Rechercher

Accusé d’interférence, l’ambassadeur américain à Paris calme le jeu avec la France

Charles Kushner avait republié une réaction de l'administration Trump au décès à 23 ans du militant d'extrême droite Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon

L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, quitte le palais de l'Élysée, à Paris, en France, après une rencontre avec le président français, le 18 juillet 2025. (Ludovic MARIN / AFP)
L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, quitte le palais de l'Élysée, à Paris, en France, après une rencontre avec le président français, le 18 juillet 2025. (Ludovic MARIN / AFP)

Après avoir ignoré une convocation de la France, l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris a eu un geste d’apaisement mardi en appelant le chef de la diplomatie française, et en se disant disposé « à ne pas interférer » dans le débat public national, comme cela lui était reproché.

« L’ambassadeur des États Unis en France a appelé le ministre » mardi midi, a indiqué à l’AFP l’entourage de Jean-Noël Barrot.

Ce dernier lui a rappelé les raisons qui avaient conduit à sa convocation au Quai d’Orsay: « la France ne peut accepter quelque forme d’ingérence ou d’instrumentalisation de son débat public national par les autorités d’un État tiers ».

Charles Kushner « a pris acte, exprimé sa volonté de ne pas interférer dans notre débat public et rappelé l’amitié qui lie la France et les États-Unis », a indiqué la même source.

Le ministère français des Affaires étrangères avait décidé lundi soir de hausser le ton, révoquant l’accès direct au gouvernement français de l’ambassadeur américain.

Charles Kushner, qui n’est pas un diplomate de carrière et dont le fils Jared est le gendre du président américain Donald Trump et son proche conseiller, avait été convoqué au Quai en raison de la republication par l’ambassade américaine d’une réaction de l’administration Trump au décès à 23 ans du militant d’extrême droite Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l’ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France.

L’ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui « devraient tous nous préoccuper ».

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrive pour assister à une réunion franco-allemande du Conseil des ministres à Toulon, dans le sud-est de la France, le 29 août 2025. (Crédit : Manon Cruz / Pool / AFP)

Mardi matin, Jean-Noël Barrot, interrogé sur France Info, avait alors estimé qu’une explication s’imposait de la part de Charles Kushner qui s’était fait représenter à la convocation par un responsable de l’ambassade, invoquant des engagements personnels.

En fonctions depuis l’été dernier, il avait déjà été convoqué fin août après des critiques jugées inacceptables par Paris sur « l’absence d’action suffisante » d’Emmanuel Macron contre l’antisémitisme.

Il s’était déjà fait représenter, faute cette fois d’être physiquement à Paris.

« Quand on a l’honneur de représenter son pays, les Etats-Unis d’Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères », avait lancé mardi matin Jean-Noël Barrot sur France Info.

Lundi soir, le Quai avait souligné l' »apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ». Par conséquent, celui-ci ne pouvait plus « accéder directement aux membres du gouvernement français ».

Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas donné suite aux demandes.

Jean-Noël Barrot avait estimé que cet incident relevait de la « responsabilité personnelle » de l’ambassadeur mais qu’elle n’affecterait « en rien la relation entre la France et les États-Unis » qui fêtent cette année le 250ᵉ anniversaire.

L’ambassadeur américain en France, Charles Kushner, dans la salle du Cabinet de la Maison Blanche, à Washington, le 25 mars 2025. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Clore l’incident

Dans un souhait apparent de clore définitivement l’incident, le ministre et l’ambassadeur sont convenus « de se rencontrer dans les jours à venir afin de poursuivre le travail au service d’une relation bilatérale dense », a indiqué l’entourage de Jean-Noël Barrot.

Ils évoqueront probablement un autre contentieux: les sanctions américaines à l’encontre de plusieurs citoyens européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.

Le président américain Emmanuel Macron a récemment écrit à son homologue américain Donald Trump pour plaider la levée des « sanctions injustement imposées » contre les deux Français.

Concernant la mort de Quentin Deranque, « nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques », avait souligné dimanche Jean-Noël Barrot, estimant que la France n’avait « aucune leçon s’agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l’internationale réactionnaire ».

La Première ministre italienne Giorgia Meloni avait également commenté la mort du militant d’extrême droite, provoquant une passe d’armes avec Emmanuel Macron qui l’a priée d’arrêter de « commenter ce qui se passe chez les autres ».

Emmanuel Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu’il n’y avait « pas de place pour les milices d’où qu’elles viennent », a réuni mardi des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les « groupes violents ultras ou extrêmes ».

Des manifestants se tiennent derrière une banderole sur laquelle on peut lire « Antifa assassins, justice pour Quentin » lors d’un rassemblement organisé à Paris le 15 février 2026, après le passage à tabac mortel de Quentin, un jeune homme de 23 ans, à Lyon. (Crédit: ALAIN JOCARD / AFP)

La mort de l’étudiant a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques.

Un suspect, mis en examen pour « complicité de meurtre », était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d’un député LFI.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.