Deux Israéliens inculpés pour espionnage au profit de l’Iran, dont un soldat de Tsahal
Un militaire et une enseignante sont accusés d’avoir transmis des images d'impacts de sites, et d’avoir été en contact avec un agent étranger en temps de guerre
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Alors que les autorités israéliennes alertent sur la multiplication des tentatives iraniennes de recrutement à l’intérieur du pays, deux nouvelles affaires confirment la gravité de la menace : un militaire de Tsahal et une enseignante du Néguev ont été inculpés cette semaine pour avoir transmis des informations à l’ennemi.
Dans les deux cas, les accusés auraient agi en connaissance de cause, en échange de compensations financières.
Le soldat a récemment été interpellé. À l’issue d’une enquête conjointe du Shin Bet, de l’unité des crimes majeurs Lahav 433 de la police et de la police militaire, un acte d’accusation a été déposé ce jour par les procureurs militaires.
Selon le Shin Bet et la police, le soldat aurait « sciemment maintenu des contacts avec des éléments iraniens » et aurait accompli des tâches pour leur compte, notamment en transmettant des images d’interceptions de missiles et en filmant des sites d’impact de roquettes en Israël.
L’agence précise que les informations transmises à l’Iran n’étaient pas classifiées, et qu’elles ne lui ont pas été communiquées dans le cadre de ses fonctions au sein de Tsahal.
Le Shin Bet a qualifié l’affaire de « particulièrement grave », soulignant que le soldat avait « maintenu un contact direct avec l’ennemi ».
Le parquet militaire l’accuse de « contact avec un agent étranger et de transmission d’informations à l’ennemi ».
Un tribunal militaire a ordonné son maintien en détention jusqu’au 22 juillet, une mesure qui pourrait être prolongée au cours de la procédure judiciaire.
Dans une affaire distincte révélée jeudi aussi, les procureurs de l’État ont engagé des poursuites contre Tahani Abu Samhan, 33 ans, enseignante résidant dans le Néguev, soupçonnée elle aussi d’avoir espionné pour le compte de Téhéran.
Selon un communiqué de la police, l’enseignante de 33 ans, aurait été en contact avec un agent iranien pendant un an, et notamment durant la récente guerre opposant Israël à la République islamique.
À la demande du régime iranien, elle aurait filmé des avions de chasse décollant de la base aérienne de Nevatim, dans le sud du pays, pendant la guerre, puis lui aurait transmis les vidéos.
Les procureurs affirment qu’Abu Samhan savait pertinemment que la personne avec laquelle elle échangeait était un agent iranien, précisant qu’elle utilisait un un téléphone prépayé pour communiquer avec lui.
Comme d’autres personnes inculpées pour des faits similaires, Abu Samhan aurait été rémunérée par l’agent, selon i24NEWS. Contrairement à la majorité des recrues, généralement payées en cryptomonnaie, elle aurait perçu une rémunération en espèces. On ignore cependant comment les fonds ont été transférés à la résidente du Néguev.
Elle a été inculpée devant le tribunal de district de Beer Sheva « pour contact avec un agent étranger et transmission de renseignements à l’ennemi », a indiqué la police. Le parquet a demandé son maintien en détention jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.
Depuis deux ans, l’Iran a renforcé ses efforts pour recruter des Israéliens, moyennant rémunération. Dans la majorité des cas, les recrutements s’opèrent en ligne : les agents iraniens confient d’abord à leurs recrues des missions apparemment anodines, avant de les faire évoluer vers des activités plus graves, allant jusqu’à la collecte de renseignements sensibles ou la préparation de projets d’assassinat.
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