitaires gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël.
Selon les Nations unies, plus de 1 300 personnes ont été tuées en tentant d’obtenir de l’aide humanitaire dans l’enclave depuis que la GHF a commencé ses opérations en mai, la plupart d’entre elles ayant été abattues par les forces israéliennes opérant près des sites de la GHF.
Israël ne commente généralement pas les informations faisant état de tirs près des sites d’aide humanitaire, mais l’armée israélienne a reconnu par le passé avoir tiré des coups de semonce sur des foules qui s’approchaient trop près de ses soldats. Israël a également déclaré que les chiffres avancés par l’ONU étaient exagérés, sans toutefois fournir d’autres chiffres sur le nombre de victimes.
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