Caroline Fourest rejette la rhétorique victimaire et complotiste de Rima Hassan
La journaliste critique l’idée d’un complot, en estimant, entre autres, que les éléments avancés pouvaient relever d’une interprétation vraisemblable
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Lorsque Rima Hassan est placée en garde à vue pour apologie du terrorisme, à la suite d’une publication sur le réseau social X (depuis supprimée), des fuites dans la presse font état de la présence de drogue dans ses effets personnels. Dans ce message, elle citait des propos d’un membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans un attentat meurtrier en Israël en 1972.
Selon une dépêche de l’AFP, les policiers auraient identifié, lors de sa garde à vue des « matières s’apparentant d’une part à du CBD » et « d’une autre part à de la 3-MMC », une drogue de synthèse, en précisant qu’il fallait attendre les résultats « d’analyses complémentaires ».
Une fois ces analyses effectuées, il apparaît qu’une partie des substances est légale, tandis qu’une autre ne l’est pas. La première contiendrait 82 % de CBD — ce qui est légal. La seconde présenterait un taux de 1,04 % de delta-9 THC, supérieur au seuil autorisé — donc illégal. Toutefois, le parquet estime que ce taux reste trop faible pour établir une « intentionnalité » et classe l’affaire sans suite. Les médias ayant relayé la dépêche de l’AFP rectifient alors, pour la plupart, leurs informations, en soulignant ce classement sans suite.
Rima Hassan et son avocat, Vincent Brengarth, dénoncent alors un « complot », évoquant un « naufrage médiatique et judiciaire ». Rima Hassan assure elle avoir été « l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire et politique » en raison de « ses opinions politiques ». Vincent Brengarth déclare que « présenter Rima Hassan comme droguée sert un récit politique », ajoutant : « la procédure a été construite de toutes pièces ».
Par ailleurs, sur sa chaîne, Antoine Léaument, également membre de La France Insoumise, va jusqu’à suggérer que la police pourrait elle-même introduire de la drogue dans les effets personnels des personnes en garde à vue. Jean-Luc Mélenchon évoque quant à lui une « barbouzerie d’État ».
Or, Caroline Fourest, directrice de la rédaction de Franc-Tireur, tient à rappeler que si les résultats des analyses complémentaires ont conduit à un classement sans suite, elle mentionne également que, avant ces résultats, la journaliste d’investigation Nora Bussigny avait mis au jour des éléments passés laissant supposer une consommation de drogue par Rima Hassan. Caroline Fourest affirme avoir initialement choisi de ne pas publier ces informations. Elle maintient néanmoins leur existence, ajoutant disposer de preuves. Elle explique : « Ce sont ces déclarations complotistes qui nous ont poussés à révéler l’existence de messages anciens montrant que Rima Hassan avait déjà consommé de la drogue de synthèse. » Elle précise vouloir « alerter sur la malhonnêteté politique de cette défense ».
Par ailleurs, Caroline Fourest souligne que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a lui-même regretté ces fuites et annoncé avoir saisi l’Inspection générale de la Justice. Cette déclaration faisait suite à une question du député LFI Thomas Portes, qui réclamait le départ du porte-parole du ministère, Sacha Straub-Kahn. Ce dernier, dont le nom à consonance juive a suscité de nombreux commentaires antisémites sur les réseaux sociaux, a été défendu par Darmanin, tandis que ces attaques ont été largement ignorées par Portes.
Le Canard Enchaîné affirme que M. Straub-Kahn aurait échangé avec plusieurs journalistes pendant l’audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue.
L’intéressé a dénoncé sur X des « allégations mensongères du Canard Enchaîné » et a déposé plainte pour diffamation, ainsi que pour des « injures antisémites inacceptables » dont il se dit victime.
Caroline Fourest rappelle enfin que, même si une substance présentant un taux illégal a été identifiée, le parquet a estimé ce taux trop faible pour caractériser une intentionnalité, justifiant ainsi le classement sans suite — « ce qui est bien la preuve qu’il n’existait aucun complot ».
Cette affaire pourrait toutefois détourner l’attention du fond du dossier : celle-ci se focalise sur la question de la drogue plutôt que sur celle de l’apologie du terrorisme. Caroline Fourest déplore en effet que l’eurodéputée Rima Hassan puisse « peut-être être relaxée pour ce délit » en raison d’un recours en nullité déposé par son avocat. Me Vincent Brengarth soutient que ces fuites « anéantissent la légalité, la crédibilité et l’impartialité de la procédure ».
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