À Tel Aviv, une dernière prière de Kabbalat Shabbat pour marquer la fin du chapitre des otages
Des amis de Ran Gvili remercient la foule rassemblée au nom de sa famille, qui observe la shiva ; les participants entonnent des chants dans une ambiance contrastée
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Avec le rapatriement du corps sans vie du policier Ran Gvili, qui était le dernier otage qui se trouvait encore à Gaza, le Forum des familles d’otages et de disparus a fait, vendredi, sa dernière prière de Kabbalat Shabbat sur la place des Otages à Tel Aviv.
L’ambiance a été sobre mais joyeuse – et le temps a été chaud et ensoleillé alors que des centaines de personnes se sont rassemblées pour l’office accueillant le Shabbat.
La grande majorité des installations qui occupaient depuis longtemps la place ont été retirées, mais pas toutes.
Sous une tente, les participants ont bu du vin et ils ont mangé des gâteaux tandis qu’un homme chantait « Habayta », une chanson sur le retour au foyer qui est devenue l’hymne du mouvement en faveur de la libération des otages.
La crise des otages, qui avait débuté le 7 octobre 2023, a duré 843 jours et elle s’est terminée le 26 janvier 2026 avec le rapatriement au sein de l’État juif de la dépouille de Gvili. Avec son retour, plus aucun Israélien n’est retenu en otage dans la bande de Gaza – ce qui ne s’était pas produit depuis 2014.
Ayelet Sela Youngerman, la représentante du mouvement des kibboutz qui a organisé la cérémonie, a ouvert la cérémonie en notant que l’ambiance qui régnait sur la place était très différente depuis le rapatriement du corps sans vie de Gvili.
« Pendant plusieurs semaines, je me suis tenue ici et j’ai lancé la prière de la Kabbalat Shabbat par la phrase obligatoire : ‘Jusqu’au dernier otage’ n’est pas seulement un slogan », a-t-elle déclaré. « Aujourd’hui, grâce à vous, nous pouvons dire que nous avons tenu notre promesse : Rani est de retour et il n’y a plus d’otages ».
La famille de Gvili n’était pas présente à l’office parce qu’elle observait la période de deuil de sept jours, appelée Shiva, en l’honneur du défunt. Trois de ses amis, qui n’ont pas donné leur nom, ont représenté la famille et ils ont remercié les centaines de personnes qui s’étaient rassemblées sur la place.
« Vous leur avez donné le sentiment que Rani était vraiment le fils de tous les Israéliens », a commenté l’un de ces amis. « C’est un moment de rassemblement, un moment de deuil, un moment de souvenir, pour faire nos adieux à notre frère, à notre fils, à notre ami ».
« Au nom de la famille et des amis, nous voulons remercier tous ceux qui n’ont pas abandonné, qui sont venus alors que c’était difficile de venir, qui nous ont rappelé encore et encore que nous n’allions laisser personne derrière », a-t-il ajouté.
Après le discours de cet homme, la foule s’est mise à chanter – notamment « Shalom Aleichem », une chanson traditionnelle chantée le vendredi soir pour accueillir le Shabbat. En accord avec l’ambiance qui régnait sur la place, la chanson a commencé lentement et doucement, puis elle s’est transformée, se laissant aller à un tempo plus entraînant.
Dvora Idan, la mère de l’otage assassiné Tsahi Idan, a encouragé la foule à rester fidèle à la valeur de la responsabilité mutuelle.
« Nous ne laissons personne derrière nous », a-t-elle dit. « C’est une valeur qui est ancrée dans l’esprit de l’armée israélienne, et maintenant, alors que le dernier otage, Ran, a fait son retour il y a peu pour avoir droit à des funérailles dignes et appropriées, nous avons tous ressenti ce bonheur de constater que la valeur de l’amitié a retrouvé sa place légitime ».
Elle a ajouté : « Nous pouvons agir, nous pouvons nous renforcer et construire. Malgré toutes les disputes, la colère, malgré toute la haine, il y a une valeur qui nous unit, une valeur que tout le monde connaît, et c’est ‘Aime ton prochain comme toi-même’. Ce n’est pas seulement un verset de la Torah, c’est une phrase qui nous oblige et qui nous renforce, nous, notre société ou cette nation ».
Omri Miran, un otage remis en liberté, a également pris la parole et il s’est souvenu du moment où il a appris que Gvili avait été ramené de Gaza.
« Rani est de retour et soudain, nous pouvons à nouveau respirer un peu mieux », a indiqué Miran, qui avait été kidnappé au kibboutz Nahal Oz lors du pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, et qui avait été libéré en octobre 2025, plus de deux ans plus tard. « Soudain, sans crier gare, j’ai senti une expiration plus profonde et une inspiration beaucoup, beaucoup plus profonde. Cela a été une expérience incroyable, dont la puissance m’a surpris ».
Miran a exprimé son inquiétude concernant la capacité des Israéliens à maintenir l’unité qu’ils ont ressentie lorsque le corps sans vie de Gvili est revenu en Israël, marquant la fin du long calvaire des otages.
« Je suis fier, mais j’ai aussi peur de ce que l’avenir nous réserve, ou, plus précisément, de ce que nous réserve le jour qui est déjà là », a-t-il affirmé. « Cette semaine, toute une nation a retenu son souffle. Tout un pays a pleuré, submergé par des sentiments puissants de tristesse et de soulagement. Tout un pays s’est retrouvé, l’espace d’un instant, vraiment uni. Et aujourd’hui, surtout aujourd’hui, je tiens à rappeler à tous que pour nous relever et nous reconstruire, nous devons également être unis ».
Miran a remercié les soldats de l’armée israélienne, les services de sécurité et les familles endeuillées. Il a également remercié la place des Otages elle-même. Il a été l’un des nombreux intervenants présents lors de la cérémonie à se demander à haute voix ce qu’il adviendrait de la place située devant le musée d’art de Tel Aviv qui, pendant plus de deux ans, a servi d’espace central en Israël dédié aux otages et à leurs familles. Miran l’a qualifiée de « deuxième maison ».
Le père de Miran, Dani, a également pris la parole et il a ouvertement demandé que le nom de la place reste « Place des otages », malgré le retour de tous les captifs. Il a proposé de consacrer un angle de la place à la mémoire des otages et il a suggéré d’y placer une sculpture métallique représentant un arbre, où les gens pourraient accrocher des souvenirs des otages.
La cérémonie s’est terminée par la Hatikvah, l’hymne national israélien, et par un refrain de « Shir L’Shalom », la chanson pour la paix qui avait été chantée par l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin peu avant son assassinat en 1995, non loin de l’actuelle place des Otages.
la Communauté du Times of Israël !







