Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi à Cannes malgré l’opposition de son fils
C'est la remise en cause du droit à l'avortement aux États-Unis en 2022 qui a conduit Lauriane Escaffre et Yvo Muller à travailler sur ce film
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

En projetant à Cannes leur film « L’affaire Marie-Claire » sur le procès de Bobigny en 1972 contre l’avortement, les réalisateurs Lauriane Escaffre et Yvo Muller défendent une démarche qui a « du sens en 2026, plus que jamais ».
Charlotte Gainsbourg y campe l’avocate Gisèle Halimi et Cécile de France la mère de la jeune Marie-Claire, accusée d’avoir avorté illégalement après un viol.
Ce long-métrage, le premier à porter sur cet épisode historique, fait des allers-retours haletants entre le huis clos de la salle d’audience et le cheminement jusqu’à ce procès retentissant qui a ouvert la voie à la légalisation de l’IVG en France.
C’est la remise en cause du droit à l’avortement aux États-Unis en 2022 qui a conduit Lauriane Escaffre et Yvo Muller à travailler sur ce film : « les droits acquis un jour peuvent être détricotés », soulignent-ils.
Fidèles aux faits, les réalisateurs se sont inspirés de la retranscription du procès et des écrits de Gisèle Halimi, décédée en 2020.
Ils sont allés chercher Charlotte Gainsbourg et Cécile de France, presque à contre-emploi : la première cache ses doutes derrière un masque de détermination, la seconde est toute en retenue, à l’inverse de leurs rôles habituels.
Lauriane Escaffre, elle-même ancienne comédienne, comme Yvo Muller, « adore aller chercher chez les personnes ce qu’il y a d’évident et de moins évident ».
Au sujet de Charlotte Gainsbourg, « on s’est dit : ‘on croit savoir comment l’emmener là' », dans la faille originelle du rapport à la mère pour Gisèle Halimi, et dans l’expression de son autorité, explique Yvo Muller.
Le choix de la fille de Jane Birkin et de Serge Gainsbourg a fait débat car Charlotte Gainsbourg avait cosigné en septembre dernier une tribune demandant de conditionner la reconnaissance d’un État palestinien par la France à la libération des otages et au démantèlement du Hamas. Gisèle Halimi était une fervente pro-Palestinienne.
Serge Halimi, fils de Gisèle Halimi, avait alors désapprouvé le choix de l’actrice pour incarner sa mère, qui « aurait lu cette tribune avec dégoût » selon lui. On ne sait pas, après cette tribune parue dans Blast si Serge Halimi, qui n’a pas condamné le pogrom du 7-Octobre, est en faveur du Hamas ou s’il avait préféré que les otages restent aux mains du Hamas. Ancien directeur du Monde diplomatique (jusqu’en janvier 2023) et conseiller de sa rédaction, Serge Halimi a publié avec Pierre Rimbert un article en 2025 et en 2026 critiquant ce qu’ils appellent le « lobby pro-israël en France » et dénonçant la situation humanitaire à Gaza, enclave transformée, selon eux, en « camp de concentration ».
Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi est « un choix artistique, c’est ce que l’on défend », répond Yvo Muller.
Les co-réalisateurs jouent eux-mêmes dans « L’Affaire Marie-Claire », leur deuxième long-métrage après « Maria rêve » en 2022. Ils figurent aux côtés notamment de Grégory Gadebois et Saül Benchetrit, fille d’Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit, qui incarne Marie-Claire Chevalier.
Le film, hors compétition à Cannes, sortira en salles le 4 novembre prochain.
la Communauté du Times of Israël !







