Des cellules photovoltaïques et des pompes à chaleur pour remplacer les chauffe-eau solaires
Les chauffe-eau sur les toits, omniprésents dans le pays, pourraient disparaître, le gouvernement encourageant l'adoption de nouvelles technologies moins coûteuses et plus efficaces pour chauffer l'eau
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Le ministère de l’Énergie et des Infrastructures a dévoilé mercredi un nouveau projet visant à supprimer progressivement les chauffe-eau solaires omniprésents sur les toits israéliens au profit de panneaux photovoltaïques (PV) et de pompes à chaleur. Une mesure qui, selon lui, contribuera à réduire le coût de la vie, ainsi qu’à remodeler l’économie du pays en matière d’énergie.
Cette mesure marquerait en outre un progrès significatif par rapport à la réglementation énergétique – datant des années 1980 – qui rendait obligatoire l’installation de chauffe-eau solaires dans les foyers israéliens. Il s’agissait, certes, d’un système avancé pour l’époque. Mais des technologies plus efficaces sont désormais disponibles, a déclaré le ministère.
« Après 50 ans d’utilisation, le moment est venu de tourner la page sur ces anciens procédés », a indiqué le ministère dans son communiqué.
Les réglementations relatives aux nouveaux bâtiments non résidentiels et aux maisons individuelles entreront en vigueur jeudi. Une proposition visant à étendre ces réglementations aux immeubles résidentiels à plusieurs étages restera ouverte à la consultation publique pendant les deux prochains mois, dans l’espoir qu’elle entrera en vigueur courant 2026, a précisé un porte-parole du ministère.
Si le ministère souhaite pouvoir offrir des incitations permettant aux bâtiments existants de passer au nouveau système, il reconnaît toutefois qu’il serait pratiquement impossible de rendre une telle conversion obligatoire, a-t-il ajouté.
Les chauffe-eau solaires équipent actuellement quelque 85 % des foyers israéliens, leur permettant d’économiser environ 5 % de leur consommation totale d’électricité, a indiqué le ministère.
Leur utilité reste néanmoins limitée, l’énergie solaire ne pouvant être collectée la nuit ou par temps couvert, ont expliqué les représentants du ministère lors d’une conférence de presse. En cas de non disponibilité de l’énergie solaire, les habitants peuvent utiliser des chaudières – inefficaces – de 2,5 kilowatts, qui sont alimentées par leurs fournisseurs d’électricité.
Aux heures de pointe, alors que nombre d’Israéliens se douchent, le soir, les chauffe-eau électriques peuvent consommer jusqu’à 25 % de toute l’électricité produite dans le pays, a fait savoir le ministère. Le chauffage de l’eau, dans l’ensemble, représente environ 14 % de la consommation annuelle totale d’électricité des ménages.
De plus, a fait remarquer le ministère, les chauffe-eau solaires offrent un décor peu esthétique sur les toits des immeubles, et ne profitent qu’aux sept derniers étages. Selon les réglementations en matière de construction, les appartements situés à plus de sept étages du dernier niveau ne peuvent pas utiliser les chauffe-eau solaires, une restriction qui a pris une importance croissante ces dernières années, à mesure que les immeubles sont devenus plus hauts.
Actuellement, les foyers dotés de chauffe-eau solaires paient entre 220 et 440 shekels par mois pour chauffer leur eau, contre 900 à 1 800 shekels pour ceux qui ne peuvent pas en bénéficier, a noté le ministère.
Mise en œuvre
Le projet du ministère prévoit de remplacer ce système par un nouveau modèle associant des dispositifs photovoltaïques et des pompes à chaleur pour les maisons individuelles et les immeubles résidentiels collectifs.
Les chauffe-eau solaires installés sur les toits des bâtiments seraient remplacés par des cellules solaires photovoltaïques qui alimenteraient des pompes à chaleur, dont l’efficacité sur le plan énergétique est 2,5 à 4 fois supérieure à celle des chaudières électriques standard. L’électricité excédentaire produite par les cellules photovoltaïques pourrait être utilisée à d’autres fins ou revendue au fournisseur d’électricité, générant ainsi des revenus pour le bâtiment.
Les pompes à chaleur compriment l’air plus efficacement que les chaudières, agissant de manière similaire aux climatiseurs. Elles sont de surcroît déjà produites en Israël par des entreprises comme Tadiran et Electra.
Si ce nouveau système nécessitera un investissement supplémentaire de quelque 4 500 shekels par appartement dans les nouvelles constructions, il pourrait toutefois permettre aux ménages d’économiser entre 500 et 1 500 shekels par an, selon le ministère. Le système serait ainsi rentabilisé en quelques années. Des incitations gouvernementales pour ce programme pourraient également être mises en place.
D’après le ministère, ce projet pourrait en outre générer des retombées économiques pouvant atteindre 3,3 milliards de shekels d’ici 2050. Aux heures de pointe, la demande en électricité diminuerait d’environ 1 050 mégawatts, soit l’équivalent de la production d’au moins deux grandes centrales électriques conventionnelles, tout en ajoutant environ 1 100 mégawatts de capacité en énergie solaire sur les toits des habitations.
Le ministère espère une entrée en vigueur de ce plan en 2026 pour tous les nouveaux bâtiments résidentiels en Israël. D’ici 2030, 100 000 foyers en Israël pourraient être équipés du nouveau système, selon les estimations du ministère.
Israël comptera 1,8 million de nouveaux logements d’ici 2050, contre environ trois millions aujourd’hui, a déclaré le ministère.
Cette proposition s’inscrit dans le cadre d’une initiative gouvernementale plus large dont l’objectif est de réduire les émissions et les coûts énergétiques des ménages, a expliqué le ministère de l’Énergie et des Infrastructures. D’autres mesures sont déjà en place. Il s’agit notamment des normes obligatoires d’efficacité énergétique pour les nouveaux appartements, ainsi que des réformes des importations visant à réduire le prix des appareils électroménagers à faible consommation d’énergie. Le gouvernement promeut également des normes de construction durable et des infrastructures pour la recharge des véhicules électriques.
Par ailleurs, ces différentes politiques contribueront à réduire la pollution atmosphérique, à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et à alléger le coût de la vie des ménages israéliens dans les années à venir, a affirmé le ministère.
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