Des missiles et des miracles : Les habitants des villes bombardées s’estiment heureux après les salves du week-end
Avec plus d'une dizaine d'impact sur de grandes villes centrales, nombre d'habitants se disent sous le choc et moins en sécurité, d'autres voient la chance face aux destructions
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Ce qui aurait dû être un tranquille week-end de printemps en Israël a volé en éclats, samedi, lorsque des missiles iraniens munis d’ogives à sous-munitions ont plu sur des villes densément peuplées, tombant sur des maisons, des voitures et des immeubles d’appartements en plein cœur du pays.
Plus d’une dizaine de points d’impact ont été signalés dans le centre d’Israël suite à plusieurs salves de missiles tirés depuis l’Iran qui ont fait des dégâts à Tel Aviv, Ramat Gan, Givatayim, Bnei Brak, Petah Tikva et Rosh Haayin.
La plupart des personnes étant aux abris à ce moment précis, il n’y a aucun mort, six personnes légèrement blessées. Les habitants sont bien conscients que le bilan aurait pu être bien plus lourd.
Dans un quartier résidentiel de Ramat Gan, au bout d’une rue où se trouve le jardin d’une école maternelle, une munition à fragmentation a dévasté un immeuble d’appartements et éventré les murs d’une chambre, aujourd’hui exposée aux quatre vents.
Dans la mesure où l’immeuble ne dispose pas d’un abri, c’est un miracle qu’il n’y ait eu personne à l’intérieur à ce moment-là, commente un riverain.
Dimanche matin, le Commandement du front Intérieur a condamné l’entrée de l’immeuble en raison des risques d’effondrement. Les habitants étaient dehors, tentant de comprendre s’il leur était possible de récupérer quelques affaires.
Une des habitantes de cet immeuble, partie passer le week-end en famille à Jérusalem, a su que son appartement avait été détruit par un appel de ses voisins. Elle reconnaît à grand-peine sa maison.
Trois heures après cette attaque, une autre munition à fragmentation s’est abattue sur un immeuble résidentiel à deux pâtés de maisons. Là encore, aucun blessé. Des drapeaux israéliens ont rapidement été déployés sur la façade endommagée, signe discret de résilience de la part des habitants.
Dimanche, des ouvriers ont fouillé les décombres, à la grande surprise des automobilistes qui passaient dans le quartier et ralentissaient pour voir la scène. Sur le trottoir, une équipe de déménagement chargeait des objets récupérés à bord d’un camion.
Moni, qui vit aujourd’hui à Ramat Gan, a grandi dans ce quartier : c’est en ex-voisin qu’il est venu prendre des nouvelles. Il se rappelle que sa maison avait été endommagée pendant la guerre du Golfe, en 1990. Debout au milieu des décombres, ce dimanche, il est un peu sonné.
« Ça me dépasse », confie-t-il.
« Jusqu’alors, je n’étais pas inquiet de vivre en ville — même au volant. J’ai répété ce que je devais faire », explique-t-il en faisant allusion à la recherche de l’abri antiaérien le plus proche ou sur le fait de se coucher sur le bas-côté de la route lorsque les sirènes retentissent — ce que vivent des millions d’Israéliens depuis le début de la guerre contre l’Iran il y a de cela un peu plus d’un mois.
Il estime que les autoroutes extra-urbaines lui paraissent plus dangereuses – « la roulette russe » – car elles ne disposent que rarement d’abris à proximité, sans solution de protection pour les automobilistes.
Après ces impacts répétés dans des centres-villes, Moni se sent de moins en moins en sécurité.
À une dizaine de minutes de route, à Bnei Brak, une autre munition à fragmentation a frappé un immeuble résidentiel en face d’une synagogue, en plein cœur de cette ville à majorité ultra-orthodoxe. Un étage entier a été totalement détruit et d’autres ont subi des dégâts plus limités.
Une rambarde a été arrachée et projetée contre un bâtiment voisin, ce qui a fait voler une fenêtre en éclats et selon les secours, légèrement blessé un homme de 45 ans, atteint par des éclats de verre.
Des enfants en trottinette se faufilent dans la rue jonchée de décombres pour prendre des photos des dégâts.
L’émotion qui prévaut, chez les passants, n’est pas la peur mais l’émerveillement.
« Que ceux qui ne croient pas en Dieu viennent ici », déclare une riveraine d’origine française. Malgré les destructions, elle assure que c’est un « miracle » que personne n’ait été grièvement blessé ou tué.
Autour d’elle, ses voisins répètent la même phrase : « Nissim karu poh » — des miracles se sont produits ici.
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