Cisjordanie: La police recrute des volontaires des implantations pour sa nouvelle unité
Des groupes de surveillance redoutent une hausse des violences ; Ben Gvir défend une force "offensive" qui reflète un nouvel "état d'esprit combatif"
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La police a annoncé mercredi soir la création en Cisjordanie d’une unité de volontaires juifs issus des implantations, une initiative dénoncée par plusieurs groupes de défense des droits comme étant une milice privée fidèle au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Cette force quasi policière, censée fournir une « réponse immédiate aux attaques terroristes » en attendant l’arrivée de la police ou de Tsahal, a déjà doté plus de 100 volontaires en armes et équipements.
Des organisations de surveillance des activités dans les implantations ont averti que cette mesure risquait d’aggraver les violences perpétrées par certains résidents à l’encontre des Palestiniens – un phénomène en nette recrudescence ces deux dernières années, qui a poussé de nombreux habitants palestiniens de Cisjordanie à fuir leurs villages par crainte des attaques.
L’unité a été déployée mercredi soir lors d’une cérémonie au Tombeau des Patriarches, dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, en présence de Ben Gvir s’est adressé aux nouvelles recrues.
Il a annoncé que 105 volontaires avaient été recrutés à ce jour dans l’unité de Cisjordanie, qui dispose jusqu’à présent d’escouades dans les implantations d’Efrat, de Gush Etzion, de Kiryat Arba, d’Hébron et du conseil régional de Megilot.
« Ces escouades marquent une rupture avec la mentalité défensive pour adopter une posture combative, militante et offensive », a déclaré le ministre, lui-même habitant de Kiryat Arba.
Ben Gvir était entouré de hauts responsables policiers, dont le commissaire adjoint Avshalom Peled et le commandant du district de Cisjordanie Moshe Pinchi. Le chef de la police, Danny Levy, était absent.
Les forces de l’ordre ont indiqué que les volontaires avaient été accrédités avec des « autorités policières spéciales » après avoir suivi ces dernières semaines une formation aux techniques de lutte contre le terrorisme. Ils ont été équipés d’armes, d’uniformes et de matériel de protection.
La première antenne de cette unité a été établie dans l’implantation de Maale Adumim, à l’est de Jérusalem-Est, a indiqué le maire de la ville, Guy Yifrach, à la fin du mois de mai.
Les organisations opposées au mouvement des implantations et au phénomène des violences perpétrées par les résidents des implantations ont exprimé leur vive inquiétude face à la création de cette nouvelle force de volontaires.
La Paix maintenant a qualifié l’unité de « milice armée des proches [de Ben Gvir] dans les implantations » et a accusé la police de « donner aux extrémistes les moyens et le soutien nécessaires pour saper la sécurité ».
L’organisation a aussi souligné qu’à la suite du pogrom commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, Tsahal avait mis en place en Cisjordanie des « bataillons de défense régionale » composés en grande majorité de résidents d’implantations.
Ces bataillons de défense régionaux ont été à plusieurs reprises accusés de violences contre des Palestiniens, et il existe de nombreux cas documentés où ces unités se sont livrées à des actes d’agressions physiques, de harcèlement grave et de destruction de biens.
« L’expérience des deux dernières années, au cours desquelles des résidents d’implantations ont reçu armes et pouvoirs au sein des bataillons de défense régionale de l’armée, montre que, dans de nombreux cas, ce sont eux qui génèrent la violence, et non qui la préviennent », a déclaré La Paix maintenant.
Yesh Din, qui fait campagne contre la violence des résidents des implantations, a formulé des critiques similaires, déclarant que « comme nous l’avions prédit, au cours des deux dernières années, le fait de confier armes et uniformes à des résidents d’implantations a favorisé les violences contre les Palestiniens, les pogroms dans les villages et l’expulsion des Palestiniens de leurs terres ».
L’organisation a ajouté que la nouvelle unité « aggravera les violences à l’encontre des Palestiniens, au lieu de contribuer à l’application de la loi face aux résidents d’implantations violents ».
Ben Gvir, qui supervise la police, défend depuis longtemps la création d’escouades de sécurité composées de civils volontaires.
Il a lancé des projets similaires à l’intérieur de la Ligne verte, mais plusieurs ont été critiqués pour leur absence de supervision et des arrestations jugées abusives.
Le mois dernier, le syndicat des journalistes a interpellé la police de Tel Aviv après qu’une escouade civile dirigée par le rappeur d’extrême droite Yoav Eliasi a brièvement détenu plusieurs journalistes sur un site touché par un missile balistique iranien, sans justification apparente.
En réponse, la police du district de Tel Aviv a annoncé que ses unités de sécurité ne seraient plus autorisées à interagir avec les journalistes, a indiqué le syndicat.
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