Deux ans après les faits, la police annonce une enquête sur son action le 7 octobre
Le chef de la police aurait annoncé que l'enquête ne pointerait personne du doigt, se contentant de tirer des « conclusions opérationnelles et organisationnelles »
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C’est en toute discrétion que la police a ouvert une enquête sur l’action des forces de l’ordre le jour du pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, 22 mois après les faits, a rapporté mardi le média Walla en citant un courrier interne envoyé le mois dernier par le chef de la police israélienne, Danny Levy, aux officiers et retraités de la police, pour leur présenter l’enquête et solliciter leur participation.
Ce courrier précise que l’enquête ne pointera personne du doigt en particulier et se contentera de tirer des « conclusions opérationnelles et organisationnelles », une approche comparable à celle de Tsahal, dont les enquêtes n’entrent pas dans des questions de responsabilité individuelle.
« Il n’y aura pas de mises en causes personnelles. Toutes les données collectées donneront lieu à des conclusions opérationnelles et organisationnelles qui seront utilisées pour des besoins de formation et d’optimisation, sans oublier la préparation aux situations d’urgence », peut-on lire dans la lettre de Levy, rapportée par Walla.
En début d’année, Levy avait annoncé la formation d’une équipe spéciale pour enquêter sur la conduite des forces de l’ordre le 7 octobre mais la police avait jusqu’alors gardé le secret sur les détails.
L’ex-chef de police adjoint, David Bitan, a été nommé pour superviser l’enquête, avec pour charge d’établir « ce qui s’est exactement passé et pas uniquement les détails », avait précisé la police israélienne. Cet officier à la retraite a, un temps, été commandant dans le district sud avant de prendre les fonctions de chef adjoint et de prendre sa retraite quelques mois avant le 7 octobre.
La police avait déjà mené une enquête à plus petite échelle sur ce qui s’est passé dans le kibboutz Beeri, le matin de l’attaque du Hamas.
Les forces de l’ordre ont refusé de faire état de leurs conclusions au grand public mais elles l’ont fait en mars dernier au profit des familles des huit policiers et du civil entrés dans le kibboutz assiégé à bord de deux jeeps blindées et victimes d’une embuscade tendue par des hommes armés du Hamas.
En 2024, une autre enquête menée sous la direction de l’ancien chef de la police, Kobi Shabtai, avait conclu que Tsahal avait failli en ne donnant pas à la police suffisamment de renseignements ou de signes indiquant une attaque imminente. Mais il semble que ce soit le manque de coordination au sein des forces de l’ordre qui ait nui à l’action des forces de l’ordre ce matin-là.
En mars dernier, le journal Haaretz rapportait que des officiers supérieurs du district sud ignoraient que des membres de Yamam, l’unité d’élite antiterroriste de la police, avaient été déployés à la frontière de Gaza pendant la nuit, soit avant l’attaque. Ils avaient été envoyés à la frontière après avoir reçu des informations du Shin Bet liés à des renseignements selon lesquels des terroristes à Gaza avaient activé des cartes SIM israéliennes quelques heures avant l’attaque.
À l’époque, les services de renseignement n’avaient pas traité cette information comme étant le signe d’une attaque imminente du Hamas.
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